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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:55

Les aficionados de ce blog noteront tout de suite une petite différence, le texte libre qui se trouvait dans la colonne de droite → a été remplacé par : pourquoi un blog ?
Cependant, comme certains m'ont dit qu'ils aimaient bien ce récit de falaises et de jazz et moi-même y tenant tout de même un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ! Non pas, pas du tout, bon ce texte me plaît assez quoi ! Donc pas de disparition définitive, le revoici là ↓ . En prime le revoilà... en entier ! 


         Les falaises du Trayas


Ah, parlons-en de ce que papa appelait sa maison de campagne !
Nous n’avions jamais compris qu’avec un gendre architecte, l’auteur de nos jours se soit obstiné à faire construire par un simple maçon une bâtisse banale et sans grâce au début d’un lotissement, au pied d’un village sans caractère et avec une vue imprenable sur les fumées des usines de Gardanne !

Père généreux au sale caractère ! Quand il avait une idée en tête, il n’écoutait plus ni sa femme ni ses rejetons. On avait eu beau se récrier contre son projet, la construction s’était faite. Il estimait qu’il avait fait une affaire… raison primordiale… Voire…

Mais peut-être y avait-il une cause plus profonde au rejet commun à ses trois enfants de cette demeure sans âme.

 

Le refus avait le goût du glorieux temps béni des vacances de notre enfance et portait un nom : Antibes.  

Etés d’Antibes au temps du jazz de Sydney Béchet.

Au demeurant, la résistance avait des bases solides : les souvenirs des pèlerinages estivaux où, avec insouciance, nous remettions nos pas dans les pas du jeune garçon qu’avait été notre géniteur.

Oh ces images des vieux films usés montrant les villas louées au-dessus de la plage de la Salis, pile en dessous du phare de la Garoupe. Nostalgie.

Et ces clichés fanés d’une certaine rue de Cannes : LA rue du commandant André, où les grands parents avaient ouvert leur premier magasin, en arrivant de Turquie… Mélancolie.

L’aversion se nourrissait aussi d’odeurs.

Effluves chaudes de la pissaladière de la boulangerie de Vallauris, la boulangère étant la sœur de lait de papa.

Mais encore, fragrances enivrantes, parfum entêtant du jasmin de Grasse. Histoire mille fois racontée des fleurs fraîchement cueillies aux aurores par les petites mains de mon père et de sa sœur, avant qu’ils n’aillent les vendre quelques sous aux distilleries du village.

Enfin la contestation était écarlate.

La rébellion avait une couleur,  celle  des falaises rouges du Trayas d’où il fallait plonger comme notre père avait plongé en compagnie de ses cousins, quand il avait douze ans.
Imprégnation.

 

(Texte paru dans le N° 58 de Filigranes "Du rouge dans le paysage"

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commentaires

Brigitte Lascombe 05/11/2009 18:30


C'était une dame du monde à part de la poésie!!!!
car il y a plusieurs poésies surtout sur un stand branché!


Brigitte Lascombe 05/11/2009 16:16


J'aime beaucoup ton style.Et il avait une hauteur ce rouge?
Ou il était tellement grand qu'il déteignait sur le bleu du ciel?
Bises!


Philomène 05/11/2009 16:28



Merci Brigitte.
Bisous à toi.
Si tu vas à Toulon, tire la langue de ma part à ce vilain Monsieur de l'année dernière  !



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