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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 12:42

 

Dame platine

 

Les fêtes de famille sont faites,

Comme leur nom l’indique,

Pour faire la fête en famille !

On y retrouve ceux qu’on aime,

Ceux qu’on apprécie moins ;

On y croise proches cousins et cousins lointains.

 

A quelques temps déjà réunion familiale,  3896978232_6283859640.jpg

Tour détours bavardages et commérages

Soudain dans ma ligne de mire s’étire

Une petite personne aux courts cheveux blonds limite platine

Yeux lapis lazuli, maquillage discret

Un long collier de perles dégouline sur une robe nacrée

Qu’on devine d’un grand couturier.

L’allure à n’en pas douter est différenciée

Si sophistiquée qu’elle donne à penser

Que l’on a affaire à une personne hors norme.

 

A ce moment là, la miniature s’octroie la parole

Casserole !

On tombe effaré pétrifié statufié.

La voix est criarde, le propos vulgaire, à pleurer 

Sous un déplaisant accent que visiblement

La dame cherche maladroitement à dissimuler

Sous un clin d’œil racoleur !

Trop d’éclats de rire suraigus, trop d’hochements de tête,

Nom de Dieu que c’est bête !

La parure n’était que pelure plaqué or.

 

Bémol au cours d’une mélodieuse symphonie

La fausse note platine a désaccordé ma famille Harmonie.

 

 

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 06:51


Hier soir café philo du mois à la cave-bistrot "Le vin sobre".3082081392_28a649009c.jpg
Le sujet de la soirée : doit-on tolérer l'intolérance ?

J'ai fait quelques recherches avant de m'y rendre et suis tombée sur un article de François Housset (professeur de philosophie - rédacteur en chef adjoint du magazine Socrate) portant le même titre.
En voici quelques extraits :
(...) "Le problème de la tolérance apparaît dans toute sa splendeur dès qu'on la voit se mordre la queue : celui qui tolère l'intolérance, l'intolérable, tolère ce qu'il désapprouve et ce qui le menace. Ce n'est pas être neutre, c'est être complice : c'est accepter que le crime soit commis quand on aurait pu l'empêcher. C'est, paradoxalement, approuver ce qu'on dit désapprouver, accepter dans les faits ce qu'on refusait en théorie, donc se rendre responsable par son consentement. Perverse licence pouvant conforter chacun dans son incivisme, dans son immoralité, dans ses erreurs !"...

(...) "A l'impertinence, ajoutons encore l'inconscience : l'intolérance est un moyen d'exister. Je me pose en m'opposant. Je ne suis une conscience qu'en dépit des autres, et qu'en leur donnant tous les torts."...
(http://www.philovive.fr)

             - Conclusion de la soirée :
Soyons vigilants, rien n'est jamais définitivement acquis dans une démocratie, gardons notre esprit critique, on ne peut pas tout tolérer parce que, comme il est écrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme "la liberté de chacun s'arrête où commence celle des autres".

"La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l'empêcher de nuire aux autres (...)"
John Stuart Mill. De la liberté

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 07:59

 

Aujourd’hui journée internationale de  la femmeFiligranes-Janvier-2007-009.jpg

 

Aujourd’hui elle va mourir sous les coups d’un homme

Aujourd’hui elle va sourire en disant oui à un homme

Aujourd’hui elle donnera la vie à un enfant qu’elle ne pourra nourrir

Aujourd’hui elle prendra dans ses bras un enfant à qui elle n’a pas donné la vie

Aujourd’hui elle maudira la maladie qui la ronge peu à peuFiligranes-Janvier-2007-011.jpg

Aujourd’hui elle remerciera le progrès qui l’a guéri

Aujourd’hui elle pleurera

Aujourd’hui elle rira

Celle-ci conduira son bus dans les embouteillages de la ville et celle-là ira au bureau en vélo

Celle-ci écrira, celle-là lira… DSC01912--800x600-.JPG
L'une voyant son champ de blé disparu sous la vague géante maudira l'insconscience des hommes tandis que l'autre bénira l'homme providentiel qui lui permet de s'enfuir en avion vers la liberté.

Aujourd’hui comme hier les femmes porteront le poids et les espoirs du monde.bea-patine.JPG

 

« La femme est l’avenir de l’homme » célèbre phrase de Louis Aragon dont Jean Ferrat a fait le titre d’une de ses chansons, une évidence... 
Sauf si certaines singeant ce qu'il y a de plus affreux dans la nature humaine oublient... que leur vrai rôle est de donner la vie ou de la protéger, de la valoriser, la magnifier mais en aucun cas de la faire exploser avec une bombe.

pascale-014.jpg 

Au fait qui est l’avenir de la femme si ce n’est elle-même ?

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 10:21

Le mistral s'est envolé, les nuages en ont profité, voici encore un dimanche sous ciel gris. Mais... il y a ↓

Le-quartier-005.jpg

Le mimosa du voisin qui me fait des clins d'oeil et ensoleille la ruelle et puis aussi ↓

Le-quartier-009.jpg

Le laurier-tin en prémices de toutes les fleurs du jardin.
Avec le pot-au-feu qui glougloute dans la marmite, ce dimanche s'est endimanché !

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 07:49


Le mistral a nettoyé à fond le ciel, redevenu azur. Bien, très bien.
Allez va, tout de même, le dernier texte du tryptique paru La Cassidaigne :


Le Gendarme de Girolata3936833022_881bce29b8.jpg

 

         Une mer d’huile, la visite des dauphins de service, quelle était donc jolie cette traversée entre  le continent et l’île de Beauté.

Puis, le soleil se leva sur les falaises rouges d’Elbo et l’enchantement continua. L’équipage ne prononçait plus un seul mot, envoûté par ces quelques moments d’intensité.

Tranquillement, le voilier poursuivait sa route vers Girolata : cette anse splendide accessible uniquement par bateau ou un sentier de chèvres. Fendant l’eau bleutée, le navire s’engageait dans le petit golfe, quand soudain, surgi semblait-il de nulle part, un zodiac de la Gendarmerie Nationale lui fonça dessus.

Stoppez les machines !

- Gendarmerie Nationale. Est-ce que je peux monter à bord ? questionna le préposé, super beau gosse au demeurant …

Mais comment donc, cher gendarme, pensa le commandant du bord (et la moussaillonne sous le charme…), aucun problème, nous sommes en règle avec les autorités.

Le charmant officier enjambe alors lestement les filières en déclarant d’emblée.

-         Il manque les lettres MA sur la bouée de sauvetage !

(MA c’est-à-dire les deux premières lettres du port d’attache du bateau)

Ensuite, contrôle classique, jusqu’au moment où l’adjudant chef, le regard clair (t’as de beaux yeux tu sais) fixe notre commandant :

- Je peux entrer ? demande l’officier qui, joignant le geste à la parole, descend sans attendre dans le carré.

-         Les gilets ? O.K.

-         Les harnais ? O.K.

-         La pharmacie ? O.K.

-         Les extincteurs ? Aïe, aïe, aïe…

 Nous n’en avons que deux et il en faudrait trois…

- Votre C.R.Q.  ? Non, pas la licence, LE CERTIFICAT RESTREINT DE RADIOTELEPHONIE.

BEN… Euh… le commandant qui ne navigue jamais que depuis une vingtaine d’années par tous les temps, a bien entendu parler de cette chose, mais il ne l’a pas, là !

- Et bien c’est regrettable, conclut notre bel officier qui dresse alors un procès-verbal.

Conclusion : nous avons sept jours pour écrire deux lettres, acheter un extincteur, s’inscrire à un examen, et envoyer les preuves de tout ce tintoin à la gendarmerie d’Ajaccio.

Pratique et facile à réaliser quand nous n’aviez prévu qu’un rapide passage dans l’île corse…

 

La mer, dernier espace de liberté est en train de couler...

 


(Texte publié dans La Cassidaigne 2003)

                 
                                   

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 07:44


Et comme le temps est toujours grisaille je vais encore aller piocher dans la rubrique souvenirs pour mettre un peu de bleu dans ce gris...

En panne …
Pastis-011.jpg

 

Nous étions partis sur La Grande Bleue depuis plus d’un mois à présent, et voilà que les réserves en boisson jaune se trouvaient presque épuisées après tous ces débuts de soirées arrosés et partagés avec les copains de passage ou les rencontres de quais…

Dramatique : il ne restait plus à bord du voilier que le fond d’une bouteille.

Heureusement, il est de notoriété marine que les alcools en Italie sont bien moins chers que chez nous, raison pour laquelle nous n’avions fait que des provisions très modérées d’apéritifs. Enfin, ce soir, nous serions à Alghero (Sardaigne), ouf, sauvés !

Las, arrivés au supermarché local, pas la moindre bouteille de pastis en vue.

Du whisky, du gin, du martini, mais du pastis… point. Incroyable !

Mamma mia, ne restait plus au capitaine qu’à modifier ses habitudes d’anis vespéral. Impensable sacrilège pour un marseillais, mais c’est ça, la dure vie du marin.

Heureusement, la prochaine étape se profilait déjà à l’horizon : Bosa, et l’espoir pouvait renaître.

A Bosa donc, ancienne ville royale, nous voici repartis à la recherche du nectar provençal.

-         Pastis ? Pastis ?

Apparemment l’autochtone ne connaissait pas ce nom et les rayons des magasins visités alignaient sur leurs étagères toutes sortes d’alcools mais pas celui-là. Cruelle déception. D’autant plus que l’escale suivante devait être un mouillage forain.

Ensuite, Torre Grande, Carlo Forte, Teulada, les villes et les supermarchés se succèdaient sans plus de succès.

Puis ce fut Cagliari : capitale de l’île. Si on ne trouvait pas là la boisson tant convoitée, il ne restait plus qu’à se jeter à l’eau. Aussi, malgré un soleil de plomb, sitôt amarrés, nous partîmes à la recherche des commerces… situés à des kilomètres du port ! Seulement, c’est sans avoir aperçu  la moindre échoppe d’alimentation, que, à bout de force, nous finîmes par nous écrouler dans les fauteuils de la terrasse d’un café.

-         Pastis ? Demande le pitaine sans trop y croire .

-         Si, si, uno pastis ! Réplique le serveur.

Et, ô merveille, ô miracle, quelques minutes plus tard, un verre rempli du breuvage si ardemment désiré fit son apparition accompagné d’une petite bouteille d’eau.

Notre homme assoiffé se servit rapidement, porta le verre à sa bouche, fit une drôle de tête, regarda alors l’étiquette sur la bouteille… l’eau… était… pétillante ! ! !

                

(Texte publié dans La Cassidaigne 2003)

                
        

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 06:56

En février, de la pluie, en mars, de la pluie.
Encore ne pas se plaindre ! Dans notre midi la pluie est clémente au vu de ce qui s'est passé sur les côtes d
e l'Atlantique. Mais reste qu'il pleut...
Pour se changer les idées, pourquoi pas un souvenir de vacances ?

        E VIVA ESPANA

 

 

Les amarres étaient larguées, c’était parti pour La Grande Aventure ! Direction… Cadaquès (Espagne).

Maï, quelques miles plus loin, Monsieur le pilote automatique nous fit le coup de la panne. Rideau, le pilote.
Conséquence, changement de programme, nous voici donc rendu dans le plus grand port d’Europe, autrement nommé Port Camargue (bof). Las, le lendemain, il fallut bien se rendre à l’évidence : impossible de réparer, en tout cas, dans un bref délai.

L’équipage bouda, le capitaine râla mais vu qu’apparemment, le navigateur grisonnant avait moins d’endurance que le marin de première jeunesse qu'il avait été et qui barrait sans rechigner 24 heures durant, il ne restait plus qu’à reprendre la route vers Port Miou.

Adieu Cadaquès, la sangria, les tapas, et les copains qui attendront en vain. Snif !

Retour vers Marseille donc.

- Mais, suggéra le mousse, (moi en l’occurrence) peut-être que l’on pourrait faire une halte dans nos chères calanques, histoire de ne pas rater complètement les vacances…

Nous jetâmes l’ancre à Sormiou.

La température de la mer était de 27°8. Cet été 2003 pas de différence d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Le soleil était au rendez-vous, brillait-il autrement en Espagne ?

Le girelier reprit alors du service et la soupe de girelles se révéla excellente. Mais allez savoir si les petits poissons n’avaient pas meilleur goût dans les eaux hispaniques ?


Sormiou, Morgiou, Port Miou, Riou, Morgiou, Sormiou, dans l’ordre et dans le désordre. Roches blanches, pins couchés par le mistral, petits villages de cabanons blottis au fond des vallons. Paysage si familier que l’on fuyait. Paysage tant aimé que l’on redécouvrait.

En définitive, entre nous, partir en Espagne  ou au bout du monde, quand on a un paradis à portée de voile, qu’en pensez-vous : curieuse espèce non, cette espèce humaine ?

  

            E VIVA ESPANA… (le retour)

 

 

            Une des raisons pour lesquelles "l’Homo Portmioucus" souhaite aller voir ailleurs ce qu’il a sous les yeux, est « LA TRAVERSEE ».

Entendons-nous bien, La Traversée signifie perdre les côtes de vue pour parvenir enfin dans un de ces endroits idylliques nommés : Corse, Sardaigne, Minorque, Ibiza, Sicile, voire… Cadaquès !

Mais surtout la traversée est synonyme de pêche à la traîne, c’est-à-dire, essayer d’attraper, en même temps qu’une belle montée d’adrénaline, un GROS poisson vulgairement nommé THON.

Ensuite, l’homo Portmioucus pourra raconter à qui veut l’entendre comment il a attrapé « son » thon, combien il mesurait, combien il pesait, combien de temps ça lui a pris pour remonter à bord sa bestiole. Le sujet est pratiquement inépuisable…

Vous comprenez mieux à présent la déception de l’équipage au grand complet (lui et moi) de notre voilier suite à l’avarie survenue au pilote automatique. Il n’y aurait rien à raconter cette année…

Mais les voies des Dieux étant impénétrables au commun des mortels, ce matin là, en quittant Port Miou, Ils décidèrent probablement  de nous faire un cadeau.

Le cadeau prit une forme inattendue.

-         Regarde, me dit le commandant du bord, regarde là devant, tu vois tous ces oiseaux… ils ont l’air de chasser… et ces remous, là, il doit y avoir des poissons…


Illico presto je fis passer « la mitraillette » à cet observateur attentif. Le temps de dérouler l’engin et nous voilà au beau milieu d’un banc de minuscules poissons argentés scintillants sous le soleil à la surface de l’eau : des anchois, des milliers d’anchois !

-         Ah, c’est dommage, les hameçons sont bien trop gros pour attraper des anchois.

Je n’avais pas plus tôt fini ma phrase que l’homme se mit à crier de nouveau.

-         Regarde, regarde.

De gros poissons faisaient des bonds juste devant nous, se jetant voracement sur les anchois métallisés, au milieu des goélands essayant de prendre leur part du festin.

Le spectacle était complètement magique.

-         Hé, il y en a un de pris, s’exclama à ce moment-là  mon pêcheur favori.

Vite, on remonta la mitraillette, une bonite s’agitait frénétiquement au bout d’un des nombreux hameçons.

-         Oh non, zut alors… pesta le pêcheur car la bonite s’était détachée.

Malgré tout, il continuait à remonter méthodiquement  sa ligne.

-         Il y en a encore une !

Cette fois-ci, pas question de laisser s’échapper la bête, un coup de « guinchou » plus tard, la bonite terminait sa course dans le cockpit.

-         Et là, encore une …

Le pêcheur jubilait, admirait ses deux poissons, les vidait de leurs entrailles, mais pas question de les découper en rondelles, pas encore.

Il fallait d’abord rentrer au port.


Eviva-Espana-002.jpg


Il fallait, tel Joseph dans « La Gloire de Mon Père », brandir dans le soleil couchant ses deux poissons à bout de bras en s’écriant devant les autres Homo Portmioucus ébahis.

- Regardez… mes bartavelles !

 

(Texte publié dans La Cassidaigne 2004)

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 07:54


Un anniversaire à fêter en famille, un repas dominical qui plaise à tous, petits et grands... Voilà l’occasion de faire une daube !

Une « taupe » comme disait le père alsacien d’un ami qui préparait le plat provençal à Marseille avant de la "monter" au pays des cigognes à la demande générale des cousins. « La taupe » prenait donc le train pour arriver du côté de Strasbourg et régaler les convives !

La mienne n’a pas pris le train.

 

La daube provençale

 

Ingrédients : daube-004.jpg

900 gr de bœuf

60 gr de beurre

2 dl de bouillon

2 cuillères à soupe de concentré de tomate

1 cuillère de farine

8 carottes

sel poivre

1 sucre

 

 

Marinade :

1 gros oignon

1 bouteille de vin rouge

ail

2 cuillères à soupe d’huile d’olive

2 cuillères à soupe de vinaigre

1 feuille de laurier

thym

 

La veille dans un grand saladier mettre le bœuf coupé en gros cubes, l’oignon, l’ail couvrir avec le vin rouge, l’huile, le vinaigre. Laisser mariner au frais 12 heures.

 

Le jour de la daube faire chauffer le beurre dans une marmite, y mettre les morceaux de viande essuyés et faire revenir puis laisser cuire 10 minutes. Ajouter ensuite la cuillère de farine, délayer puis verser peu à peu la marinade, le bouillon, le concentré de tomates, le sucre, sel, poivre et les carottes coupées en rondelles. Ajouter un peu de thym. Faire cuire, à couvert, doucement pendant 3 heures.

 

En général il est convenu de servir la daube avec de GROSSES pâtes ; mes préférées pour accompagner ce plat : des rigatoni de Barilla.

 

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:56


Après l'article du 12 février Haïti voici d'autre nouvelles de Céline partie, avant le tremblement de terre, enseigner dans l'île avec l'association Ereine :

  

Haïti à l'aube d'un nouveau mois : meilleur ?

"Ah, mes amis, la vie n’est pas facile, non… Voilà plus de 2 semaines que je ne vous ai plus écrit, car mes journées sont extrêmement remplies, à un tel point que j’en suis arrivée à un degré d’inefficacité et d’épuisement pas très agréable à vivre…
 
La vie « normale » a vraiment de la peine à reprendre en Haïti. Chaque jour, le quotidien se fait plus compliquée et plus misérable pour tout un chacun : la pluie ; les secousses qui continuent ; une école au Cap Haïtien qui a été écrasée par un glissement de terrain (rien à voir avec le tremblement de terre, mais vous pensez bien la réaction de la population : toutes les écoles de la ville se sont refermées, et on ne sait pour combien de temps…) ; les possibilités économiques qui se font de plus en plus rares pour tant de familles; la faim qui sévit ; des conflits qui éclatent entre protestants et vaudouisants ; tous ces étudiants qui sont dans la rue, démunis, avec leur livre d’anglais pour ne pas « trop » perdre leur temps ; les blessures du tremblement de terre qui sont mal soignées et qui ont pour conséquence des amputations de membres ou des apparitions de vers dans les plaies (c’est le cas de certains de mes amis, je l’ai vu et me suis révoltée)…
 
Pour ma part, je vis toujours bien, j’ai de quoi manger correctement chaque jour, j’ai pu me racheter un vélo, je peux me déplacer dans le pays sans avoir besoin de « calculer », je peux même beaucoup partager avec les gens autour de moi… Mais le fait d’être entourée au quotidien par cette misère, de voir si peu d’évolution positive, de parler avec  
tant de gens découragés (même mes acolytes, qui ont une motivation et un don de soi hors-norme, commencent à être à bout de souffle), de devoir interrompre les cours à tout moment car il y a un bruit quelconque à côté de nous et que tout le monde (moi y compris) se précipite dehors en pensant que ce sont des secousses, de rencontrer sans cesse de nouvelles personnes venues de la capitale qui me racontent leurs histoires plus horribles les unes que les autres… Cela me donne de magnifiques leçons de vie et je bénis la Vie de me permettre de vivre une telle expérience, mais là, ouah, il y a un moment où ça fatigue… Il y a trop à faire, en Haïti, trop. J’ai donc vécu quelques jours plus difficiles, avec une grosse baisse d’énergie, où j’ai réalisé que je ne prenais plus de temps pour moi, pour voir mes amis, où c’est mon corps qui a décidé de me dire « stop ».
(...)
Sinon, quoi de neuf ? Le week end du 12 au 14 février, expérience assez intéressante à vivre : le gouvernement a décrété 3 jours de jeûne et de prière nationaux. Incroyable mais vrai, il faut s’imaginer un pays entier qui « s’arrête » : toutes les boutiques fermées,  
plus de transport, pas de marché… et une drôle d’effervescence dans la rue, où on surveille qui va prier ou pas, combien de temps, qui mange quand même ou pas…et ce avec beaucoup d’humour ! Ambiance assez plaisante dans mon village, mais pratique qui me questionne quand même sur le fonds… Demander de jeûner à tant de gens qui ne peuvent pas manger une fois par jour en ce moment… Et le pire pour moi, c’est quand, le dimanche soir, à peine les sessions « prières » terminées, un ami qui loge sous un drap à Port-au-Prince m’appelle, en pleurant, en me disant qu’il pleut à verse… Et que lundi matin, on apprend que cette école du Cap Haitien s’est effondrée à cause de la pluie, faisant 4 enfants morts et de nombreux blessés… Après 3 jours où le pays entier n’a fait qu’implorer Dieu… ça me questionne, tout ça.

A côté de tout cela, il est évident que les gens continuent à « vivre », à garder espoir (bien que celui-ci s’amenuise de jour en jour), à rire, à positiver, à discuter des heures durant sous la lune… Et pour ma part, je commence à ressentir en profondeur à quel point le bonheur est dans notre cœur, bien loin de tout confort ou autre. Je pense que si les besoins de base sont réunis (nourriture, abri, sécurité), il suffit d’être bien avec soi-même et avec les personnes qui nous entourent. Car je n’ai jamais vécu aussi simplement de ma vie, et je peux réellement affirmer que je suis heureuse
.

Au niveau professionnel, nos 3 écoles (primaire, secondaire en création et école normale) vont bon train, on continue à innover au quotidien en fonction des différents besoins que nous identifions, et c’est toujours un pur bonheur de travailler avec tous ces enfants ou étudiants. En revanche, dans la région, il reste tant d’enfants qui n’ont pas repris le chemin de l’école (manque d’argent et peur des parents, manque d’encouragement des directeurs et enseignants), malgré les directives de base de l’Etat, toujours aussi invisible en fin de compte. Avec Lorson et Esdras, nous comptons organiser à nouveau une rencontre pédagogique avec les acteurs de la zone pour voir ce qui pose problème et ce que l’ont peut faire. A Port-au-Prince, l’école est également un sujet de débat, entre ceux qui veulent reprendre avec les moyens du bord et ceux qui les insultent en disant qu’ils devraient avoir honte d’ouvrir leur école alors que tant d’autres sont détruites… Sans commentaire.
 
Mais bon, quand même une chose assez chouette : mes amis de Port-au-Prince avec qui j’avais fait mon projet théâtre ces deux dernières années, qui ont créé une troupe de danse-théâtre-musique, ont été mandatés par une branche du ministère pour faire des ateliers aux enfants de certains camps de réfugiés dans la ville ! Ils devraient commencer la semaine prochaine, génial !
 
Et enfin, comme à mon habitude, je vais terminer avec une pensée positive venant de mon cher Esdras, mon directeur : l’autre jour, il est arrivé vers moi en me disant « Ah, je suis content, car j’ai réalisé une partie de ce que je devais faire aujourd’hui ! » Et moi qui m’énervais chaque jour car je n’avais pas réussi à cocher toute ma liste des choses à faire… Je peux vous dire que depuis ce jour, j’ai décidé de changer d’optique et que ça marche plutôt bien ! Finalement, tout dépend de quel angle on regarde les choses.
 
Plein de belles pensées pour vous tous qui vous approchez du printemps !"
 
Céline
 
N.B. Pour les personnes qui nous ont soutenus à travers le fonds « tremblement de terre » : A la base, j’avais décidé de remercier chacun de vous individuellement, mais je vous avoue que là, je n’y arrive pas, malgré tous les stratagèmes que j’ai imaginés pour créer des heures dans mes journées. Je tiens donc à exprimer mon infinie reconnaissance à chacun d’entre vous (et je vous promets que j’ai chacun de vos visages devant les yeux). Voici le petit mot que j’avais préparé :

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Le 12 janvier dernier, en quelques secondes, la vie en Haiti s’est écroulée. Dans un pays où tout était déjà tellement difficile pour tant d’êtres humains, soudain « survivre » est devenu un défi en soi.
 (...) 

- Nous avons déjà apporté un soutien à 200 familles de notre région qui ont dû accueillir de nombreuses personnes réfugiées de Port-au-Prince, dans le but qu’elles puissent acheter de la nourriture pour tous.
 
- Lors de nos voyages à Port-au-Prince, nous avons à chaque fois acheté de grosses quantités d’eau, de riz et de légumes à distribuer dans le quartier de Lorson et Esdras, totalement dévasté et où aucune aide n’a encore été apportée.
 
- Toujours dans l’aide d’urgence, nous avons pu permettre à un ami de Port-au-Prince vivant sans aucun abri sur une place publique, de construire une petite maison de tôle pour lui et son entourage proche.
 
- D’autre part, nous avons ouvert une école secondaire alternative pour les jeunes rentrés de Port-au-Prince, afin de leur offrir un enseignement de qualité sans saturer les autres écoles de la région, surpeuplées et rencontrant tant de problèmes à tous les niveaux. Le fonds « tremblement de terre » nous a permis de couvrir quelques premiers frais de démarrage et les premiers salaires des enseignants, également sinistrés de Port-au-Prince.
 
Et bien entendu, de nombreux autres projets sont en court (comme des appuis à la reconstruction pour des personnes très pauvres d’un village voisin, dont les maisons se sont effondrées). Je te tiendrai au courant des différentes choses qui auront pu être réalisées.
 
A présent, pour réellement aider la communauté avec nos compétences propres, il nous faut absolument poursuivre notre projet de construction d’école, devenu encore plus nécessaire et urgent.
Pour plus d’informations, notre site internet :
www.revedepaix.org. http://www.revedepaix.org/ .
Pour nous soutenir à tout moment (même un petit quelque chose est le bienvenu) le CCP d’Eirene 23-5046-2 avec la mention « construction ENL », tous les fonds seront utilisés pour ce projet capital.
 
Merci encore et à tout bientôt pour des prochaines nouvelles !
 
Céline

 

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 08:40

 

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Dans le midi...
On donne la vie à toutes les lettres
Même au N dans
Peu-Neu !

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