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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 13:45

Ci-dessous la réponse magnifique, intéressante et pertinente d'une amie, Arlette Anave, "filigraniste" assidue depuis une dizaine d'année (www.ecriture-partagee.com) à une autre amie.

 

Qui ose te demander qui tu es parce que tu dis : Je suis Charlie.
A celui-là il faut répondre :
Tu sais bien comment tu t’appelles non?

Les "Charlie" ne demandent pas ce délire. Ils ne jouent pas au Père qui dirait le nom de chacun.
Ils sont malheureux , c’est tout. Très malheureux.
Il s’agit juste de partager ça : Je suis Charlie ça veut dire: je suis malheureux comme Charlie.

Moi je suis malheureuse. De la perte pour nous, pour notre pays, de leurs rires joyeux, de leurs mots d’esprit, de leur talent, leur intelligence, leur vivacité.
C’est cela qui a fait sortir tous ces gens dans la rue. Beaucoup ne votent plus, ne manifestent plus (mais n’en pensent pas moins de la niche silencieuse où ils se réfugient).
Ils retrouvaient dans ce deuil collectif quelque chose de leur colère, de l’enthousiasme de leurs chants, des luttes qui les avaient fait naître.
Pour le plaisir du mot, celui qu’on fabrique à plusieurs, parce que tout seul on ne peut pas.
La parole vraie, celle qui étonne, rencontrée,  échappée,  rattrapée, renvoyée, une poésie qui circule justement.
Ce n’est pas de la croyance.
La poésie non plus. On l’écrit sans savoir ce qui l’anime sans doute mais c’est de la confiance... A ne pas confondre avec l’identification.
C’est cette confiance qu’il faut pour continuer à écrire et pour continuer à dessiner.
Pas la croyance. Les dieux font se battre les hommes et peut-être qu’ils s’amusent bien. Enfin espérons que ce foutoir profite un peu à quelques-uns dans l’Olympe, Il y en aurait des mythes à construire si on était pas si sérieux!

Pour revenir aux journalistes, en plus, ils ne se posent pas en victimes à Charlie Hebdo . Ce qui aurait été bien mieux accepté par le monde entier, qu’ils pleurent leurs morts et se la bouclent.
Ils ne veulent pas être “le bon juif” ni “le bon Arabe” de quelqu’un. Ni le bon chrétien d’ailleurs, celui qui pardonne.
Leur journal est accueilli comme il se doit par d’autres journalistes, tout aussi courageux.
Tout est dit.

On continue à travailler, Il n’y a rien à pardonner: On a encore quinze jours pour se dire Bonne Année, c’est tout.
(Et Hollande a 100 jours...)
Bises à tous.

ARLETTE  ANAVE                        Marseille 18 janvier 2015

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Published by Philomène - dans Ecrivants - écrivains
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