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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 18:44


Il y en a, je crois, qui vont peut-être compatir sur mon triste sort en regardant ce qui suit ! C'est-à-dire l'endroit où je m'oblige - vraiment - à aller tous les matins ou en fin d'après-midi depuis que je suis rentrée de vacances trop courtes !
Je suis d'accord avec vous c'est pas juste d'habiter une ville pareille ! Car quelle autre ville au monde peut vous offrir ça, pas une longue plage de sable bling-bling comme celle de Pampelone à St. Tropez, ni une plage de galets rappelant La Baie des Anges de Nice, encore moins la plage aux matelas et parasols so chicos sous l'oeil des palaces super étoilés de Cannes.
Non, dans ma cité, à deux enjambées du centre ville, d'ailleurs, c'est encore la ville : le huitième arrondissement de Marseille, se trouvent des petites anses où l'on se parle avec l'accent et où on étale sa serviette à bonne franquette devant des cabanons sans prétention !
Vous me suivez ?







En ce moment l'eau est à 26 ° mummmmm !
On s'y jette ?













Là où... là ?





         A moins que vous ne préfériez attendre la fin de la journée


Bain-des-dames-005.jpg

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 16:07


"Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer."

Alors ? Le saviez-vous, avez-vous fait travaillé vos petites cellules grises ou êtes-vous parti cueillir la réponse sur Google ou dans votre dico de citations...
Ben, si vous n'aviez rien fait de tout ça et attendu gentiment la réponse :
the winner is... ce bon vieil :
" ARISTOTE " !

Voilà donc une phrase qui a traversé les âges et que nous devons à ce cher disciple de Platon et précepteur d'Alexandre (Le Grand).

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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 09:43


C'était une banale conversation entre amis, bla-bla, blablabla, autour de la mer. Oui, d'accord, ça n'a rien d'un scoop, les chasseurs parlent de gibier, les pêcheurs de poissons, les amateurs de foot de ballon...
Les copains qui vont sur l'eau salée parlent donc logiquement de... leur voilier, de trop de vent, de pas de vent, des mouillages de l'été... et puis quelqu'un a lancé cette phrase :

"Il y a trois sortes d'hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer."

-
Ah Victor Hugo ! soupire un des amis...
- Tiens, je croyais que c'était une phrase de Kersauson, rétorque un autre.
- Ben, vous y êtes pas du tout, rigole
le troisième, c'est d'Hemingway !

Je me mords les lèvres, je sais, je sais mais je les laisse chercher.
Vrai, c'est le genre de phrases qu'on connaît par coeur mais dont on oublie l'auteur !

Et vous, le savez-vous ?
Réponse...                     demain.
Mais s'il-vous-plaît, essayer de trouver sans tricher...

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 12:28

Pour un soupçon de poésie dans ce monde de brutes !

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 16:57


Ce vendredi fugue à Salernes !
En fait j'ai rendez-vous avec Frédérique, la libraire des "Les Mains Libres", 7 rue Victor Hugo à Salernes.
http://www.les-mains-libres.varnews.fr

Déjà il faut rendre hommage à Frédérique et Stéphanie qui ont eu le courage et l'audace par les temps qui courent, de se lancer dans cette aventure il y a un an : ouvrir une librairie dans un village du Haut-Var.
Dans leur boutique on peut découvrir et acheter des livres pour grands et petits, des jeux pour enfants mais aussi déguster thés, cafés, glaces et pâtisseries artisanales.
D'autre part la librairie organise des animations... d'où ma visite dans la perspective d'une future dédicace des Contes de la Méditerranée et Du Quotidien à voix haute.
Frédérique est une jeune-femme aux splendides yeux clairs tout à fait charmante et si les Dieux sont avec nous, une dédicace-lecture-slam-poésie aura bien lieu en octobre.

Avec l'Homme de ma vie, nous voici donc à Salernes. Il est midi moins dix, nous avons vu la libraire, il est temps de chercher un endroit sympa pour se nourrir.
Au bout du Cours principal du vieux village provençal, devant une fontaine rafraîchissante, trois restaurants se serrent les uns contre les autres.
Le premier est une saladerie-crêperie,
celui qui suit propose des plats qui laissent deviner une cuisine artisanale et authentique,
le troisième fait dans le classique.
Nous optons pour le second.
Il est donc midi moins dix, l'heure est d'importance ! Nous nous asseyons à une table sous une tonnelle ombragée mais il n'y a encore personne à la terrasse ; personne non plus pour nous accueillir.
J'entre à l'intérieur pour demander si nous pouvons rester car un doute m'assaille devant l'inactivité du bistrot.
Une nana me dit alors :
- Ah, c'est que nous ne commencerons à servir qu'à midi et quart - midi et demi... vous comprenez, le chef s'est couché à cinq heures du matin et il s'est levé à huit pour aller choisir ses légumes à Draguignan et cueillir ses salades...
- Oui, je comprends. Mais nous ne sommes pas pressés, nous pouvons peut-être rester assis là et attendre.
- Non, nous ne pourrons pas vous servir avant... allez vous installer à la terrasse d'un café en attendant !!!

Mon époux se lève alors et déclare :
- Et bien d'accord, on va aller ailleurs puisque vous ne voulez pas travailler !
Le chef sort à ce moment là et répond agressivement :
- Je ne peux pas vous entendre dire ça !
Tandis que moi, qui me refuse bêtement à voir un problème, je continue :
- Excusez-moi mais vraiment j'ai du mal à comprendre pourquoi nous ne pouvons pas rester là ; j'ai été commerçante, pour moi le client est roi !

Hé oui ! C'est vrai j'ai été commerçante, fille de commercant et de mon temps (Seigneur ! J'ai l'impression d'être mon père...) on se mettait en quatre pour servir un client ! Sans horaire...
Qu'est-ce qu'il croit celui-là, qu'il est le seul à s'être coucher à cinq heures du mat et levé à huit ? Qu'il est le seul à travailler dans des conditions difficiles ? Il veut que je lui raconte ma vie ? Et mon mari aussi ?
Mais personne ne l'a obligé à être restaurateur !
Bruno, fils d'un de nos amis exerce ce... dur métier (qui rapporte d'autres compensations...) à Cassis. Une existence de ouf ! dit-il, mais jamais il ne mettrait des clients à la porte !

- Et bien c'est pas vrai, le client est pas roi, me répond le cuisinier qui recommence à nous expliquer qu'il s'est couché... qu'il s'est levé... qu'il est pas prêt...
Ma foi, s'il ne veut pas servir de clients avant midi et demi, pourquoi ne pas mettre une pancarte :

                        ICI ON NE SERT PAS AVANT 12 H 30,
   VOUS ÊTES PRIES DE DEGAGER AVANT CETTE HEURE !


Nous sommes allés nous asseoir au restaurant d'à côté où nous n'avons pas savouré de salade-du-jardin, mais où nous avons été très bien accueillis par une dame souriante et serviable et où déjà des clients étaient en train de manger... (tout comme à la crêperie d'ailleurs).

Alors franchement que pensez-vous de l'anecdote ?
Comment deviner que le chef du restau que vous avez élu pour votre déjeuner mène une vie d'enfer ! Se mettre à sa place a-t-il dit... et à la place des clients ?
Que sait-il de ce couple qui se présente dans son établissement ?
Réellement pourquoi interdire de s'asseoir à une de ses tables et patienter, ce qui aurait par exemple permis à la serveuse de proposer un apéro... chose que nous aurions eu du mal à refuser, même si ce n'était pas notre intention d'en prendre un !

Conclusion :
Si vous passez par Salernes, précipitez-vous chez "Les Mains Libres"et faites provision de bouquins. Il faut encourager les filles qui prennent des risques mais n'allez surtout pas faire halte chez le chef si déplaisant de l'Oustao !

Entre nous, croyez-vous que cueillir ses salades rend nerveux ?

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Published by Philomène - dans Billet d'humeur
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 18:16



Rien de bon n'est jamais sorti des reflets de l'esprit se mirant en lui-même. Ce n'est que depuis que l'on s'efforce de se renseigner sur tous les phénomènes de l'esprit en prenant le corps pour fil conducteur, que l'on commence à progresser.

( Ainsi parlait Zarathoustra- Notes et aphorismes - Nietzsche)

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Published by Philomène - dans Citations
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 06:54


Pourquoi  écrire pour les enfants ?

Pour ceci aussi... 

 

« Il était une fois …»

 

-          Ecris-moi un conte, a dit Claire.

-          Un conte ?

-          Hum, hum, un conte pour enfants.

 

Quelques heures ont passé, quelques mois, quelques temps…

arrive une douce après midi de printemps où petits zenfants

s’installent tranquillement,

sur les coussins colorés d’une salle de bibliothèque.

 

Echange de risettes.

Moi, … j’échangerai bien mon trac contre la place sur le pouf rouge, là, juste en face de moi.

« Il était une fois …»

 

Quelques mots, une phrase, un paragraphe, une histoire.

« Il était une fois …»

 

Des lettres, des syllabes, des mots et des mots etdesmots édémo.

Mots frivoles qui s’envolent, mots sages au beau plumage, rigolos au gros dos, savants et partisans, banals ou fatals, mots austères au mauvais caractère, mots rigides, solides et  intrépides, mots tout mou qui s’ébrouent en faisant la moue, mots courts, mots longs, mots ronds, mots bonjour de toujours et d’amour.

 

Etre, noblement, la Magicienne d’un jour.

"Qui veut entrer dans le monde imaginaire du petit voilier rêveur, du poulpe solitaire, de la nasse rebelle et d’une jolie sardine fatiguée de nager ? "

 

La petite-fille du premier rang reste la bouche ouverte,

la gamine voisine ne me quitte pas des yeux !

Le blondinet du troisième rang s’est endormi,

le petit brun assis tout au fond tortille sa casquette l’air absent !

Une fillette rousse feuillette un livre d’images,

un grand dadais à l’air sérieux écoute avec attention.

« Il était une fois …»

 

Etre, une Voix.

Raconter humblement, chuchoter en douceur, tempêter pour de vrai, soupirer pour de faux, gémir pour rire, rire en pleurant, sourires.

Oublier qui on est, où on est, vibrer à l’unisson.

Et rond et rond petit patapon.


Etre, et faire naître.

Quelques mots, quelques gestes, une histoire, une illusion, des personnages, un mirage.

 

 … Mais l’histoire est finie.

- C’est fini, les enfants. 

 

Les zenfants se sont levés, se sont étirés, ont remis leurs casquettes sur leurs petites têtes, ont dit merci, les petits zenfants sont partis.


(Paru dans le N°60 "Le don du texte" de Filigranes)


 

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 17:31

Sous les grands pins, sous le ciel bleu,
Je lis un message... qui ne m'était pas adressé.
Le coeur heureux, l'esprit en paix
Sur l'escalier de pierres grises
Dans le vent du soir                  je lis
Une feuille de papier dépliée.
Dans les derniers rayons du soleil déclinant
Le son de cloche de l'église proche,
Le chant des cigales                je lis
Dans l'instant du temps qui passe et l'air qui se fait amical.

Au-dessus de l'escalier il y a des tags colorés
Mais ce sont les lettres noires sur le papier qui ne m'était pas adressé qui m'apostrophent et me ramènent à celle qui les a écrit.
Et l'écrit est signé d'un prénom féminin.
Pour quel destinataire ?
Après tout... quelle importance !

Être en errance. Est-ce une chance ?
Je lis                                          je lis
Hasard de la vie
Et s'envole le gris
Sur les marches de pierre.

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Published by Philomène - dans De bric en vrac
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 06:59


A une dame qui me demandait hier pourquoi j'avais écrit des contes pour enfants j'ai répondu en me souvenant de ce qui suit :


"Le prix Nobel de litérature Isaac Bashevis Singer disait qu'il voyait « au moins 500 raisons » pour lesquelles il avait accepté d'écrire pour les enfants. Il en mentionnait dix, parmi lesquelles :
1. « Les enfants lisent des livres, pas des critiques. »
2. « Quand une histoire les ennuie, ils baillent ouvertement, sans honte ni crainte des autorités. »
3. « Ils aiment les histoires, pas les commentaires, les index ou les notes en bas de page. »
4. « Ils croient encore en Dieu, la famille, les anges, les sorcières, les lutins, la logique, la clarté, la ponctuation et des tas d'autres choses périmées. »
Conclusion : sous peine d'être jeté aux orties, un bon livre pour enfant requiert clarté, concision, sens du récit, de l'image, du suspense - et ce dès les premières lignes.
Le contraire d'un exercice mineur...

(Article de Fl. N. - Le Monde 26/11/2004)


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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 17:54

Les couloirs d'un hôpital, une adorable petite-fille en robe blanche de dentelle sous un panama, un garçon et sa voiture en panne, un verre de rosé bien frais, des rondelles de poivron marseillais, un peu de hummous, des espagnols en déroute à la recherche d'un sommier et un mail de Nicole sur la maladie d'Alzheimer. Quelle journée !
Les paroles de Colette Roumanoff, ci-dessous, peuvent se transposer et nous concernent tous. 

VIVRE HEUREUX AVEC ALZHEIMER ?

   

Hôpital Bretonneau, jeudi 4 mai 2009


Ce texte a été retranscrit à partir d'une Vidéo ...Il  a été conservé le ton spontané et animé des intervenants qui partagent, avec l'auditoire, leur expérience vécues dans le quotidien.

Sur l’initiative du Docteur Brunat, avec Daniel et Colette Roumanoff

- Docteur Brunat :

"Merci de venir bousculer nos convictions quelquefois savantes mais quelquefois"……….. 

 - Daniel Roumanoff :

"Ce que je ressens, c’est une sorte d’ouverture et dans cette ouverture, il y a les informations qui viennent, donc j’accepte ces informations qui viennent… et ça, quels que soient les gens que l’on rencontre c’est une ouverture corporelle. Ce n’est pas que l’on s’attache, ça vient tout seul, on ne cherche pas, c’est simplement une manière de…comment dire…de s’abandonner, de se relâcher et faire venir la réponse. Et quand je suis cette réponse, je me porte bien. Quand la maladie a été diagnostiquée, on m’avait dit, on avait dit à ma femme : « On ne peut plus le laisser aller tout seul dans la rue, parce qu’il ne va pas retrouver son chemin… »
C’était une position rassurante pour protéger le malade qui risque d’être perdu. Mais en utilisant ce ressenti corporel que je sens lorsque je marche dans la rue quand je dois aller faire des courses, cela me guide et cela me permet de retrouver le chemin… le chemin de l’endroit où je veux aller… C’est un fait que quand je fais les courses, je sens la qualité des produits qui me sont proposés dans les marchés ; à savoir que quand je fais les courses pour ma femme, je choisis les produits qui généralement sont très bons. Comme si j’avais une sorte de perception directe de la qualité des produits…

Moi, le sentiment que j’ai, c’est que c’est à la portée de tout le monde.

C’est à dire qu’il faut d’abord accepter la chose et puis laisser la chose se produire…. ça vient tout seul.
- Colette Roumanoff :

« il faut aller chez le cordonnier…

- il me dit : Quel cordonnier ?

- rue de la Terrasse

- Quelle rue de la Terrasse ?

A ce moment là, je lui dis : oui, tu sais, à côté de cette dame qui aime beaucoup le théâtre et tu lui as déjà donné une invitation.

- Ah oui ! Je vois. 

- Colette :

Il va chez le cordonnier sans se tromper mais ce n’est pas parce que c’est la rue de la terrasse, c’est autre chose. Pour moi, c’est très important de distinguer dans la maladie, la mémoire, l’intelligence et la sensibilité, ce sont trois domaines différents ; la maladie, ça ne touche pas l’intelligence ni la sensibilité. Au contraire la sensibilité se développe.


ÊTRE DE BONNE HUMEUR

 

 : Je pense que c’est toujours un peu les relations qui font les repères, plus que la rue. Le côté de la relation, le côté de la personne. C’est la confiance en soi… c’est très important. Parce que quand Daniel dit qu’il s’ouvre pour avoir ce ressenti corporel, ce qui est certain c’est qu’il a confiance dans son ressenti…
A un moment donné, je lui disais : … La chose qui me paraît la plus essentielle, c’est que dès le début de cette maladie j’ai attaché une grande importance au ressenti corporel. En fait, c’est une chose qui d’après moi, d’après ce que j’ai pu voir, est assez peu connue ou acceptée ou utilisée… et pour moi, c’est devenu la chose la plus importante. On est face à quelqu’un, face à une personne, face à une communauté de gens et on a des sensations qui se développent, qui apparaissent, dans lesquelles on se sent à l’aise ou non avec cette personne ou pas.
C’est aussi, par exemple, la sensation corporelle que l’on peut avoir vis à vis d’un médecin : « Est-ce qu’on lui fait confiance ou pas… est-ce qu’on ne lui fait pas confiance pour son diagnostic ? »
« On vous remercie pour votre confiance ; parce qu’aujourd’hui encore, il n’est pas simple de
parler de l’Alzheimer. L’Alzheimer, cette maladie qui est stigmatisante, synonyme de retrait social et pour certains de mort psychique. Ces idées sont encore, parfois, largement partagées dans la conscience collective… et je crois que quelques fois elles sont encore bien présentes parmi les professionnels de santé.

 

Dans le court terme de cette maladie, le fait d’être heureux ou d’être de bonne humeur…tous les jours, c’est vraiment… heureux. On ne peut pas s’offrir le luxe d’être de mauvaise humeur ou de se laisser envahir par les soucis, il faut vraiment…

Cela m’a paru fondamental et très important que cette bonne humeur soit présente tous les matins au petit-déjeuner, puis tous les soirs… enfin toute la journée quoi !

Donc on se dit, voilà, une chose nouvelle arrive… il en arrive tous les jours des nouvelles… on se dit : comment faire ? Est-ce que, soit j’arrive à trouver comment faire pour me débarrasser de ce qui est désagréable ou j’essaie de le contourner ou j’essaie de l’apprivoiser mais je n’ai pas tellement d’autre solution… parce qu’on ne peut supprimer comme ça par enchantement un truc qui vous est désagréable.
Ce qui est important, c’est que toutes les modifications qui sont apportées par la maladie ne gênent pas la relation. C’est à dire toutes les choses qui ont un rapport, avec l’espace, le temps, la mémoire… avec tout ça. Il faut arriver à créer un environnement qui fait qu’on n’est pas gêné : la maladie, elle est là, on le sait, elle est là comme cette feuille est là sur cette table mais bon ! Elle a sa place, on lui donne sa place, la place qu’elle a, mais pas plus que la place qu’elle a, mais pas moins que la
place qu’elle a. On lui donne exactement sa place.

 

AVOIR UN BUT DANS LA VIE


On ne vit pas juste pour vivre, un être humain vit pour quelque chose, on vit dans un but quelconque, on ne vit pas juste pour vivre. Et si on dit à quelqu’un : « je te donne les moyens de vivre et basta  » ça ne donne rien du tout. Donc on ne vit pas seulement pour vivre, il faut se demander chaque fois pourquoi on vit. Et pour Daniel, c’est certain, ce qui est très important, c’est l’écriture de ses livres. Donc il a écrit beaucoup de livres sur le maître indien qui est devenu le nôtre. Pour lui, c’est très important de continuer ce travail d’écriture. Ce mois-ci, il y a deux livres qui viennent d’être imprimés chez Albin Michel. Donc, pour lui, c’est très important qu’il puisse continuer à s’exprimer et à vivre sa vie…et à ce moment là tout est parfait. Parce que le reste ce sont des choses, des gênes qu’apportent la maladie et qu’on peut arriver à vivre avec de l’invention, de l’astuce, de la créativité … il en faut.

   

ACCEPTER CETTE MALADIE

  

Si on a de la maladie une idée très négative, on n’a pas envie de l’avoir. Mais il faut comprendre que cette maladie, elle n’est pas négative, en fait, il faut lui donner un aspect moins méchant parce que sinon, vous n’avez pas envie de dire oui. Au départ, Daniel avait l’impression que quand il prenait les médicaments, ça lui donnait la maladie…il faut passer par-là aussi. Il faut l’accepter et on ne peut l’accepter que si l’on n’en souffre pas. Au début, il se perdait dans la rue à côté de la maison et puis après il a appris justement avec son truc, avec sa façon de faire à se perdre et à se retrouver, donc à ce moment là il n’est plus gêné.


LA GEOGRAPHIE DE LA MALADIE
 

Je n’ai pas de théorie. Cette maladie, je ne la connais pas, je ne suis pas un médecin. Pour moi, c’est une espèce d’archipel, avec des îles, des récifs, des trous qui sont disposés de façon très très bizarroïde, donc qui ne doivent pas être pareil avec chacun. Donc il faut montrer à la personne comment elle peut circuler entre les difficultés, donc elle peut faire un certain nombre de choses même très compliquées pour quelqu’un d’autre, qu’elle peut les faire, c’est ça qui donne confiance.

Si vous voyez que vous arrivez à faire quelque chose, ça vous donne confiance ; si vous voyez que vous n’arrivez pas à faire quelque chose ça vous démolit.

Donc il faut proposer à la personne de faire une chose qu’elle arrive à faire. Par exemple dans le travail que Daniel voulait faire à un moment donné, il recherchait les originaux anglais des citations de Sw.Prajnanpad qu’il avait en français. C’est un travail qu’il s’est entêté à faire, pour lui, c’était très compliqué parce qu’il fallait se souvenir, aller chercher, c’était trop difficile. Donc, en fin de compte, il patinait dans ce truc. Par contre maintenant il fait quelque chose, il traduit un livre de l’anglais en français. Quelqu’un le tape à l’ordinateur et ça se passe à merveille. C’est quelque chose qu’il peut faire maintenant. Il a conservé toutes ses langues, l’anglais, le russe, l’allemand.

Il peut faire énormément de choses, plein de trucs, donner des leçons d’anglais, je ne sais pas moi. Il faut savoir ce que la personne peut faire. Ce n’est pas parce que quelqu’un ne peut pas faire quelque chose qui peut paraître simple à quelqu’un d’autre qu’elle ne peut pas faire des choses très compliquées. Oui, il peut aller plus loin dans la relation, faire des choses. Par exemple, quand Daniel parle ou écoute une de ses filles, il peut aller plus loin que là où moi je peux aller… et il ne va forcément se rappeler du nom du mari de notre fille. Il me dit : « Comment s’appelle le mari de notre fille ? » ; je lui dis : « il s‘appelle comme ça. »
Qu’est-ce que ça peut faire !

Donc ce n’est pas parce qu’on ne peut pas faire des choses simples qu’on ne peut pas faire des choses compliquées. Et ce qui donne confiance, c’est d’arriver à faire des choses, de voir qu’on y arrive bien.

Moi, quand j’ai des problèmes je demande conseil à Daniel et il me donne des conseils absolument fabuleux. Et ça c’est important… c’est important. Après, ça dépend de chaque personne, comment elle est faite. Les gens, vous savez, ont beaucoup plus de possibilités que l’on croit… tout le monde, tout le monde. On ne se sert pas de son cerveau, on ne se sert que d’un petit morceau. Il y en a beaucoup, beaucoup de tout petits morceaux. On ne se sert pas de toutes ses possibilités, de ses talents.


Colette et Daniel Roumanoff s’appuient sur l’enseignement de Swami Prajnanpad pour gérer les difficultés quotidiennes liées à la maladie d’Alzheimer. Deux livres écrit par .D.Roumanoff viennent d’être publié chez Albin Michel : un maître contemporain et A.B.C.de la sagesse.

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