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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 06:57


Une aventure alphabétique

 

C’était un très beau livre, je l’ai pris dans mes mains :

« L’aventure des écritures »

Naissances

Bibliothèque Nationale de France

 

Je n’avais pas trop de temps, je l’ai feuilleté… Il m’a renvoyé vers Baptiste qui, en cette rentrée, apprend à écrire.

D’une main malhabile il dessine sur la feuille de papier :

         a         e         i         o         u

puis il s’agit d’apprendre les syllabes :

         pa         ba         la         lo         lu

Les lettres m’interpellent et à travers l’écriture de l’enfant je redécouvre combien ce sens transcrit est précieux. Quasi miraculeux.

Savoir lire, savoir écrire, pour pouvoir dire, communiquer, transmettre.

Des lettres, des mots pour la connaissance. Je réalise quelle chance c’est.

Sans les signes magiques, ce serait un peu comme si j’évoluais dans un monde obscur, un univers sans lumière pour me guider dans l’humanité.

Comment ces lettres sont-elles parvenues jusqu’à moi ? Par quels arides chemins se sont-elles faufilées ?

Par exemple le Z, dernière lettre de l’alphabet. Quel parcours aventureux, que de risques encourus pour parvenir jusqu’à nous ! D’ailleurs, il est arrivé bon dernier ! Mais enfin, il est là ! Ouf ! Est-ce que nous réalisons ceci ? Comment ferions-nous sans lui ?

Sans lui, point de héros romantique au masque noir. Et comment nommerait-on ces endroits où l’on peut regarder des animaux sauvages sans la crainte de se faire manger par une lionne affamée ?

A présent, prenons une gentille petite virgule. Comment écririons-nous sans virgule ? Oui, je sais, je ne dirai pas de nom, d’aucuns s’y sont essayés, de se passer de ponctuation. Tout de même, une virgule, c’est pratique, ça permet de res-pi-rer.

Maintenant, ces signes sur le papier, ce sont les miens, lisibles par moi et ceux qui m’entourent.

Qu’un jour de grand mistral à faire rouler toutes les poubelles du boulevard Périer d’en haut jusqu’en bas, un de mes si précieux textes s’envole jusqu’en… Mongolie Extérieure ; qu’adviendra-t-il ?

Le mongol ayant aperçu ma feuille vagabonde perdue au milieu de l’aride steppe, descendra de son cheval, ira la ramasser et n’y comprendra goutte.

Mais comme notre homme a une âme sensible, le goût de l’ordre, le sens du hasard sacré, il emportera le papier, remontera sur son cheval et filera au grand galop vers la yourte familiale.

Là, ma feuille voyageuse passera de main en main, avant que la grand-mère de la tribu ne se lève en hochant la tête, puis après l’avoir délicatement roulée telle un parchemin sacré et l’avoir attachée d’un ruban violet, aille l’archiver entre deux morceaux de tissus chatoyants.


 

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 06:54


Aujourd'hui...
Je pourrais vous parler du 9 novembre 2009 : célébration des 20 ans de la chute du mur de Berlin
Je pourrais vous parler du 9 novembre 1989 : le jour où le mur de Berlin est tombé
Je pourrais vous parler du 9 novembre 1938 : l'horrible nuit de cristal
Je pourrais faire des parallèles, parler d'une revanche de l'Histoire, disserter sur le communisme, le socialisme, le capitalisme.
Mais pour un mur tombé, combien d'autres qui se sont élevés ?
Des murs matériels entre le Mexique et les Etats-Unis, entre Israël et la Palestine, etc...
Mais aussi des murs plus immatériels n'en existant pas moins entre les nantis et les délaissés de la société de consommation, entre ceux qui ont accès aux études et ceux perdus en cours de route...
Alors je préfère aujourd'hui, symbole d'amour tendre,
Seulement vous tendre la photo suivante,
En souhaitant que les humains arrivent un jour à s'entendre aussi heureusement que ces deux oiseaux.

un-dimanche---Carnoux-010.jpg

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Published by Philomène - dans Billet d'humeur
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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 08:01



Le dimanche matin, il y en a ceux qui vont faire leur jogging, celles qui plongent avec délice dans une piscine pour un maximum de longueur de bassin, ceux et celles qui enfourchent un vélo, celle qui prépare un pantagruélique repas dominical et celui qui  préfère rester sous la couette jusqu’à midi… Ces deux derniers rôles étant interchangeables…

Mais il existe aussi, sur cette terre, d’honorables personnes qui ont choisi de passer un dimanche matin à traquer la virgule fugueuse, les points de suspension ayant perdu un des leurs, l’accent qui s’est inversé…

Oui, il reste encore dans cet univers quelques femmes et quelques hommes qui croient en la beauté d’une parfaite écriture ou du moins d’essayer de s’en approcher.

Donc, avant la parution d’un exemplaire de la revue Filigranes, ces doux rêveurs se retrouvent chez Odette et Michel Neumayer, directeurs de la revue, pour les dernières vérifications des textes sélectionnés lors d’un précédent séminaire.

A ce propos je rappelle que les séminaires sont ouverts à tous, gratuits et se tiennent à Aubagne 3 fois par an.

Je fais partie de ces doux rêveurs.

Je pense fermement que l’orthographe, la grammaire, la ponctuation, les figures de style qui rythment notre langue française enrichissent non seulement l’écrit, mais nous profitent également car c’est à partir de ce travail-là que notre pensée tout entière va devenir opulente.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:09



Découvrez La Méditerranée de Jean Cocteau exposée à Marseille sur Culturebox !

« La Méditerranée ne se contente pas d'être un spectacle. Il est probable que son sel et que son iode contiennent autre chose de fort mystérieux, puisque toutes les côtes qu'elle baigne forment une sorte de patrie et que les peuples qui habitent cette patrie composent une famille qui, même lorsque les apparences et le mur des langues le démentent, groupent une sorte de race, et je le répète, de famille. »

  
                                                                                                                 Jean Cocteau



Exposition « Jean Cocteau et la Méditerranée »
du 1er octobre 2009 au 24 janvier 2010
Au Palais des Arts - Place Carli - Cours Julien, Marseille


Le Palais des Arts est ouvert tous les jours de 10h à 18h.

                                                                              
                                              

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 06:47


Hier soir réunion d'information à la mairie de Bagatelle  sur le thème :
Marseille capitale européenne de la culture en 2013.

"2013 est une responsabilité collective, un défi exceptionnel et une perspective de succès durable pour notre ville et notre région" était-il noté sur la lettre nous conviant à la réunion (signée du Maire de secteur Dominique Tian et de son adjoint à la culture Gérard Detaille).

Savez-vous quoi ? Déjà 600 projets ont été déposés... sur le site officiel :
www.marseille-provence2013.fr
Date limite de dépot des dossiers : fin 2010.
Cela nous laisse à tous le temps de cogiter, fignoler, peaufiner une idée de plus, une belle, qui pourrait se concrétiser... qui sait ?

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 18:55

Les aficionados de ce blog noteront tout de suite une petite différence, le texte libre qui se trouvait dans la colonne de droite → a été remplacé par : pourquoi un blog ?
Cependant, comme certains m'ont dit qu'ils aimaient bien ce récit de falaises et de jazz et moi-même y tenant tout de même un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ! Non pas, pas du tout, bon ce texte me plaît assez quoi ! Donc pas de disparition définitive, le revoici là ↓ . En prime le revoilà... en entier ! 


         Les falaises du Trayas


Ah, parlons-en de ce que papa appelait sa maison de campagne !
Nous n’avions jamais compris qu’avec un gendre architecte, l’auteur de nos jours se soit obstiné à faire construire par un simple maçon une bâtisse banale et sans grâce au début d’un lotissement, au pied d’un village sans caractère et avec une vue imprenable sur les fumées des usines de Gardanne !

Père généreux au sale caractère ! Quand il avait une idée en tête, il n’écoutait plus ni sa femme ni ses rejetons. On avait eu beau se récrier contre son projet, la construction s’était faite. Il estimait qu’il avait fait une affaire… raison primordiale… Voire…

Mais peut-être y avait-il une cause plus profonde au rejet commun à ses trois enfants de cette demeure sans âme.

 

Le refus avait le goût du glorieux temps béni des vacances de notre enfance et portait un nom : Antibes.  

Etés d’Antibes au temps du jazz de Sydney Béchet.

Au demeurant, la résistance avait des bases solides : les souvenirs des pèlerinages estivaux où, avec insouciance, nous remettions nos pas dans les pas du jeune garçon qu’avait été notre géniteur.

Oh ces images des vieux films usés montrant les villas louées au-dessus de la plage de la Salis, pile en dessous du phare de la Garoupe. Nostalgie.

Et ces clichés fanés d’une certaine rue de Cannes : LA rue du commandant André, où les grands parents avaient ouvert leur premier magasin, en arrivant de Turquie… Mélancolie.

L’aversion se nourrissait aussi d’odeurs.

Effluves chaudes de la pissaladière de la boulangerie de Vallauris, la boulangère étant la sœur de lait de papa.

Mais encore, fragrances enivrantes, parfum entêtant du jasmin de Grasse. Histoire mille fois racontée des fleurs fraîchement cueillies aux aurores par les petites mains de mon père et de sa sœur, avant qu’ils n’aillent les vendre quelques sous aux distilleries du village.

Enfin la contestation était écarlate.

La rébellion avait une couleur,  celle  des falaises rouges du Trayas d’où il fallait plonger comme notre père avait plongé en compagnie de ses cousins, quand il avait douze ans.
Imprégnation.

 

(Texte paru dans le N° 58 de Filigranes "Du rouge dans le paysage"

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 17:36



Ce matin, la panne ! Plus de ligne téléphonique, plus de connection internet, plus d'écran, plus de messages, plus de blog, plus écrire !
Horreur !
Alors quoi ?
Panique ! 
Puis... bien obligé de constater mon addiction.
Grave !
Tout à coup je me rends compte à quel point toutes ces choses ont pris de la place dans ma vie...

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 19:15


« Prenez un mot, prenez-en deux. Faites cuire comme des œufs, prenez un petit bout de sens, puis un grand morceau d’innocence, faites chauffer à petit feu au petit feu de la technique, versez la sauce énigmatique, saupoudrez de quelques étoiles, poivrez et puis mettez les voiles. Où voulez-vous donc en venir ? A écrire vraiment ? à écrire ? »

                                                                   Jean-Michel Caradec


 

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 07:38


Le jour de la Toussaint, il y avait ceux et celles qui allaient dans les cimetières
déposer leurs pots de fleurs sur les tombes et se recueillir
accompagnés de leurs souvenirs
et puis...


Il y avait ceux et celles qui barbotaient à la plage des Catalans.
Mais l'un n'empêchait pas l'autre...

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 15:06


                                                      Deux = Un

   

Temps d’automne, feuilles qui tombent… les us et coutumes de la saison et de la commémoration exigeraient qu’ils arborent visage triste, humeur morose et âme en peine. Mais aussi loin que leurs souvenirs remontent, ce 1er novembre rassemblant sous un ciel souvent gris le frère et les sœurs sur le sentier malaisé, n’a jamais été pour eux synonyme de chagrin. Leurs pots de chrysanthèmes dans les bras, c’est plutôt un sentiment fraternel d’unité et de paix dont ils sont imprégnés, dés qu’ils s’immobilisent devant la première tombe du premier cimetière, celui des étoiles.

Etoile inavouée ?

Alignés devant l’austère dalle de marbre noir ils ne parlent pas, attentifs à la mélopée du gardien psalmodiant la prière. Puis, après avoir déposé leurs fleurs et comme le veut la tradition une pierre ramenée de ci, trouvée de là, sur le marbre lisse et froid, ils redescendent le sentier caillouteux recouvert d’aiguilles de pin et de noix de cyprès. Et les voilà devant la petite porte.

 
Une si banale petite porte de ferraille verdâtre.

Ouverte le jour, fermée la nuit.

Passage étroit reliant deux mondes, deux cimetières, deux religions. Mais cette traversée là, sans frontière, est leur histoire, leur héritage, leur fortune, le trésor secret enfoui au fond de leur cœur. Franchir la porte comme un rituel sacré renouvelé chaque année 

 

Le deuxième cimetière est celui des croix.

Croix affichée ?

Ils ont passé la porte et par une étonnante alchimie, l’air est devenu comme plus léger. Ils n’ont pourtant fait que quelques pas, ils sont pourtant toujours dans la même ville, mais leurs cœurs sont moins lourds et leurs langues se délient. Ils parlent de tout et de rien et c’est un rien aérien. Les voici arrivés dans l’allée des Vernis du Japon, parce que dans ce cimetière-ci, les allées ont des noms. Devant le deuxième tombeau qui se donne des airs de petite chapelle, les vieux enfants posent leur deuxième pot de chrysanthèmes et comme tous les ans s’essaient à déchiffrer leurs racines, les noms dédorés par le temps apposés sur un des côtés de l’oratoire familial.     

  

Ne reste plus qu’à refaire le chemin en sens inverse. Ils marchent et leurs pas résonnant si clairs sur les pavés disjoints révèlent leur vérité. Il n’y a rien à nier, rien à rejeter. C’est une évidence qui atteste. Oui, c’est possible d’avoir une double appartenance. Il est si simple de tout garder et tellement, tellement prodigieux de choisir de ne pas choisir.


(Texte paru dans le N°67 de Filigranes "Intime vs Extime)

 

 

 

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