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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 18:52
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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 13:31

Parc-Chanot-2011-005.jpg

Hier soir donc, à l'Oustau, l'équipe du Balthazar s'est reformée.

Chansons de Françoise dite "la squaw"du temps de son groupe "Les Mounines", slams divers, slam hommage...

 

Une muse au musée Slamomusé ! 

  

Chaque année, y a la nuit des musées qui revient.

Au fait, est-ce en juin ?

Cette année-là, ils avaient demandé du slam,

Slamomusée, ma foi, ça l’a fait !

En tout cas c’est ainsi que Françoise et moi

On s’est retrouvé pour une soirée… au musée

Des docks romains.

Nom d’un chien ! Elle et moi, deux marseillaises,

On n’y avait jamais mis les pieds !

 

Voilà comment s’est crée un tendre souvenir

D’une nuit d’été ; au fait, était-ce en juin ?

Ce soir-là Françoise n’allait pas trop bien…

Pas trop mal non plus…

Elle a assuré, certain !

Même si je ne me rappelle plus des textes dits,

Ni les siens… ni les miens…

 

N’empêche, au-dessus des Dolia, ces grandes amphores à moitié enterrées,

Que de partage : une confidence, des clins d’œil, et tant de connivence

entre les mots qui claquent, sonnent et résonnent au moins jusqu’au Vieux Port

tout proche !

Le contrat à remplir ? Séduire les passants qui passent à portée de main, de voix.

Em-ba-ller les visiteurs !

Pari tenu, soutenu par l’arrivée des percutantes fracassantes rimes,

De Max, Ypnova, Teminik, Simon, Silkma !

 

Passé minuit, j’ai ramené Françoise chez elle,

Dans la voiture, instants plumes, légère écume de complicité,

Sa fatigue, sa lassitude, ses inquiétudes et ses projets,

Oui, elle en avait… elle se livrait.

Dites, les gens qu’on aime, pas vrai, on ne croit jamais

Qu’ils vont nous quitter ?

 

Cette année-là, ils avaient demandé du slam,

Slamomusée, ma foi, ça l’a fait !

En tout cas c’est ainsi que Françoise et moi

On s’est retrouvé pour une soirée… au musée

Des docks romains.

 

Au fait, c’était en mai !

 

                                                                   Philomène

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 11:43

Francoise-Mancy.JPG

 L’Ostau Dau Paìs Marselhés – 5, rue des trois mages – 13001 – à partir de 20h

 Les Glottes de La Squaw

Scène ouverte d’expression poétique sous la bannière « Slam » :

 

Venez dire un texte ou juste « un mot », en hommage à Françoise qui nous a quittée...

Pour ouvrir la scène ouverte, une première session sera animée par les ex-membres des « Ateliers du Balthazar » (dont faisait parti La Squaw), se reformant pour l’occasion.

 

 

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:08

Voici venu le temps de se tranformer en père Noël ou... en Mère Noël

(ne soyons pas sexiste) !

Donc prévoir dans sa hotte...

Pour les minots et les minottes (ne soyons toujours pas sexistes...)

des contes : image-couverture-Amazon.jpgCouv-Contes-M-d2.jpg

 

  Pour les rêveurs, les rêveuses, ceux et celles qui dépriment

des rimes :9782358740029.jpg

Pour tous les amateurs d'Histoire :

les petits récits qui font La Grande...)couverture 1ere

Maintenant notez bien les dates pour vos provisions :

 

- Samedi 3 décembre de 10 h à 12 h

Librairie Pulvérail

337 rue Paradis (13008 Marseille)

- Samedi 10 décembre de 10 h à 12 h

Librairie A l'encre bleue

86 boulevard Roger Chieusse - L'Estaque (13014 Marseille)

- Samedi 17 décembre de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h

Librairie Prado-Paradis

19 avenue de Mazargues (13008 Marseille)

 

- dimanche 11 décembre

Salle Revest sur le port aux Lecques (83270)affiche-dec.-2011-Les-Lecques.JPG

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:10

La petite vieille dans sa cabane

 

Conte du folklore yiddish

 

Une petite vieille vivait seule dans sa cabane.

 

Elle s’était toujours contentée de ce que l’existence lui avait donné et ne s’était jamais plainte de son sort à qui que ce soit.

Pourtant, au soir de sa vie, elle trouva soudain que sa maison était décidément bien trop petite. En effet, si elle écartait les bras, elle touchait pratiquement les deux murs opposés, et en une enjambée, elle se trouvait de son lit au seuil de sa porte. Cette situation lui fut bientôt insupportable.

 

Un matin, elle décida d’aller voir son voisin, un vieux bonhomme qui était souvent de bon conseil.

Elle alla donc frapper à sa porte :

- Voisin, j’ai une question difficile à te soumettre. Ma cabane est trop petite et je n’ai pas assez d’argent pour m’en acheter une plus grande. Que puis-je faire ?

Le bonhomme lui fit alors une bien curieuse réponse :

- Voilà un problème facile à résoudre, voisine… Fais rentrer ta poule chez toi et reviens me voir demain.

La petite vieille, en rentrant chez elle, était tout de même un peu perplexe.

Dans sa maison qui était déjà trop petite pour elle, il fallait qu’elle fasse rentrer sa poule ?

Elle n’y comprenait rien, mais se dit qu’elle allait tout de même essayer…

Elle alla donc hercher sa poule au poulailler et l’installa chez elle. Comme cela était prévisible, la poule prit aussitôt ses aises.

Elle pondit un œuf au beau milieu du tapis et fit tomber la pendule en voulant se percher sur l’étagère.

La petite vieille sortit de sa poche son grand mouchoir et pleura un long moment.

Voilà qu’elle était encore plus à l’étroit qu’avant !

Il fallait retourner voir le voisin. Celui-ci reconnaîtrait son erreur et l’aiderait certainement.

Elle se rendit donc chez lui dès le lendemain matin :

- Voisin, me voilà maintenant encore plus serrée qu’avant ! Un cornichon dans son bocal a plus de place que moi ! Dis-moi ce que je dois faire…

Le vieux bonhomme n’hésita pas plus que la veille :

- Tu vas aller chercher ta chèvre et l’installer chez toi.

La petite vieille n’osa pas protester et rentra chez elle.

Une fois la chèvre dans sa cabane, les choses se gâtèrent encore.

La chèvre s’assit sur l’œuf de la poule, se mit à brouter les fleurs dans le vase et finit par se gratter contre la table, qu’elle renversa.

Affolée par tant de remue-ménage, la petite vieille n’attendit pas le lendemain pour courir chez son voisin :

- Voisin ! Ma maison est maintenant pire qu’une ménagerie ! Dis-moi vite ce que je dois faire…

Bizarrement, le vieux parut très satisfait d’entendre ces nouvelles :

- Il faut maintenant que tu prennes chez toi ton cochon. Je te promets que les choses vont s’arranger très vite.

Au point où elle en était, la petite vieille ne songeait même plus à protester. Elle fit donc entrer son cochon dans sa maison.

1204202153_06acdf7f4e.jpgCelui-ci, qui était d’humeur joyeuse, se mit à jouer à cache-cache avec la poule et la chèvre, puis, comme ce jeu l’avait mis en appétit, il s’attaqua au garde-manger, qu’il vida complètement.

La petite vieille, qui s’était réfugiée sur son lit, parvint à sauter par la fenêtre pour courir chez son voisin :

- Ça ne peut plus durer ! Ma maison était petite pour moi toute seule, étroite pour deux, riquiqui pour trois, mais pour quatre, elle est encore moins que minuscule ! Je t’en supplie, fais quelque chose !

Le vieux bonhomme se frotta les mains de satisfaction.

- Tout va pour le mieux, chère voisine ! Il ne te manque plus que ta vache à installer chez toi.

Abasourdie, la petite vieille s’en revient chez elle et suivit malgré tout les recommandations de son voisin.

Elle eut toutes les peines du monde à faire passer la vache par la porte, mais y parvient tout de même après plus d’une heure d’efforts acharnés.

Après avoir dansé sur le tapis, la vache choisit de faire une sieste sur le lit. C’est à peine si la petite vieille avait encore la place de remuer un orteil.

En larmes, elle courut chez son voisin :

- Je n’en peux plus. Nous sommes si serrés dans la maison que si une mouche y entrait, le toit se soulèverait ! Fais quelque chose !

- Ce que tu vas faire, ma chère voisine, est tout simple : tu vas maintenant sortir les animaux de ta maison un à un. Demain, je t’attends à l’heure du thé pour que tu me racontes ce qui s’est passé.

La petite vieille, qui décidément ne comprenait plus rien, rentra chez elle. Elle parvint à se faufiler jusqu’à la cheminée où dormait la poule et la passa par la fenêtre.

Avec un peu de sel, elle attira la chèvre dehors.

Une bonne platée de bouillie d’avoine convainquit le cochon de prendre la même direction.

Pour la vache, ce fut plus difficile, car elle trouvait le lit bien plus confortable que la paille de son étable.

Mais, à force d’arguments et de coups de balai, la petite vieille réussit à la mettre dehors.

Enfin, elle referma sa porte et se retrouva seule à l’intérieur.

Il se passa alors quelque chose d’extraordinaire.

Pour la première fois, sa cabane lui parut… grande ! Immense ! Gigantesque !

Le lendemain, à l’heure dite, elle sonna à la porte de son voisin.

A son grand sourire, il comprit que tout s’était passé selon ses plans et que la petite vieille, maintenant , se trouvait  fort bien logée dans sa petite cabane.

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:48

Extrait de son livre paru en avril  2011 : Les mots de ma vie

 

3944716736_f22b1e257c.jpgVieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est  un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.

Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge.

Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.

« Avec respect », « En hommage respectueux », « Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds ! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect ? Les cons ! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !

 

Un jour, dans le métro, c’était la  première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler.  Puis la priant de se rasseoir je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que… » Moi aussitôt : « Vous pensiez que… ? - Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. – Parce que j’ai les cheveux blancs ? – Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ç’a été un réflexe, je me suis levée… - Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous ? – Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… - Une question de quoi, alors ? – Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois… »

J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.

 

Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.

Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps.  Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années ? En mois ? En jours ? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération.

Après nous, le déluge ? Non, Mozart.

 

Bernard Pivot

  

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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 13:13

A peine un salon se termine 20ème Carré des écrivains - samedi 19 novembre 2011 qu'un autre commence !

culture-ecriture-2011.JPG

La troisième édition du Salon Culture et Ecriture du Lycée Perrimond se tiendra donc le :

samedi 26 novembre 2011 de 10 h à 17 h

au... Lycée Perrimond

244 chemin du Roucas blanc

13007 Marseille

 

Mais outre les 20 écrivains en dédicace (dont votre Philomène préférée...) ce Salon, placé cette année sous le parrainage de René Frégni, se distingue des autres par certaines particularités.

La créatrice du salon, Parc-Borely-001.jpg Nicole Delor, par ailleurs écrivain de deux romans, dépasse son rôle de simple proviseur de lycée, en proposant conférences, concours d'écriture,

expositions, ateliers créatifs dont un atelier Photoshop et... un atelier d'écriture poésie-slam : "Slamer sa vie" que j'animerai de 14 h à 15 h.

 

Ces ateliers sont ouverts sur inscription à l'adresse suivante :

cdr.perrimond@laposte.net

 

 Ne vous reste plus qu'à venir investir dans la culture : pensez aux fêtes de Noël qui s'approchent, offrez DES LIVRES !!! et à vous inscrire dans des ateliers... Pour en savoir plus rendez-vous sur le site : www.lyceeperrimond.com

 

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 22:03

P1000172.jpg

(photo Arlette Anave)

Le Carré des Écrivains est LA manifestation littéraire de Marseille. Pour faire partie des auteurs sélectionnés, cette année : 186 écrivains, il faut impérativement avoir écrit... sur Marseille ! Impossible de déroger à la règle !

Ce sera donc ma première participation et bien sûr je la dois au : "Le plus petit des grands magasins".

 

Certains vont probablement penser que je me répète... à savoir, venez me voir ! Tant pis ! Mais aussi, c'est qu'il y en a qui n'ont toujours pas fait l'acquisition des :

 

tomes 1 et 2 des "Contes de la Méditerranée"

"Du quotidien à voix haute"

 "Le plus petit des grands magasins"

 

A tous ceux-là et aux autres je donne donc rendez-vous au

Centre Bourse de Marseille

le samedi 19 novembre 2011 de 14 h à 19 h

 

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 12:43

6190424803_0c87efd10f.jpgLe dernier film de Robert Guédiguian vient de sortir : Les neiges du Kilimandjaro. L'action se passe à L'Estaque.

Je ne l'ai pas encore vu mais j'ai lu dans un hebdo que : Les pauvres gens, un des poèmes du recueil La Légende des Siècles, de notre immense Hugo avait servi de point de départ au film.

Ces Pauvres Gens, pour moi, c'est un souvenir de lycée. Quelques strophes apprises par coeur, une récitation comme on disait,  qui m'avait mis les larmes aux yeux. Mais, tout de même, une réminiscence de lyrisme et d'humanisme magnifique. J'ai voulu le retrouver, le relire, le voici, et j'ai encore pleuré !

 

Les pauvres gens

 

Il est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.
Le logis est plein d'ombre et l'on sent quelque chose
Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.
Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.
Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle
Aux planches d'un bahut vaguement étincelle,
On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.
Tout près, un matelas s'étend sur de vieux bancs,
Et cinq petits enfants, nid d'âmes, y sommeillent
La haute cheminée où quelques flammes veillent
Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,
Une femme à genoux prie, et songe, et pâlit.
C'est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d'écume,
Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit, à la brume,
Le sinistre océan jette son noir sanglot.

II

L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l'eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l'hameçon,
Surveillant l'âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
Il s'en va dans l'abîme et s'en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d'argent,
Ce n'est qu'un point ; c'est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d'horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l'appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

III

Elle prie, et la mauve au cri rauque et moqueur
L'importune, et, parmi les écueils en décombres,
L'océan l'épouvante, et toutes sortes d'ombres
Passent dans son esprit : la mer, les matelots
Emportés à travers la colère des flots ;
Et dans sa gaine, ainsi que le sang dans l'artère,
La froide horloge bat, jetant dans le mystère,
Goutte à goutte, le temps, saisons, printemps, hivers ;
Et chaque battement, dans l'énorme univers,
Ouvre aux âmes, essaims d'autours et de colombes,
D'un côté les berceaux et de l'autre les tombes.

Elle songe, elle rêve. - Et tant de pauvreté !
Ses petits vont pieds nus l'hiver comme l'été.
Pas de pain de froment. On mange du pain d'orge.
- Ô Dieu ! le vent rugit comme un soufflet de forge,
La côte fait le bruit d'une enclume, on croit voir
Les constellations fuir dans l'ouragan noir
Comme les tourbillons d'étincelles de l'âtre.
C'est l'heure où, gai danseur, minuit rit et folâtre
Sous le loup de satin qu'illuminent ses yeux,
Et c'est l'heure où minuit, brigand mystérieux,
Voilé d'ombre et de pluie et le front dans la bise,
Prend un pauvre marin frissonnant, et le brise
Aux rochers monstrueux apparus brusquement.
Horreur ! l'homme, dont l'onde éteint le hurlement,
Sent fondre et s'enfoncer le bâtiment qui plonge ;
Il sent s'ouvrir sous lui l'ombre et l'abîme, et songe
Au vieil anneau de fer du quai plein de soleil !

Ces mornes visions troublent son coeur, pareil
A la nuit. Elle tremble et pleure.

IV


Ô pauvres femmes
De pêcheurs ! c'est affreux de se dire : - Mes âmes,
Père, amant, frère, fils, tout ce que j'ai de cher,
C'est là, dans ce chaos ! mon coeur, mon sang, ma chair ! -
Ciel ! être en proie aux flots, c'est être en proie aux bêtes.
Oh ! songer que l'eau joue avec toutes ces têtes,
Depuis le mousse enfant jusqu'au mari patron,
Et que le vent hagard, soufflant dans son clairon,
Dénoue au-dessus d'eux sa longue et folle tresse,
Et que peut-être ils sont à cette heure en détresse,
Et qu'on ne sait jamais au juste ce qu'ils font,
Et que, pour tenir tête à cette mer sans fond,
A tous ces gouffres d'ombre où ne luit nulle étoile,
Eux n'ont qu'un bout de planche avec un bout de toile !
Souci lugubre ! on court à travers les galets,
Le flot monte, on lui parle, on crie : Oh ! rends-nous-les !
Mais, hélas ! que veut-on que dise à la pensée
Toujours sombre, la mer toujours bouleversée !

Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul !
Seul dans cette âpre nuit ! seul sous ce noir linceul !
Pas d'aide. Ses enfants sont trop petits. - Ô mère !
Tu dis : "S'ils étaient grands ! - leur père est seul !" Chimère !
Plus tard, quand ils seront près du père et partis,
Tu diras en pleurant : "Oh! s'ils étaient petits !"

V

Elle prend sa lanterne et sa cape. - C'est l'heure
D'aller voir s'il revient, si la mer est meilleure,
S'il fait jour, si la flamme est au mât du signal.
Allons ! - Et la voilà qui part. L'air matinal
Ne souffle pas encor. Rien. Pas de ligne blanche
Dans l'espace où le flot des ténèbres s'épanche.
Il pleut. Rien n'est plus noir que la pluie au matin ;
On dirait que le jour tremble et doute, incertain,
Et qu'ainsi que l'enfant, l'aube pleure de naître.
Elle va. L'on ne voit luire aucune fenêtre.

Tout à coup, à ses yeux qui cherchent le chemin,
Avec je ne sais quoi de lugubre et d'humain
Une sombre masure apparaît, décrépite ;
Ni lumière, ni feu ; la porte au vent palpite ;
Sur les murs vermoulus branle un toit hasardeux ;
La bise sur ce toit tord des chaumes hideux,
Jaunes, sales, pareils aux grosses eaux d'un fleuve.

"Tiens ! je ne pensais plus à cette pauvre veuve,
Dit-elle ; mon mari, l'autre jour, la trouva
Malade et seule ; il faut voit comment elle va."

Elle frappe à la porte, elle écoute ; personne
Ne répond. Et Jeannie au vent de mer frissonne.
"Malade ! Et ses enfants ! comme c'est mal nourri !
Elle n'en a que deux, mais elle est sans mari."
Puis, elle frappe encore. "Hé ! voisine !" Elle appelle.
Et la maison se tait toujours. "Ah ! Dieu ! dit-elle,
Comme elle dort, qu'il faut l'appeler si longtemps!"
La porte, cette fois, comme si, par instants,
Les objets étaient pris d'une pitié suprême,
Morne, tourna dans l'ombre et s'ouvrit d'elle-même.

VI

Elle entra. Sa lanterne éclaira le dedans
Du noir logis muet au bord des flots grondants.
L'eau tombait du plafond comme des trous d'un crible.

Au fond était couchée une forme terrible ;
Une femme immobile et renversée, ayant
Les pieds nus, le regard obscur, l'air effrayant ;
Un cadavre ; - autrefois, mère joyeuse et forte ; -
Le spectre échevelé de la misère morte ;
Ce qui reste du pauvre après un long combat.
Elle laissait, parmi la paille du grabat,
Son bras livide et froid et sa main déjà verte
Pendre, et l'horreur sortait de cette bouche ouverte
D'où l'âme en s'enfuyant, sinistre, avait jeté
Ce grand cri de la mort qu'entend l'éternité !

Près du lit où gisait la mère de famille,
Deux tout petits enfants, le garçon et la fille,
Dans le même berceau souriaient endormis.

La mère, se sentant mourir, leur avait mis
Sa mante sur les pieds et sur le corps sa robe,
Afin que, dans cette ombre où la mort nous dérobe,
Ils ne sentissent pas la tiédeur qui décroît,
Et pour qu'ils eussent chaud pendant qu'elle aurait froid.

VII

Comme ils dorment tous deux dans le berceau qui tremble !
Leur haleine est paisible et leur front calme. Il semble
Que rien n'éveillerait ces orphelins dormant,
Pas même le clairon du dernier jugement ;
Car, étant innocents, ils n'ont pas peur du juge.

Et la pluie au dehors gronde comme un déluge.
Du vieux toit crevassé, d'où la rafale sort,
Une goutte parfois tombe sur ce front mort,
Glisse sur cette joue et devient une larme.
La vague sonne ainsi qu'une cloche d'alarme.
La morte écoute l'ombre avec stupidité.
Car le corps, quand l'esprit radieux l'a quitté,
A l'air de chercher l'âme et de rappeler l'ange ;
Il semble qu'on entend ce dialogue étrange
Entre la bouche pâle et l'oeil triste et hagard :
- Qu'as-tu fait de ton souffle ? - Et toi, de ton regard ?

Hélas! aimez, vivez, cueillez les primevères,
Dansez, riez, brûlez vos coeurs, videz vos verres.
Comme au sombre océan arrive tout ruisseau,
Le sort donne pour but au festin, au berceau,
Aux mères adorant l'enfance épanouie,
Aux baisers de la chair dont l'âme est éblouie,
Aux chansons, au sourire, à l'amour frais et beau,
Le refroidissement lugubre du tombeau !

VIII

Qu'est-ce donc que Jeannie a fait chez cette morte ?
Sous sa cape aux longs plis qu'est-ce donc qu'elle emporte ?
Qu'est-ce donc que Jeannie emporte en s'en allant ?
Pourquoi son coeur bat-il ? Pourquoi son pas tremblant
Se hâte-t-il ainsi ? D'où vient qu'en la ruelle
Elle court, sans oser regarder derrière elle ?
Qu'est-ce donc qu'elle cache avec un air troublé
Dans l'ombre, sur son lit ? Qu'a-t-elle donc volé ?

IX

Quand elle fut rentrée au logis, la falaise
Blanchissait; près du lit elle prit une chaise
Et s'assit toute pâle ; on eût dit qu'elle avait
Un remords, et son front tomba sur le chevet,
Et, par instants, à mots entrecoupés, sa bouche
Parlait pendant qu'au loin grondait la mer farouche.

"Mon pauvre homme ! ah ! mon Dieu ! que va-t-il dire ? Il a
Déjà tant de souci ! Qu'est-ce que j'ai fait là ?
Cinq enfants sur les bras ! ce père qui travaille !
Il n'avait pas assez de peine ; il faut que j'aille
Lui donner celle-là de plus. - C'est lui ? - Non. Rien.
- J'ai mal fait. - S'il me bat, je dirai : Tu fais bien.
- Est-ce lui ? - Non. - Tant mieux. - La porte bouge comme
Si l'on entrait. - Mais non. - Voilà-t-il pas, pauvre homme,
Que j'ai peur de le voir rentrer, moi, maintenant !"
Puis elle demeura pensive et frissonnant,
S'enfonçant par degrés dans son angoisse intime,
Perdue en son souci comme dans un abîme,
N'entendant même plus les bruits extérieurs,
Les cormorans qui vont comme de noirs crieurs,
Et l'onde et la marée et le vent en colère.

La porte tout à coup s'ouvrit, bruyante et claire,
Et fit dans la cabane entrer un rayon blanc ;
Et le pêcheur, traînant son filet ruisselant,
Joyeux, parut au seuil, et dit : C'est la marine !

X

"C'est toi !" cria Jeannie, et, contre sa poitrine,
Elle prit son mari comme on prend un amant,
Et lui baisa sa veste avec emportement
Tandis que le marin disait : "Me voici, femme !"
Et montrait sur son front qu'éclairait l'âtre en flamme
Son coeur bon et content que Jeannie éclairait,
"Je suis volé, dit-il ; la mer c'est la forêt.
- Quel temps a-t-il fait ? - Dur. - Et la pêche ? - Mauvaise.
Mais, vois-tu, je t'embrasse, et me voilà bien aise.
Je n'ai rien pris du tout. J'ai troué mon filet.
Le diable était caché dans le vent qui soufflait.
Quelle nuit ! Un moment, dans tout ce tintamarre,
J'ai cru que le bateau se couchait, et l'amarre
A cassé. Qu'as-tu fait, toi, pendant ce temps-là ?"
Jeannie eut un frisson dans l'ombre et se troubla.
"Moi ? dit-elle. Ah ! mon Dieu ! rien, comme à l'ordinaire,
J'ai cousu. J'écoutais la mer comme un tonnerre,
J'avais peur. - Oui, l'hiver est dur, mais c'est égal."
Alors, tremblante ainsi que ceux qui font le mal,
Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."

L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept.
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ?
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez.
Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés,
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte.
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche,
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ?
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.

- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!"

 

(Victor Hugo 1802 - 1885)

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Published by Philomène - dans Chez les poètes
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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 13:23
"Tous les poèmes sont à la main, à la tête, au corps et à l’œuvre. Tous les poèmes sont fabriqués, sont objets, sont idées, en même temps. Tous les poèmes sont de chair et de souffle, mais tous nous parviennent, le plus souvent, désincarnés, défaits de leur cœur et de leur sang, un peu distants et..."
Le-script.-au-Frioul-017.jpgOlivier Bastide
 
C'est donc sur une idée d'Olivier, poète, écrivain, que ceux et celles qu'il avait sollicité, ont participé à ce joli challenge : lui envoyer deux versions d'un poème écrit "à la main".
Première version manuscrite, deuxième version tapuscrite.
 
Les poèmes sont désormais publiés sur  : www.olivierbastide/Dépositions/leblog
J'ai écrit le mien un peu vite... tapé sur l'ordi encore plus vite... relu probablement à 100 kilomètres seconde !
Conclusion : je l'ai retrouvé sur le site avec une p'tite faute de français !!! Olivier ne s'est pas permis de corriger...  avec ces auteurs hein, on ne sait jamais !!!
 
Bonne lecture quand même.
   
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Published by Philomène - dans Ecrivants - écrivains
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