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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 07:15

Voici, en direct d'Haïti, un extrait d'une lettre envoyée par Céline une amie d'Odette et Michel de la revue Filigranes, je pense qu'il n'y a pas de commentaires à faire, la lettre est suffisamment parlante... 

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"... les phénomènes psychosomatiques se font de plus en plus sentir autour de nous… Une de nos étudiantes a « perdu » tous ses cheveux sur l’arrière de sa tête : alors que ses cheveux arrivaient avant jusqu’à la nuque, ils ne mesurent actuellement plus que quelques millimètres, c’est assez touchant. Et ce n’est qu’un exemple parmi ceux que j’entends chaque jour…

 

Ce week-end, j’ai décidé de descendre à Port-au-Prince pour passer du temps avec mes amis de là-bas (et peut-être aussi pour arrêter de bouffer mon énergie à essayer d’imaginer « comment c’est » pour eux…). Comment vous résumer ce week-end fait de tant d’émotions, allant des plus belles et intenses aux pires, de tristesse, de découragement, d’incompréhension… ?

 

En effet, belles émotions de voir la manière dont les gens (et j’insiste : LES HAITIENS) se sont organisés pour s’entraider en dépit de tout, de voir comme chaque personne qui avait une cour disponible l’a transformée en petit centre d’hébergement avec les moyens du bord, de sentir de si belles ambiances de fraternité créées dans ces lieux… Émotions incroyables de jouer aux cartes avec les enfants, de discuter avec tout un chacun, de partager des idées, des rires, de l’humanité, de la tendresse… Au sein de cette misère, des moments de bonheur si simple, si intense, si vrai…

 

Mais émotions d’une autre nature en voyant qu’au bout d’un mois, rien n’a bougé pour des milliers de personnes : la nuit venue, ils déplient un drap qu’ils étendent au bord de la route et sur lequel ils se couchent avec leurs enfants, leurs bébés… D’autres se sont réunis sur des places et ont créé des petits « abris » constitués d’un drap accroché à quatre bouts de bois tenant en équilibre. AU BOUT D’UN MOIS… Et ils attendent… ils attendent « les dons », ils attendent qu’on leur donne la possibilité de faire quelque chose…

 

Émotions de voir cette ville transformée en « ville-cimetière », faite de ruines et de tas de roches… où la vie doit toutefois reprendre, et où elle a bel et bien repris pour ceux qui le peuvent, avec les moyens du bord (vendeurs de rue, marchands, chauffeurs de taxi et taptap…).

 

Dimanche soir, alors que je m’étais gentiment endormie à la belle étoile dans la cour de mon ami Djimy, qu’est-ce qui me réveille à 23h ? LA PLUIE… La première depuis le 12 janvier… Pour ma part, j’ai pu m’abriter sous une bâche, mais comment ne pas pleurer de désespoir quand on pense à tous les autres… En 5 minutes, leur drap a le temps d’être trempé, ainsi que le vêtement qu’ils portent (pour certains, le seul et unique, je vous jure, je l’ai vu de mes yeux)… et à 3h du matin, il fait froid, vraiment. Enfin, Horrible.

 

A partir de ce genre d’expériences, à partir de tout ce que j’ai pu voir et entendre, je me suis mise à réfléchir encore plus qu’avant (était-ce possible ????), et là, il devient difficile de ne pas juger…
… Ne pas juger les aides internationales qui amènent du riz américain en masse, alors qu’en Haïti, IL Y A DU RIZ. Pourquoi ne pas faire fonctionner le marché local, pour faire vivre les cultivateurs des provinces qui ont accueilli de nombreux réfugiés avec si peu de moyens ?
… Ne pas juger les soldats américains qui se tiennent en groupe, immobiles, près des centres de distribution avec leur mitraillette au bras et aucun sourire… Sommes-nous en guerre civile ? Les Haïtiens sont-ils des chiens ? Les gens sont mal, les gens ont PEUR, ils sont terrorisés et traumatisés, les gens ont faim… et on se met devant eux avec des mitraillettes.  
… Ne pas juger les ONG qui ont apparemment des milliers de tentes à disposition, mais qu’on NE VOIT PAS sur le terrain. Qui les utilisent, où sont-elles ? Comment va-t-on gérer les prochaines pluies ?
… Ne pas juger l’aide internationale en général quand on traverse des quartiers entiers qui dépérissent, sans abris, sans nourriture, où les besoins sont faits sur place… et qui attendent toujours une assistance, aussi petite soit-elle.

 

… Ne pas juger, car j’ai envie de croire que chacun fait son possible, et que moi-même, avec mes belles théories que j’ai développées au fil des jours sur l’aide, je ne fais pas mieux J … tout en faisant au mieux aussi.

 

Sinon, à un niveau plus personnel, pour ceux qui suivent mes aventures… On m’a volé mon vélo……………… Eeeeeeeeeeh oui ! Chez moi, pendant la nuit, dans ma cour dont la barrière était fermée !!! Vous imaginez mon désarroi… Ma bicyclette qui était bien plus qu’un moyen de transport dans ma réalité… Mais bon, je vais trouver une alternative (je commence à devenir championne pour inventer des alternatives diverses pour tout ce qui m’arrive !)… Pour l’instant, j’emprunte ceux de mes amis, puis j’achèterai J

 

Allez mes amis, je vous laisse sur un magnifique poème de mon ami Guscard et vous dis à bientôt !"

 

Céline

 __________            
 
          A tous mes amis qui sont partis

 
Puisque nous ne vivons plus ensemble,
Puisque la vie en a décidé autrement,
Puisque tout a changé,
Puisqu’aujourd’hui, vous me manquez plus que tout,
Puisque tout est fichu, et la vie continue malgré tout,
Puisque nous avons tout perdu,
Puisque ce qui nous reste demeure dans nos cœurs et dans nos pensées,
Puisque sans vous, nous sommes incomplets, indécis, déprimés, corps et âme pour le reste de notre vie,
Puisque nous sommes voués au malheur, au traumatisme, à la tristesse, au désespoir, à un cauchemar existentiel et continu,
Nous partageons nos pleurs et nos regrets qui restent intarissables à votre égard !
Que Dieu ait pitié de vos âmes !
 
Guscard, 20 janvier 2010

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10 février 2010 3 10 /02 /février /2010 07:41


Je voudrais revenir sur l'article d'hier car je me doute que certains le trouveront un peu court et réducteur. Le bonheur ? Expédié en si peu de mots !
Et bien à mon sens c'est le propre d'un texte sur un blog de n'être le plus souvent qu'une proposition. Il est bien connu que personne ne lit les articles trop longs sur un écran. Pour l'essai philosophique ou le roman, rien ne remplacera jamais et je trouve cela réconfortant, le livre papier que l'on peut emporter dans un sac, sa poche, que l'on peut ouvrir pour s'y perdre avec délectation dans le métro ou...
dans le pré !4022343401_8c9a34fdb9.jpg



                    Le bonheur
 


Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite.

Le bonheur est dans le pré, cours-y vite. Il va filer.

 

Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite.

Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer.

 

Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite,

dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer.

 

Sur les cornes du bélier, cours-y vite, cours-y vite,

sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer.

 

Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite,

sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer.

 

De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite,

de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer.

 

Saute par-dessus la haie, cours-y vite, cours-y vite,

saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il a filé!

 

Paul Fort




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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 07:54


2721368657_afabe53254.jpgHier soir comme tous les premiers lundis du mois de 18 h 30 à 20 h Café Philo au Vin Sobre (tout un programme déjà...) 56 rue Négresko à Marseille.
Thème de la soirée : Le bonheur (autre vaste programme)

D'abord l'étymologie du mot : bonheur = bonne fortune = équilibre corps/esprit
Et d'un premier tour de table, 30 personnes tout de même, ressort que le bonheur aurait un côté durable... alors que le plaisir serait éphémère.
Le bonheur est fatalement une sensation... une association entre plaisir et vertu... une expérience optimale de vie...
Et voici philosophes, grands penseurs et même chanteurs de tous les temps convoqués !

           Qui veut le bonheur doit le saisir tout de suite. (Laurent le Magnifique)
Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce en serait la salle d'attente (Jules Renard)
           Je suis le capitaine de mon  âme ( Nelson Mandela)
Le bonheur est un idéal trop vaste pour exister (Kant) 
             Le bonheur ? L'art d'être heureux, le devoir d'être heureux. ((Alain)
                                                  Et encore :
Gainsbourg : Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve...
Brassens :  Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard...

Ah le bonheur ! Pour moi autant de bonheurs que d'individus sur la terre.
Le bonheur ? Plutôt une somme de petits bonheurs à cueillir au jour le jour d'instant en instant. Le bonheur ! Ici et maintenant si je le décide...
Pour finir j'userai moi aussi d'une citation dont la définition me plaît bien, elle est de Saint-Augustin : le bonheur, c'est de continuer à désirer ce qu'on possède.

www.levinsobre.com

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 07:50


" Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.3890553708_abdf00a6b6.jpg

Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain."



Alfred de Musset


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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 08:54


Il y a des gâteaux sophistiqués tels éclairs au chocolat ou bavarois aux framboises et puis il y a "le cake".
Le cake régal des enfants qui mordent à l'heure du goûter ou du petit-déjeuner à belles dents dedans !
Régal aussi des grands...
La recette que je vous propose est des plus faciles. Les proportions sont pour DEUX cakes. En effet,  tant qu'à utiliser le four, autant mettre deux moules côte à côte ! On se retrouve ainsi avec deux gâteaux :  un premier à dévorer dans l'immédiateté... et un second qui prendra le chemin du congélateur.
Ressorti à l'heure qu'il plaira, ce deuxième gâteau sera tout aussi moelleux que le premier et tiendra également sans problème une semaine !

Cette recette est la recette de base.
A conjuguer ensuite 
dans sa version sucrée en ajoutant selon son humeur et ses goûts : fruits confits, raisins secs, cerneaux de noix, etc...
dans sa version salée en ajoutant lardons, dés de jambon, olives noires et vertes, champignons, etc...

recettes 007Cake familial

 

Ingrédients  pour 2 cakes :

 

300 gr de sucre

500 gr de farine

3 verres de lait (verres à moutarde)

2 verres d’huile

5 oeufs

2 sachets de levure

 

Dans un grand saladier, déposez la farine tamisée avec la levure, faites une fontaine.

Dans un autre battez les oeufs avec le sucre et une pincée de sel. Lorsque le mélange est bien liquide, ajoutez alternativement l’huile et le lait. Versez lentement le mélange dans la farine en délayant au fur et à mesure. Mélangez sans faire de grumeaux, au besoin utilisez un batteur électrique.

 

Beurrez 2 moules à cake ou à manqué, sinon au lieu de beurre, garnissez le fond des moules de papier sulférisé. Remplissez aux trois quarts avec la préparation. Mettez à four moyen (180°) chauffé 10 minutes avant. Attendez 20 minutes pour surveiller au besoin la cuisson en ouvrant le four ; faites cuire 50 minutes.

Ces cakes très faciles à faire se conserve frais plus de 8 jours.

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 06:48


C'est la pause de dimanche midi vue par Nicole, ce qui s'est passé aux Espillières entre 12 h 30 et 14 h en plein milieu du séminaire de Filigranes.
C'est un regard, un arrêt sur images :

- "Effervescence provoquée par la corporalité parlante des 21 personnes présentes.

Certains mettent la table, servent le vin, partagent les quiches, s'ébrouent pour réveiller les articulations...d'autres se retrouvent et partagent. Odette veille sur chacun pour qu'il ait sa place, son espace, son assiette.

- ....moment du dessert... fromages puis gâteaux. La fébrilité du début se détend, un doux farniente semblerait s'installer. L'espace s'élargit : petites escapades vers la table où sont  proposés les livres de "la bibliothèque éphémère" : livres en relation avec la thématique du prochain numéro de la revue, soit Tapis de mémoire, apportés pour ce jour par chacun. Et chacun  feuillette, découvre, prend des notes...

- Stop ! Odette et Michel sonnent le rappel pour nous sortir de notre ambiance farniente ! !

" Les enfants, il y a encore du boulot qui nous attend ! "2796529427_1b99ee10af.jpg

Porte ouverte sur le dehors... ciel bleu, pins rutilants de lumière". 4324840828_fe934064a0.jpg

 














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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 07:14

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 08:01


4229605496_f991c07fa6.jpgFaut-il tout dire, relater, écrire ?
Tout est-il dicible et dicible tout de suite ?
Ne doit-on pas garder certains moments de notre histoire secrets ?
Dans certains cas sera t-il même jamais possible de narrer ce qui est tapi dans l'ombre ?
Est-il nécessaire d'écrire dans l'immédiateté d'un évènement dramatique ?
Traduire le traumatisme, la honte en pensant que peut-être certains ne vous croiront pas...
Questions posées lors du séminaire Filigranes de dimanche.
Evidemment cela nécessiterait un vrai débat philosophique.
Je crois personnellement qu'il est nécessaire de laisser à certains souvenirs le temps de décanter. Écrire ? Peut-être, après "un passage de témoin" soit l'espace d'une génération.
Je peux seulement dire qu'il y a eu à Marseille un fait de cette sorte Dimanche 24 janvier 1943  dont mes parents et d'une manière plus générale les marseillais ayant assisté à l'évènement ont mis des années à pouvoir parler.


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 08:27


Autre texte écrit ce dimanche lors du séminaire de Filigranes à partir de "Tapi dans l'ombre" :


3972139465_b2864e5e6e.jpgTapie dans l'ombre des grands plis du rideau, à l'abri du soleil, à l'oubli de sa vie elle écoute les bruits familiers de la maison. L'ombre est-elle protectrice ?
Tapie derrière les lourdes tentures, elle est entrée dans une parenthèse. Avant n'existe plus, après n'a pas eu lieu.
Tapie dans l'ombre, en retrait des taches quotidiennes, elle expérimente le présent. En même temps, tel un chasseur à l'affût, elle sait bien que tôt ou tard il lui faudra bouger, qu'il faudra retourner dans la réalité.
Dans la lumière où les poussières virevoltent, dans l'action où les choses se font et se défont.
L'ombre est-elle propice à l'oubli ? Pas si vite, cela dépend.
Aujourd'hui oui sûrement derrière les vieux rideaux fanés.
Parce que... parfois... subrepticement, le temps nous offre une pause.
Voici venu cet entre-deux, cet entrechat, cet entre chiens et loups où sa mémoire est restée de l'autre côté des rideaux plissés. De l'autre côté où les souvenirs s'agrippent, où la vicieuse peur rode............


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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 07:31


Ce dimanche avait lieu à Aubagne un séminaire de la revue Filigranes ( Nouveau look pour le site de Filigranes ). Ce n'est pas la première fois que je vous parle de la revue et ce n'est certes pas la dernière.
Fili est une route que je suis, une recherche collective, un "créer ensemble" à explorer des pistes...
Hier nous avons planché sur la thématique du prochain numéro de la revue : Tapis de la mémoire.
Puis, à un moment donné, il s'agissait d'écrire un texte dans un laps de temps limité... suite à une sorte de jeu (je vous passe les détails) où je me suis retrouvée avec les mots :
libération - village - passage des américains - mort - adultes - en soi - la barrière - fantasme - au fond.
Voici le résultat  !

Cette barrière au fond du jardin délimitait un espace où il était interdit aux enfants d'aller. Mais de mémoire Sidonie n'avait jamais vu non plus d'adultes s'y promener. La barrière était disjointe et le portillon rouillé qui la trouait ne fermait plus depuis longtemps si même il avait pu remplir la fonction un jour.
Sidonie ne put s'empêcher de songer qu'il faudrait tout de même essayer de savoir pourquoi tant de mystère autour de ce périmètre, en passant devant3901150882_3af5b8f988.jpg la barrière de bois qui allait de guingois.
Une pensée fugitive comme ce nuage vaporeux dans le ciel clair du printemps. Elle pressa son pas ver le village.
Arrivée sur la Grand'Place, elle remarqua comme quelque chose d'anormal, l'air vibrait d'une agitation inaccoutumée. Trop de monde ! Beaucoup plus de gens que d'habitude à la terrasse de "Chez Dédé", le café fédérateur de la place. Mais encore d'autres debout à palabrer avec de grands gestes devant la boulangerie ; mais surtout, surtout un petit attroupement devant la mairie.
Sidonie reconnut Monsieur son cousin de maire qui dépassait le groupe d'une bonne tête. Elle s'approchait quand cette pipelette de Marie, la femme de Raymond l'électricien lui tomba dessus.
- C'est des américains, cria celle-ci à l'adresse de Sidonie en désignant le rassemblement d'un signe de tête.
- Des américains... de la guerre, ajouta-telle !
Sidonie soupira, s'excusa auprès de Marie, dit qu'elle devait voir son cousin pour une raison importante, ce qui était faux et rejoignit la dizaine de personnes entourant le maire.
Celui-ci lui sourit :
- Sidonie, c'est une histoire incroyable ! Et désignant autour de lui trois des hommes aux cheveux blancs vêtus de chemises bariolées, ces types sont américains, ils ont fait partie du bataillon qui a libéré notre village...

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