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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 13:13

La thématique de l'année 2016-2017 de la revue Filigranes (dont je vous ai souvent parlé) était "La matière de l'écriture", déclinée sur trois numéros.

Pour le N°94, il s'agissait d'écrire en relation avec "Vers la surface".

 

 

« Elle »

 

Un choc !

De la pointe des cheveux au bout des orteils.

De la surface de la peau au fin fond des entrailles.

Et les battements du cœur et les frissons de l’âme.

Pourtant, déjà tellement d’images de la cité dans les médias…

Et tant et tant de paroles sur « elle » que…

M’attendait pas à ça ! M’attendait vraiment pas à ça !

Un état de sidération absolue qui me coupe le souffle.

Et les jambes. Plus bouger.

Ivre de beauté et comme en apnée, à même le quai.

 

Hé ! Suis-je – encore - dans la réalité ? Possible que ce soit un

rêve... d’ailleurs, j’en ai tellement rêvé ! En tout cas, si c’est un

rêve, il est partagé. Heureusement partagé. Parce que, pour que la

félicité soit aussi parfaite, phénoménale, jubilatoire, impossible

de vivre seule l’instant.

Ah ! ces instants de grâce qui vous tombent dessus au moment

vous ne les attendiez pas, avec des personnes auxquelles vous ne

pensiez même pas… puisque vous ne les connaissiez pas !

Et maintenant, vivre ensemble cette espèce de communion.

Immédiatement, je sais que je me souviendrai jusqu’à mon dernier

souffle de cette vision.

Hasard ? Encore… Qui a choisi de placer ma rencontre avec « elle »

à cette minute précise où le soleil tire sa révérence en ombre

chinoise entre deux nuages, parant les flots, les toits, les façades

et les gens d’un époustouflant ocre doré.

 

Délicate volupté.

Tiens, c’est étonnant, je respire encore ? Et mes trois autres compères,

là, à côté, sont-ils dans le même état ? Oui, disent-ils.

Miracle de cette ville, cadeau de la nature et des hommes.

 

Le choc.

Et l’eau, ici, encore là, et là-bas, qui éclate en mille particules

diamantées.Trop. C’est trop. J’ai envie de pleurer.

Vite, un verre de Spritz.

Venise.

 

 

Jeannine Anziani

Venise - Octobre 2014
Venise - Octobre 2014
Venise - Octobre 2014
Venise - Octobre 2014
Venise - Octobre 2014
Venise - Octobre 2014

Venise - Octobre 2014

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 16:36
GRASSE

Donc, suite avant-dernier article, entre Noël et Jour de l'an, j'ai parcouru durant deux jours les chemins de mon enfance.

Grasse n'en était pas tout à fait une étape. Quoique... si mes souvenirs ne passent pas vraiment par le village des parfumeurs, combien de fois mon père ne nous a-t-il pas raconté ses levers à cinq heures du matin pour aller, en compagnie de sa sœur ainée, cueillir les fleurs de jasmin pour ensuite aller les porter à une des distilleries ? Un moyen de gagner quelques sous. Lui, enfant, y avait vécu.

Et peut-être que je peux trouver là, l'origine de mon engouement, dès l'âge de vingt ans, pour un des parfums de Molinard, célèbre parfumeur de Grasse.

Après, derrière le nom (et la référence au père) j'aime l'histoire de cette maison de parfumeurs, fondée en1849 et qui se perpétue depuis cinq générations et aujourd'hui présidée par une femme.

GRASSE

Mon eau de toilette fétiche ? C'est Habanita. A qui, je dois l'avouer, j'ai été infidèle depuis quelques années.

 "Souvent femme varie", dit le proverbe ! Une femme infidèle... à son parfum préféré. Envie d'autre fragrance. Seulement, j'étais toujours déçue. Ce n'était pas moi ces autres senteurs. Une nostalgie de plus ! Aussi, l'occasion faisant le larron, pourquoi ne pas faire une halte à Grasse , sur le chemin du retour vers Marseille? Et connaître le lieu où est fabriquée mon essence favorite.

La maison Molinard à Grasse

La maison Molinard à Grasse

Et voilà comment nous sommes allés dans la cité des parfums et comment je me suis retrouvée à la Maison Molinard à faire l'acquisition d'un énorme flacon ! 

"Tu m'as manqué, tu sais, Habanita !"

A propos, cette année, il fête ses 95 ans, MON parfum !

GRASSE
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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 16:41
Chantal pendant un séminaire de la revue Filigranes

Chantal pendant un séminaire de la revue Filigranes

 

 

Un moment que je voulais mettre de l'ordre dans les catégories de ce blog. De l'ordre, et rafraîchir un peu aussi ! Pour commencer une année nouvelle, c'était une bonne idée non ? Donc j'ai voulu supprimer "Nouvelles en plusieurs épisodes" (une drôle d'idée !) et les remplacer par "Des nouvelles". Sauf que, patatras ! En modifiant la catégorie, certaines nouvelles se sont enfuies...

Aussi, ne me reste plus qu'à les remettre. Peut-être pas toutes en définitive, mais Secret de Béton, de Chantal Blanc, la voici :

 

Secret de Béton

 

 

Depuis des mois, il pleut dans ce coin de France réputé pour son ensoleillement. Les vitres de la petite maison transpirent après avoir été battues par les rafales mouillées. Les rares heures où le vent pousse la pluie plus loin, je vois la campagne à travers la dentelle beige et grise, résistante, le temps de l’accalmie.

Soleil timide ou brûlant qui fait exploser les petits points brodés par la conjugaison de l’eau, de la poussière et du vent. J’ai à peine le temps de m’habituer à cette trêve douce ou brûlante, mais toujours trop courte, que le ciel à nouveau s’assombrit.

Si l’averse est verticale et calme, la dentelle résiste et fait la nique à cette vaine douche, mais lorsque le tonnerre éclate, lorsqu’il frappe à plusieurs reprises sur le gong de sa voix grave, lorsque les trombes dégringolent subitement, l’eau cette fois-ci remplit son rôle de lavandière, elle efface, démaille l’ancien dessin qui décorait mes fenêtres…jusqu’à la prochaine offensive du vent, brise ou bourrasque chargée de poussières qui vont rebroder de jolis rideaux, il faut préciser qu’ici, les dentellières sont réputées.

 

Depuis des mois, il pleut ; j’étais venu pour le calme, la douceur du printemps, dans ce coin proche de Vauvert, à Montcalm exactement. J’étais venu pour sécher tranquillement mes pleurs, pour hennir avec les chevaux et recevoir les couleurs de la vie. J’étais venu pour respirer le sable, le faire glisser entre mes doigts, je pensais qu’ils en seraient minéralisés pour fournir l’énergie nécessaire à l’écriture de mon œuvre. Je m’étais souvenu de magnifiques vacances avec mes parents à Aigues Mortes. J’avais découvert les chevaux et leurs gardians, les taureaux, et des oiseaux d’une taille insoupçonnée aux yeux d’un jeune enfant, les flamants roses surtout m’avaient marqué. J’ai préféré la rusticité d’un hameau au défilé incessant des touristes visitant les cités célèbres de la Petite Camargue.

 

Mais il pleut depuis des mois, trois ou quatre, je ne sais plus bien, il pleut depuis mon arrivée. Et la pluie est contagieuse, elle entretient mes larmes, elle me couvre de ses gouttes, de son eau, elle me transperce jusqu’à la moelle. Alors, je rentre ; je ne prends pas ma voiture pour aller sur la plage, plus loin… D’ailleurs, le sable coulerait-il dans ma main ouverte ? Ce sable si fin, mais détrempé, collerait à mes doigts, il serait gant de sable mouillé, béton fendillé, il emprisonnerait mon désir d’expression. Momifiée, ma main ne pourrait s’affranchir.

 

Depuis des mois, il pleut alors que j’étais venu pour raconter mon secret. Comment écrire quand l’écrivain se sent pris par le béton, (l’écrivain, c’est moi en l’occurrence). Je le connais trop bien, ce matériau pour en parler objectivement. Pourtant, je ne suis ni maçon, ni couleur de béton, je suis fils de pasteur et j’ai fait des études : normal et inévitable quand le hasard de la naissance vous fait atterrir dans une famille de pasteur, professeur en sus ! Je n’aime ni le béton, ni le sable mouillé.

Je suis fatigué de la neige, de la pluie des Vosges. J’étais venu trouver le soleil, le bleu tout en haut, le bleu au loin, regarder le bout du monde là où la ligne de fusion des deux bleus n’est plus ligne. J’étais venu ici pour échapper au gris du haut et au vert souvent foncé du sol de ce pays où même le nom annonce l’obscurité : « Vosges », le O du noir, des monts, le O lové sur soi. Je voulais du clair : dans « Camargue », le A de la clarté a deux yeux, j’y lisais le A de la guitare, des flamants, du sable et des plages, avec ce A, je voulais rencontrer l’aventure, l’avenir après avoir dissous mon passé…

 

Mais, voilà : il pleut depuis des mois, le climat est devenu monomaniaque par ici, et même si je profite de courtes récréations ensoleillées, je ne peux m’empêcher de craindre le retour du gris. Mon plaisir est gâché, se durcit et je ne parviens pas à écrire mon histoire. Chez moi aussi, il pleut souvent en glace fondue, en crachin, en giboulées, je ne supportais plus ce froid rude ; Ici, il pleut en rosée, en averse ou en cascade, c’est plus franc, plus salé, iodé, mais je commence à perdre patience, le temps s’écoule, indifférent… A cette allure, mes économies vont fondre comme sucre dans l’eau.

 

J’avais besoin de m’éloigner, un congé sans solde m’a été accordé par la direction du collège d’Epinal où je professe depuis deux ans. Congé accordé en raison d’un deuil très difficile. Ma mère est infirmière, son travail est devenu thérapie. Moi, je n’ai pas pu. Je devais partir, en petite fugue bien orchestrée pour le matériel, la vie physique : une maisonnette, presqu’une cabane de gardian où dormir et manger. Parce que là-haut, dans ma montagne, la musique de mon âme se détériorait sérieusement, mes portées s’effondraient sous les bémols, mes noires et mes blanches finissaient par se mêler pour donner des notes grises sans discipline temporelle qui s’écrasaient sur les lames du parquet de chêne. Quant aux croches, elles eurent vite fait de s’échapper pour danser dans les fougères, à l’abri, au creux des sous-bois.

 

Depuis des mois, il pleut, mon papier est mouillé ; mon crayon le déchire, le troue, mes mots se glissent dans les fibres de bois du bureau d’écolier que j’ai immédiatement adopté. Impossible de les rattraper ! Matière en moins pour m’expliquer, pour lui expliquer, pour qu’elle comprenne.

Le temps presse, le temps pleut, la pluie lave d’habitude ; moi, je me sens immergé, dans un scaphandre avec un masque brodé et des mains raidies par le métal, comme dans du béton. Mes gestes sont ralentis, pesants, ma voix est enfermée. Bizarre… je me sens trempé dedans et enfermé dehors, imperméabilisé… Non, pas toujours.

En un mois, nous sommes en juin, je crois, j’ai pu me promener une fois en pleine nature sauvage, des parfums d’iris tardifs, de genêts ont caressé mes épaules, un nuage est passé au-dessus de moi, c’était une colonie de cigognes en migration venues certainement pour s’accoupler et nicher par ici. Un tout petit instant, j’ai pensé être à Colmar, en Alsace, plutôt à

Côté de Mulhouse où se trouve un magnifique parc naturel : « la petite Camargue Alsacienne »où les cigognes réapparaissent chaque année, j’aime quand elles claquettent, quelques nids coiffent alors des cheminées. Ici, je suis en « petite Camargue »de Provence, je n’avais pas fait le rapprochement jusqu’à aujourd’hui, il est vrai qu’au-delà de l’appellation, d’une réserve ornithologique et de la proximité de lieux secs et humides, la comparaison s’arrête là ; La faune, la flore sont très différentes, les couleurs plus vives ici, la musique plus légère et chantante, l’accent aussi, les odeurs plus épicées, les vins sont de Costières et là-bas ou plutôt là-haut, le vin est d’Alsace.

Je suis retourné jusqu’à ma voiture, j’ai côtoyé des roselières et j’ai compris pourquoi tant de cabanes de gardians étaient couvertes de roseaux. J’ai envié le bon sens de l’occitan.

 

J’ai des parents formidables, non… j’ai une mère adorable, aimante, mais suffisamment ouverte aux autres, à ses malades et amis infirmiers, ce qui lui a permis de ne pas m’étouffer. Mon père… était un homme très respectable, bon éducateur, disponible et accueillant du point de vue pastoral, mais un peu dur avec moi. Il se voulait sculpteur de mon avenir et traçait mon chemin sans se préoccuper de mes désirs : j’ai eu longtemps l’impression d’être une boule de glaise modelable à volonté. Mais, une fois le moule réalisé, ce que j’appelle ‘ma carapace’, à l’intérieur, tout au milieu, j’ai résisté, je me suis serré, durci en nodule minéral et j’ai attendu… longtemps.

J’ai obéi, j’ai donné le change à ma mère. Et j’ai grandi. Et je me suis oublié… un temps.

 

Depuis mon arrivée ici, il pleut et je n’arrive pas à m’écrire, alors, je rêve, je me réinvente. J’aimerais être ‘musique’ pour faire frissonner les gypsies, pour les inspirer, pour être écoutée, pour être jouée par des admirateurs de Django ou Manitas. J’aimerais être un bon ‘ biou’ en langue d’Oc, je pourrais porter cocarde bi ou tricolore pour me faire un nom dans une manade, comme celles de Vauvert Montcalm, Nicollin, Félix ou Martini. La ‘ferrade’ n’est qu’un mauvais moment vite oublié. Ce marquage est pratiqué en pleine jeunesse sur les poulains et taurillons d’environ un an et je crois qu’ils ne sentent pas grand-chose. Il faudra que je sois ‘bistourné’ je préfère ce mot à l’autre, (plus classique et moins chantant à l’oreille), épreuve douloureuse, sûrement, mais qui résoudrait mon problème de choix que je trimballe depuis des années. Bien sûr, mon père était incapable de suspecter une telle aberration de la nature ! Ainsi ‘adoubé’, je pourrais partir en’abrivado’, courir et revenir en ‘ bandido’ après et pourquoi pas, être nommé biou d’Or.

J’aimerais être un héron cendré, ou plutôt un flamant rose, même s’il faut attendre au moins quatre ans pour le devenir, ‘rose’. J’aimerais être un flamant rose pour voyager, souvent, construire une famille et évoluer dans les airs, être admiré. Et puis, je trouve le flamant plus élégant que la cigogne que je connais bien.

Musique, biou, flamant, je ne craindrais plus cette pluie.

 

J’aimerais encore être genêt, éclairer de soleil la nature et essaimer avec ou sans vent : la graine du genêt pousse toute seule une fois sur la terre. J’aimerais être ‘taureau’ bien noir pour enthousiasmer les aficionados et pour mettre au sable le torero avec son ‘costume’ imbu de ses paillettes. J’aimerais être ‘cheval’, tout blanc, pas de labour, pas de course, mais de Camargue pour l’entente avec nature et gardian. J’aimerais être soleil, pour réchauffer le monde, pas pour le brûler, pour sécher le linge, pas les cœurs, j’aimerais être soleil pour éclairer, rayonner, régner…

Genêt, taureau, cheval, je ne craindrais plus cette pluie.

 

Il pleut toujours et encore. Pourra-t-on sauter le feu de la St Jean ?

Bientôt, ma mère sera en vacances d’été, je veux la retrouver, lui expliquer, l’embrasser, la consoler. Mon père est mort le 15 octobre de l’année passée, ou de cette année scolaire, comme on veut, il y a donc … environ sept mois. Il est figé… là-bas.

Depuis quelques années, le puits près de la maison était tari et représentait un danger potentiel pour les enfants ou les animaux domestiques, il fallait le combler, mon père avait commencé par y jeter toutes sortes de vieux objets encombrants, cassés, des pierres et des ferrailles inutiles. Je l’avais aidé. Devant l’ampleur de la tâche, il avait fait appel à un ouvrier maçon avec sa bétonnière. Je n’aimerais pas être maçon, excepté pour construire une maison parce qu’on n’est pas seul. Mais maçon pour remplir des trous, non, je n’aimerais pas. Et puis, quand il pleut, on ne peut pas travailler, le béton refuse d’obéir.

La pluie a cessé. Combien de temps ?

 

Il avait donc fait venir maçon et bétonnière, et l’accident s’est produit alors que la machine tournait seule, personne n’a compris. Mon père est tombé, le béton a coulé sur lui…Ma mère l’a attendu, nous l’avons fait rechercher…il n’a pas été retrouvé. Avant de prendre son service, ma mère fait une prière chaque jour, dans l’église, à côté de chez nous, puis son travail l’accapare. Moi, j’ai essayé de me fondre dans mes cours, pour les élèves, mais je n’ai pas pu.

Tiens ! Un rayon de soleil me fait un clin d’œil. Je vais donc voir plus clair et écrire à ma mère pour lui demander de me rejoindre. Elle ne pourra participer à la féria de Vauvert qui va se dérouler bientôt : mi-juin, je crois. Il faut que je me renseigne sur les dates des abrivados et des fêtes votives de Gallician, Aimargues et Vergèze. Je l’emmènerai aussi revoir Aigues Mortes, Les Saintes, la réserve près du pont de Gau et puis les marais…

Je pourrai lui parler de moi, d’avant, de mes blessures, elle m’aidera à effacer mes cicatrices et pensera moins aux siennes, je lui dirai mes joies d’enfant, on ne dit jamais assez merci à ses parents et elle sera fière, je lui confierai mes incertitudes sur mes aspirations affectives, elle me comprendra et m’aidera peut-être, elle. Une mère ne renie pas son fils. Même s’il ne suit pas la voie ‘normale’. Une mère peut tout entendre. Mon père n’est plus là pour lui boucher les oreilles et c’est bien !

 

Le soleil s’affirme, il semble vouloir s’installer vraiment, mais dans mon âme, il fait triste et il y pleut depuis des mois, exactement depuis que j’ai eu un geste de trop et une parole en moins. Il faudrait que je l’exprime, cette parole, il faudrait que j’autorise ma voix à le faire, ou ma main à l’écrire, avec le beau temps, tout va sécher, les routes, le sable, le papier, les mots resteront inscrits, il faut qu’ils en aient le courage, maintenant qu’ils n’ont plus l’excuse de la pluie. Que me dites-vous ? : « … papier ? .. .Il n’y a plus de papier ? ». Qu’à cela ne tienne, nous allons en acheter, du papier ; il fait beau, l’air me fera du bien, un petit bout de nationale pour arriver à Montcalm et dans la première échoppe, qui est tout à la fois librairie, papeterie, dépôt de pain, de bonbons et autres gourmandises, je trouverai papier et programme des festivités à venir. C’est là que j’ai déniché du miel de tamaris ! J’achèterai le Midi-Libre pour me replonger un peu dans le bain du monde.

 

Quelques pas sur la route, et je suis maintenant décidé à dire mon secret, sinon il va finir par prendre la fuite sans moi et Dieu sait où il pourrait aller… Oui, je vais le déposer. Tiens, encore le tonnerre, encore ! Nuages noirs, grosses gouttes… l’abribus de l’autre côté, j’y vais…

 

 

Hier, à 15 heures, un tragique accident s’est produit à l’entrée de Montcalm.

Un homme a été écrasé par un camion transportant une bétonnière. Décédé, il

n’a pas été identifié. Le conducteur n’a pu freiner, il affirme que cette personne

s’est jetée sous ses roues. L’enquête doit déterminer les causes de ce drame.

 

 

Chantal Blanc

 

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 08:45
Le marché couvert d'Antibes

Le marché couvert d'Antibes

Il est possible que je sois nostalgique de mon enfance, parce qu'elle a été lumineuse. Quoiqu'il en soit, revenir sur ses pas est une grâce accordée.

Aussi, quand l'occasion se présente, pour quelques instants, de retrouver des lieux, forcément associés à des images, en ressentir la force et la douceur, devient alors un délicat bonheur à savourer sans se poser trop de questions.

Le marché couvert d'Antibes, sous son architecture à la Baltard, gravé à jamais dans mon esprit, est à ranger dans la catégorie. Ici, rien n'a changé, ou presque.

Les étals des marchands, les blettes du jardin (achetées !), les salades Trevise.
Les étals des marchands, les blettes du jardin (achetées !), les salades Trevise.
Les étals des marchands, les blettes du jardin (achetées !), les salades Trevise.

Les étals des marchands, les blettes du jardin (achetées !), les salades Trevise.

Après le marché, le pèlerinage à Antibes passe par la plage de la Salis : notre plage du matin, une certaine rue qui y débouche, une ancienne pension de famille, la dernière villa louée. Or, petit miracle, ici encore, presque rien n'a changé.

Ce n'est pas que je sois absolument conservatrice, mais c'est que la plupart du temps, quand L'Homme démolit, c'est pour enlaidir les paysages... 

La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)
La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)
La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)
La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)
La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)
La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)

La plage de la Gravette (sous les remparts), l'ancienne pension Helvetia, la villa "Pigeon vole" (sans nom aujourd'hui)

Vous l'avez peut-être un jour ressenti, l'émotion qui vous envahit, en retrouvant un lieu cher à votre cœur  et perdu de vue depuis longtemps. Aussi vous comprendrez aisément le sentiment qui est monté en moi, au fur et à mesure que notre voiture montait, elle, en direction du phare de La Garoupe.

A l'époque, nous y montions à pied, c'était la balade de fin de journée.

Le phare de La Garoupe
Le phare de La Garoupe
Le phare de La Garoupe
Le phare de La Garoupe
Le phare de La Garoupe

Le phare de La Garoupe

La plage de La Garoupe, notre plage d'après-midi, comme celle de la Salis avait revêtu ses habits d'hiver. Mais les chers fantômes de mes étés salés-sucrés étaient au rendez-vous.

Le Petit Robert donne comme définition de la nostalgie : "regret mélancolique (d'une chose révolue ou de ce qu'on a pas connu). Ai-je des regrets ? Je ne crois pas, pas de regrets mais c'est un peu comme quand on regarde un bel objet, un superbe tableau et qu'on ne peut s'empêcher de le trouver beau.

Mes souvenirs sont beaux. Et Dieu que la nostalgie est jolie !

 

La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain
La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain
La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain
La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain
La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain

La plage de La Garoupe et son phare dans le lointain

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 16:32

Oui, depuis quelques années, la période de Noël m'est devenue nostalgique. Je ne peux empêcher les souvenirs de revenir à la surface.

Ce sont des souvenirs heureux. Merci Papa, merci Maman pour tous ces époustouflants Noëls si magnifiques, extravagants, lumineux.

Noël 1969

Noël 1969

"L’étape du 24 décembre se déroulait dans notre famille d’une manière très rituelle. La crèche sur le buffet de la salle à manger de l’appartement du Prado ; un gigantesque sapin dans celle de la maison de campagne située à Mimet, un village entre Marseille et Aix-en-Provence où nous passions Noël. L’impératif annuel étant que ce sapin atteigne le plafond ! De la grandeur, de la démesure, toujours…

Mais l’essentiel ne se situait pas dans la dimension du sapin ; impalpable, insaisissable, flottait dans l’air une légèreté de l’être. Facilité d’être, sans en avoir la moindre conscience.

Après le souper, nous mettions des disques et tout le monde dansait ; ce qui étonnait souvent les amis ou la famille conviés à partager ce réveillon. L’attitude était-elle complètement religieuse ? Était-ce réellement sacré de danser pour fêter la naissance de l’enfant Jésus ?

Et pourquoi n’aurions-nous pas dansé le soir de Noël ?

En Provence existe la coutume du cacho-fio. Lors de cette cérémonie, le plus âgé en compagnie du caganis, c’est-à-dire le plus jeune, pose dans la cheminée une grosse bûche, celle qui est susceptible de se consumer le plus longtemps possible. Cette bûche se doit, traditionnellement, d'être issue d'un arbre fruitier.

Toute l'assemblée doit alors faire trois fois : symbole de la Trinité le tour de la table. Le plus jeune verse ensuite un verre de vin sur la bûche tandis que l'aïeul prononce des paroles de bénédiction. En provençal : « Alegre ! Diou nous alegre ! » se traduisant par :
« Dieu nous garde joyeux. »

Joyeux ? Exactement. Joyeux. Tout à fait. Nous étions joyeux à notre façon."

 

(Extrait du "Le plus petit des GRANDS magasins - Edilivre)

 

Noël 1973

Noël 1973

Dans ce temps-là, était-il suffisamment clair à mon esprit, le message de tolérance, d’amour et de liberté que signifiait la tradition provençale de faire une crèche, avec un père athé, laïc, et communiste, de fêter la naissance de Jésus, même en dansant ?

 

La crèche avec la dernière arrivée cette année : la marchande de morue
La crèche avec la dernière arrivée cette année : la marchande de morue

La crèche avec la dernière arrivée cette année : la marchande de morue

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 08:34

Dans La Provence de ce dimanche 18 décembre, sélectionnée parmi 30 cadeaux marseillais à glisser au pied du sapin, figurait "MA" souris !

Phocette, la petite souris marseillaise dans "La Provence"
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 16:13
Pub "L'été du loup" par Suliko Matyas

Et pour commander votre exemplaire, c'est ci-dessous (si le lien ne fonctionne pas, faire un copié-collé) :

    
 
 
 

L'été du loup une nouveauté pixygraph de Philomène Anziani et de
Alexandra Suliko Matyas-Faye

https://www.etsy.com/fr/listing/480435886/lete-du-loup

 

Et pour le site de Suliko, c'est ici : http://suliko.ultra-book.com/

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 15:27

Et voilà, mon dernier livre vient de paraître aux Editions PixyGraph avec de tendres et délicates illustrations d'Alexandra Suliko Matyas-Faye. Vous pouvez dès à présent vous le procurer en librairie ou le commander directement sur :
https://www.etsy.com/fr/listing/480435886/lete-du-loup

L'été du loup
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Published by Philomène - dans Infos
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:54

Et  enfin le voilà, mon site d'auteur !!! Grâce à Fille Chérie car après plusieurs tentatives infructueuses, j'avais renoncé. Comme quoi il est nécessaire de persévérer, en n'hésitant pas à se faire aider.

Maintenant, ne vous reste plus qu'à courir le voir ! En appuyant sur le lien ci-dessous ou en le copiant sur votre moteur de recherche si le lien ne fonctionne pas.

 
MON site d'auteur !
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 08:44

Et voilà... nous sommes le lundi 22 août et le Grand Séminaire de Fili, c'est déjà fini. Il fut intense, instructif, littéraire, amical, fertile, dans un environnement imprégné de spiritualité, mais pas de tout repos. En même temps, ce n'était pas le but !

Michel Neumayer (Directeur de Filigranes) en plein travail - Michel, Jean-Paul, Claude  et l'abbatiale - Dans la grange à palabres, Christiane Lapeyre et ses oeuvres
Michel Neumayer (Directeur de Filigranes) en plein travail - Michel, Jean-Paul, Claude  et l'abbatiale - Dans la grange à palabres, Christiane Lapeyre et ses oeuvres
Michel Neumayer (Directeur de Filigranes) en plein travail - Michel, Jean-Paul, Claude  et l'abbatiale - Dans la grange à palabres, Christiane Lapeyre et ses oeuvres
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Michel Neumayer (Directeur de Filigranes) en plein travail - Michel, Jean-Paul, Claude  et l'abbatiale - Dans la grange à palabres, Christiane Lapeyre et ses oeuvres

Michel Neumayer (Directeur de Filigranes) en plein travail - Michel, Jean-Paul, Claude et l'abbatiale - Dans la grange à palabres, Christiane Lapeyre et ses oeuvres

Pour s'en retourner à Marseille, nous avons décidé de prendre le chemin des écoliers, soit... les gorges du Tarn. Mais nous faisons ce matin un premier arrêt, entre Conques et Rodez, devant la cascade de Salles-la-Source, repérée à l'aller. Mais alors, quelle histoire édifiante nous découvrons !

"Situé dans une cirque de falaise calcaire en bordure du Causse, le village de Salles-la-Source s'étale sur trois niveaux et est traversé par une très belle cascade qui jaillit de plus de 20 m, alimentée par des cours d'eau souterrains.

Hélas...derrière le cadre bucolique, une guerre de l'eau sévit depuis des années dans le village à propos justement de la cascade. Son débit n'est plus celui d'autrefois car en amont la rivière est détournée pour faire turbiner une petite centrale hydroélectrique au grand dam des villageois. Cette centrale n'est pas nouvelle. Dans les années 1930, les propriétaires d'une filature locale ont construit une retenue souterraine en amont sur la rivière dont la résurgence forme la cascade, pour amener l'eau à une conduite forcée de 630 m alimentant une centrale électrique.

Les opposants réunis dans l'association ""Ranimons la cascade", expliquent que cette turbine ne profite qu'au propriétaire de la retenue, C'est lui qui d'un tour de vanne est maître du débit de la cascade. On imagine volontiers qu'il privilégie la vente de Kw à EDF. D'où une cascade réduite à un filet d'eau en période de sécheresse. En 2005, la concession de la centrale est arrivée à échéance. Mais elle continue d'être exploitée sous le régime d'autorisation de turbiner délivrée par la préfecture. Les opposants se sont lancés dans une longue bataille judiciaire pour mettre fin à cette autorisation préfectorale…"

www.ranimons-la-cascade.fr

La cascade de Salles-la-Source
La cascade de Salles-la-Source
La cascade de Salles-la-Source
La cascade de Salles-la-Source
La cascade de Salles-la-Source

La cascade de Salles-la-Source

Ici, à proximité de l'eau, l'air est plutôt frisquet, mais quelle veine ! Un petit groupe de jeunes allemands, sous la conduite d'un moniteur et l'oeil attentif d'une maman, se jette dans l'eau fraîche ! Sont gonflés les minots (et la minotte) !

Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn
Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn
Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn
Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn
Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn
Cascade de Salles-la-Source et gorges du Tarn

La route qui surplombe les gorges du Tarn est spectaculaire, mais nous sommes effarés par le nombre de touristes, en voiture, en camping car, ou en canoé sur le fleuve !

Pour la halte dinatoîre, j'ai repéré sur la carte  Sainte Enimie, qui figure parmi les plus beaux villages de France. Ceci expliquant probablement cela, impossible de trouver à se garer dans le village ! donc on continue encore quelques kilomètres et c'est tout au bord des eaux claires que nous trouvons enfin une calme auberge... avec un parking !

Le Tarn
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Published by Philomène - dans Voyages
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