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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:37
Carvane-et-Trans.-2010-040.jpgDimanche 21 mars : oasis 3 -

Voici les poètes du Scriptorium et leurs auditeurs, arrivés sur la place de Lenche : l’agora des massaliotes. Puisque un thème était attaché à chaque halte, au moment du choix, s'était s’imposé avec évidence pour celle-ci : parole publique.

Quant au poète associé,  André Jean Victor Gélu, plus connu sous le nom de Victor Gélu, il nous avait paru à Dominique Sorrente comme à moi de circonstance.
Victor Gélu (1806 – 1885) est certainement le plus grand, le plus puissant et le plus profondément marseillais des poètes. On ne peut parler de l'homme sans évoquer son enfance qui fut marquée par la mort prématurée de son père, boulanger, alors qu’il n’avait que 16 ans et à qui il vouait une profonde admiration.
Du fait de la disparition paternelle l’adolescent fut donc amené à se forger un caractère empli de tristesse et de mélancolie. Des traits que l’on retrouvera dans ses œuvres.
Au sujet de sa mère, couturière, le jeune Victor avait moins de considération, l'estimant surtout comme une bigote acariâtre.

Victor Gelu a écrit la plupart de ses poèmes et chansons en provençal. C'est celle qui suit que nous avions choisi de nous partager avec Dominique, à lui la version provençale, à moi la traduction. Je vous laisse apprécier à sa juste valeur le parallèle avec l'actualité !

Vui, cadun parlo politico :
M’en meli pas, l’entendi ren ;
Mai s’en fasen la rèpeplico
Lou paouré avié toujou d’argen ;
S’en pas triman
Avié tout l’an :
Bouen lié, bouen vin, bouen frico, bouen pan blan,
Leou, leou, dirieou :
Vengué un fusieou !
Espooutissen leis rei, marrias dé dieou !
É qué la repeblico duré ;
Sieou lou proumié de seis rouffian !
Qu’es pas fenian, qu’es pas grouman,
Qu’un tron dé dieou lou curé !

Aujourd'hui chacun parle politique:
Je ne m'en mêle point, je n'y entends rien ;
Mais si en faisant la république,
Le pauvre avait toujours de l’argent !
Si, en ne pas trimant,
Il avait tout l’an
Bon lit, bon vin, bon fricot, bon pain blanc !
Vite, vite, je dirais :
-        
Vienne un fusil !
Écrasons les rois, truand de Dieu !
Et que la république dure :
Je suis le premier de ses rufiens !...
Qui n’est pas fainéant, qui n’est pas gourmand,
Qu’un tonnerre de Dieu le creuse !

(Traduction de V.Gelu. Ici comme dans les autres traduction, Gelu se heurte à la quasi impossibilité de rendre la force et le naturel du texte original)

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Published by Philomène - dans Chez les poètes
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