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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 11:48


Le château est une chose, la carrière en est une autre.
Les deux n'ont pas toujours formé un couple !
La première trace écrite faisant mention de l'ouverture d'une première carrière à Port Miou indique la date de 1720.
Elle fut ouverte par un nommé Victor Cézard (parfois écrit César) qui travaillait pour le compte du Roy.
Mais en 1782 c'est un certain Mr. Roze qui ouvrit une autre portion de carrière entre Port Miou et la plage du Bestouan.

Quelques vestiges attestent cependant que les carrières étaient déjà exploitées par les Romains.
Quatre monuments datant de l'époque romaine et taillés dans la pierre de Cassis nous le prouvent :
* Une pierre a été trouvée au château de Cassis. On peut la voir à présent au musée du village
* Une dalle avec une inscription latine se trouve au musée d'Alger
* Un sarcophage est visible dans la crypte de l'église Saint Victor à Marseille
* Une petite stèle funéraire se trouve au musée des antiquités de Marseille
Ensuite, à partir de 1868, bien d'autres carrières furent ouvertes sur le site de Port Miou. Les pierres étaient destinées à la construction du bassin de l'arsenal de Toulon puis  à la construction du Port de Marseille, du phare de Planier, la Cathédrale de la Major, les murs du quai d'Alexandrie, de Port Saïd, du canal de Suez et de Galatz...
On dit même que le socle de la statue de la Liberté à New York serait en pierre de Cassis !
Les pierres furent employées pour les bordures de trottoirs, les dalles, les lavoirs, le funéraire.
Surtout n'oublions pas les éviers dits "piles " en Provence.
Ces dernières sont encore fabriquées, soit selon le style traditionnel, soit modernisés par Monsieur Tierno à la carrière du Bestouan (la seule carrière de Cassis encore en activité à ce jour).

La pierre de Cassis est un calcaire très pur, compact, parfois coquillé qui réunit de grandes qualités :
- une couleur nette et égale
- un tissu plein et homogène se prêtant à toutes les formes désirées
- une inégale épaisseur des couches la rendant propre à des usages variés.

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Published by Philomène - dans LA Calanque
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 18:02


Avant 1914, Port Miou, c'était la plus belle des calanques de Marseille à Cassis.
Plus profonde qu'En Vau, plus boisée que Port Pin, et en prime plus poissonneuse... on pouvait y pêcher de petites crevettes grises nommées Calambo.

Maï ! La guerre de 1914 arriva. Pour faire la guerre, les hommes, jamais à court d'idées dévastatrices, inventèrent les gaz asphyxiants dont le sinistrement célèbre gaz moutarde.
Or, pour fabriquer ce gaz, il fallait du chlore...
La société belge Solvay possédait le secret de fabrication de ce chlore à partir du sel marin et du calcaire. Le sel marin se trouvait à Salin de Giraud ; c'est-à-dire pas très loin de Cassis.
En 1896 Solvay ouvrit donc la carrière de Port Miou pour en extraire le calcaire. Après extraction celui-ci était transporté par péniche à Salin de Giraud qui appartenait également à l'entreprise belge.

Outre la destruction du site, on peut imaginer les nuisances à la pêche provoquée par l'exploitation de la carrière...

Bien évidemment, les pêcheurs intentèrent un procès à la société Solvay, en vain !
Ils ne purent obtenir la fermeture de la carrière qui travaillait à fond pour l'industrie de la guerre.
Ils réussirent cependant à avoir des compensations.
Une compensation collective avec la construction d'un quai bétonné (toujours en place côté Est) et une individuelle, par le versement d'une rente mensuelle pour chaque pêcheur lésé. Cette indemnité étant calculée à l'époque en franc or.

Madame Feutrier, veuve de guerre, femme de pêcheur, touchait encore cette rente en 1960, à l'époque où l'on pouvait toujours la voir ravauder les filets, rue de la Viguerie à Cassis.


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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 15:42


Le séminaire des 25 ans de la revue d'écritures FILIGRANES

se tiendra le samedi 12 septembre de 14 h 30 à 19 h et
le dimanche 13 septembre de 9 h 30 à 18h 00 
au centre de loisirs des Espillières à Aubagne
.
Les séminaires de Filigranes sont gratuits et ouverts à tous et à toutes.
 
Filigranes ?  Un petit miracle dans le monde des médias.
Depuis 25 ans, dans l'ombre, animée bénévolement par Odette et Michel Neumayer, la revue :

- "entend promouvoir les "hommes du commun à l'ouvrage" (Jean Dubuffet) et soutenir l'accès de tous au pouvoir d'écrire.

Aventure collective engagée en 1984 et poursuivie depuis, la revue a pour objet d'ouvrir un espace de coopération où l'écriture puisse se mettre en travail et où lecture et publication deviennent démarche partagée.

Lire un numéro de Filigranes, c'est repérer le dialogue des textes et découvrir comment les problématiques et thèmes proposés donnent matière à écrire


Trois fois par an se tient un séminaire ouvert aux lecteurs et amis. C'est là que s'élaborent les choix éditoriaux contribuant à enrichir la réflexion de chacun au sujet de la création contemporaine."
 
Aujourd'hui faire paraître une revue papier revient de plus en plus cher... or la revue ne se vend que par abonnement.... Filigranes a donc besoin de nouveaux abonnés (4 numéros : 30 euros) pour pouvoir continuer à exister...
J'engage donc tous ceux et celles qui sont dans la région à venir participer ou simplement assister à ce prochain séminaire.
Un séminaire de "Fili" est un véritable îlot de liberté d'expression sans aucun jugement de valeur, un endroit d'apprentissage et de partage.
Si vous ne pouvez être présent, mais que vous souhaitiez envoyer un texte à la revue, s'il est à présent trop tard pour le prochain numéro (à paraître en novembre), vous pouvez d'ores et déjà vous mettre à bichonner un écrit en fonction de la future thématique et l'envoyer à l'adresse suivante :
 om.neumayer@libertysurf.fr

Vous trouverez tous les renseignements utiles sur le site de la revue.


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30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 13:40


Bon, dans l'article précédent il était question de la vie officielle du "Château" de Port Miou.
Aujourd'hui je vais vous donner la version officieuse.
Celle contée par mon beau-père - entre chiens et loups - la première fois où, dans les années soixante, je suis venue à la calanque et que, assez ébahie je dois dire, j'ai découvert l'étonnante bâtisse du bord de l'eau.
Donc reprenons, la demeure, dans les années 1800, est vendue par le gouvernement au Marquis De Fesque de la Roche puis à un certain Monsieur Boude.
- Je penche pour le Marquis, disait mon beau-père en riant, mais peut-être que c'était celui d'après !
- Qui a fait quoi ?
- Et bien, en fait, ce que j'ai toujours entendu dire (ah la rumeur, la rumeur..) c'est que celui qui a réellement aménagé le château, c'était pour y installer sa maîtresse et venir la voir en catimini ! Tiens pardi, il faut se replonger à l'époque ! Il faut imaginer la calanque déserte, cette bastide perdue... 
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis quasiment certain que c'était Le Marquis... continuait, songeur, le beau-père. Cet homme, comme Joséphine Baker, il devait avoir deux amours : son amante et la mer !

Il faut avouer que ce récit est bigrement plus romantique que l'histoire de la carrière de pierres ! Moi, j'imagine plutôt que c'était la belle maîtresse qui devait aimer la proximité de l'eau bleue et avait persuadé son amant de l'installer dans cet endroit féerique.
Et je vois, comme si j'y avais été, la jolie jeune-femme installée sous une ombrelle blanche dans une barque paresseuse barrée par Monsieur le Marquis !
Comme il est évident que durant les flamboyants mois d'été, à l'insu de tous, à l'aube des trop chaudes journées, telle Colette dans l'anse des Canoubiers de Saint-Tropez, la charmante maîtresse n'aimait rien tant que se baigner nue dans l'onde claire et toujours si fraîche de la calanque.






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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 18:18




Toujours beau, toujours chaud et malgré un fort mistral, la mer toujours à 26 °. De bonnes raisons pour aller faire coucou au bateau et piquer une tête dans l'eau.
Ensuite il faut absolument que nous passions à la capitainerie...

"Château ! " C'est le nom pompeux que les calanquais de Port Miou donnent à cette vieille baraque devenue la capitainerie de Port Miou.
La bâtisse a une longue histoire qui démarre en 1810.
A l'époque "maison rurale" appartenant au gouvernement, celui-ci la vend au Marquis de Fesque de la Roche. Puis en 1897 "le château" est revendu à Mr. Boude raffineur en soufre qui, à son tour, le vend à Solvay (les carrières) en 1898.
Solvay y installe ses bureaux : direction, comptabilité, chef de chantier, infirmerie et une petite cuisine.
Dans la calanque deux sortes de pierre étaient exploitées par l'entreprise Solvay :
- une destinée à l'industrie de produits chimiques
- l'autre à la construction.

La belle calanque a vécu durant 85 ans au rythme des détonations... et a été éventrée de 40 000 m3 jusqu'en 1958.
Mais ce n'est qu'en 1981 que la fermeture de la carrière par décision politique pour la protection des sites (31-12-1981) a été prononcée.

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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 08:01


Hier soir retour au pays du slam.


" Claquement d'aile poétique "

Un simple claquement d'aile d'un papillon peut-il déclencher une tornade à l'autre bout du monde ?


C'était "Au courant d'air café" - 15 rue Coutellerie - 13001 Marseille (derrière la Mairie). 
Un vendredi par mois Ypnova (dont un texte figure dans ce blog) joue le bonimenteur, l'animateur de la soirée.
Quel plaisir dans notre époque frime, fric, bling-bling que de retrouver des amoureux du Verbe, des joueurs de Parole, mes amis des rimes sonores.

Incroyable ! Notre société avec ses airs d'obsédée de La réussite, du succès, a laissé passer miraculeusement quelques inconscients différents.
Des "comme vous et moi" qui, sans prétention, viennent claquer leurs notes de poésie juste là à côté.
Il suffit d'y aller. Participer ou seulement écouter.

Vous savez ce que dit mon éditeur ?
"Sans poésie, nous allons tous mourir" !

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Published by Philomène - dans De bric en vrac
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 11:56


Ce très court texte de Jules Supervielle me semble ouvrir les yeux (à ceux qui ne savent pas les fermer pour mieux voir) sur les choses qui sont là en notre absence, et sur "elle"  que chacun de nous porte quelque part au fond de lui et sur laquelle chacun pose un regard différent.


La mer secrète

Quand nul ne la regarde
La mer n'est plus la mer,
Elle est ce que nous sommes
Lorsque nul ne nous voit.
Elle a d'autres poissons,
D'autres vagues aussi.
C'est la mer pour la mer
Et pour ceux qui en rêvent
Comme je fais ici.


Jules Supervieille

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Published by Philomène - dans Chez les poètes
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 14:45

 

MACARONI

 

  

1877 –

Luigi est arrivé d’Italie, il a posé son unique bagage.

On l’a traité de « macaroni », mais il n’a pas plié bagage.

Le grand port aux façades grises et lépreuses lui a offert une place sous le soleil éclatant. Oh, pas bien grande ni très glorieuse, mais il l’a prise. Profession : docker.
Ce métier, tout de suite il l’a aimé.

Quelques mois après, Luigi a convolé en juste noces avec une jeune piémontaise étonnamment blonde aux yeux clairs, arrivée depuis peu, elle aussi, à Marseille et travaillant à la Manufacture d’Allumettes. Bientôt, pour leur plus grand bonheur, un petit garçon est né. Au bout d’une année à peine, un deuxième a suivi. Ni enfer ni paradis, le jeune ménage mène une vie simple, laborieuse, honnête et digne :  ils s’estiment chanceux et heureux.

1888 –

Sur les quais, la situation est devenue intenable pour tous ceux qui ont franchi les Alpes. En effet, pas un jour sans manifestations hostiles, rixes, jets de pierre de la part des autres, des français. Dernièrement, une bagarre à coup de gancho, ce crochet qui symbolise sa profession, a laissé à Luigi une vilaine balafre près de l’oreille gauche. Malgré ça, il a continué à transporter des tonneaux, des ballots, des malles de toutes sortes. Dur à la tache, comme les collègues, n’hésitant pas à faire volontiers des quarts d’heure et même des demi-heures en sus de la durée réglementaire de la journée de travail, souvent sous un mistral glacial. Seulement hier : 31 mars, des ouvriers français se sont rendus à bord d’un navire de la compagnie Fraissinet et ont exigé le renvoi des italiens, menaçant, en cas de refus d’arrêter le boulot. Un peu plus tard, au débarquement du navire espagnol Palme, le phénomène s’est reproduit. Sur ce bateau là, tout le personnel affecté au déchargement était italien. L’entreprise a cédé, les dockers italiens ont été renvoyés, remplacés illico par des français.

Luigi n’en peut plus de cette violence quotidienne, il a pris sa décision : le port, c’est fini pour lui.

Il est vrai que l’embauche journalière donc incertaine d’un docker, les tâches réparties en petites équipes, empêchent sûrement la prise de conscience d’une identité de travail commune, explique Félicien le voisin de palier en entraînant le lendemain Luigi à une réunion du Parti Ouvrier Français. Le voisin du dessous, Pedro l’espagnol, les accompagne.

-  T’inquiètes pas va, viens avec moi lundi à la Raffinerie. A Saint-Louis, français, espagnols, italiens, arméniens on s’entend bien, on fait pas d’histoires ! Tout comme toi, hein Félicien, à ta Savonnerie aussi y a jamais eu de problèmes. Mais chez nous, Aux Sucres, ils recrutent.

Les voilà passant devant les bâtiments des Docks et Entrepôts de Marseille sortis de terre dix ans auparavant, et malgré le sentiment d’être entouré de vrais compagnons, Luigi a le cœur serré. Les longues constructions de pierre grise où sont stockés toutes les marchandises débarquées des bateaux symbolisent ce travail où il se sentait comme en affaire avec la terre entière.

Maintenant Pedro parle de la Raffinerie, de salaire régulier, de prime. De toutes manières, l’italien a t-il vraiment le choix, à trente et un ans, avec une femme et dans quelques semaines un troisième enfant à nourrir ?

 

2007 –

 

Charlotte regarde l’heure qui s’affiche sur le cadran de bord de son Austin et se mord les lèvres. Ces embouteillages quotidiens dans la ville deviennent cauchemardesques. Cela fait bien vingt bonnes grosses minutes qu’elle est coIncée à l’entrée de ce foutu tunnel. Seulement ce matin, elle ne peut pas se permettre d’arriver en retard. Son associé est parti à Nice pour un autre rendez-vous d’affaire et à neuf heures pétantes, il y a ce contrat à renouveler avec le principal client de la société. Etre Big boss d’une des plus fameuses agences de Communication et Publicité de la cité donne un statut, de la considération, pas mal d’argent mais comporte des risques. Conserver la pool position est une bataille permanente.

Bloquée dans la file de véhicules, Charlotte soupire et ouvre un peu sa vitre. En ce dernier jour de mars, dehors le mistral est glacial.

Dans le petit habitacle de sa voiture, soudain, elle se sent très lasse et très seule. Elle réalise brutalement qu’obsédée par la réussite, attelée à sa besogne tel Ben Hur à son char, aujourd’hui, à trente et un ans, elle a empilé des années d’étude, des nuits sans sommeil, un concours impitoyable, un premier job avec un directeur hystérique à l’ego surdimensionné, puis un travail acharné sur le projet et le montage financier de sa boîte, des contrats à démarcher…  pour...

Aïe ! C’est ça que t’appelle bonheur  ? Putain, en prime, depuis quand n’a-t-elle n’a pas pris de véritables vacances… merde, sept, huit ans ? Seigneur, déjà ! Ficher le camp, se barrer, se casser loin de ce bordel de stress, des prises de bec avec son co-équipier !

Elle sourit, à la radio passe une chanson d’Eros Ramazzotti «je suis rital et je le reste…» L’Italie ? Elle ne connaît même pas ! S’échapper, jouer à Audrey Hepburn dans « Vacances romaines »…

En attendant, la voici arrivée devant les bâtiments des docks réhabilités en 1992, symbole de la relance économique de Marseille et de ce nouveau quartier d’affaires de la Joliette. Charlotte est plutôt fière d’y avoir installer ses bureaux  si design. Furtivement elle pense qu’un de ces jours il faudrait qu’elle récupère chez ses parents, parmi d’autres photos en noir et blanc, ce vieux cliché écorné montrant devant la même bâtisse son arrière grand-père l’air impassible à côté de quatre ou cinq dockers.

Au fait, surtout ne pas oublier : pour la première fois, ce soir, elle a promis à un de ses amis qui la verrait bien entrer en politique, de l’accompagner à une session de l’U.M.P., ses parents n’habitant pas très loin, peut-être qu’après la séance, sans mentionner la réunion, elle pourrait passer les voir ?

 

 

(Texte paru dans le N°70 "Mondes Industrieux" de Filigranes)

 

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 18:20


Evidemment je ne pouvais pas faire autrement que de consacrer un swing à ma cité
(Page 41 "Du quotidien à voix haute" - Editions Manoirante).
Forcément après les articles précédents je ne pouvais pas faire autrement que vous livrer à présent ce swing là.

 
Marseille

 

 « Porte du sud » écrivit Albert Londres.       

Porte ouverte place offerte par Gyptis à Protis

Le fils venu d’Asie Mineure.

Alors orientale, forcément orientale la cité issue de Phocée

Un port où demeure majeure cette idée de ville ouverte

Offerte à qui voudra bien prendre la fière à bras le corps

L’aimer à corps perdu.

Du ciel si bleu dû au Mistral qui caracole s’affole
Et habille la métropole
de plastiques pas très esthétiques
Sous le soleil éblouissant

A faire plisser les paupières de la Bonne Mère assurément.

 

Assurément commencer par faire des estrambords
En embarquant
Sur le Vieux Port sur un drôle de bateau
Pour une drôle de traversée
consistant à traverser
Pour juste aller de l’autre côté.

Assurément continuer en démarrant la vidéo :

Au premier plan un goéland plongeant dans l’eau
Sous la lumière les bateaux
et deux voiliers qui se déhanchent
Voiles blanches claquant contre l’azur immense

A l’arrière plan maisons et rues désordonnées
C’est une ville indisciplinée !

Ça fait cliché ? Coquin de sort, c’est la cité où je suis née.

 

Un décor explosif productif d’adjectifs à mettre au superlatif.

Les adjectifs… Tous, il les faudrait tous.

Et encore ce ne serait pas suffisant ! Unique.

Bon d’accord, chaque ville est unique
Mais celle-ci vous prend les tripes.

 

Dans cette ville indocile l’esprit tangue s’enivre chavire
De trop
de caractère le cœur s’accélère cette ville exagère

La faute à l’air ambiant bouillonnant à l’image de ses habitants,

Rebelles sous tutelle, emphatiques, colériques, excentriques,

Insoumis par nature avec leurs figures
De doublures du théâtre antique.

 

Aussi, d’escaliers resserrés en placettes écrasées

Où des gosses effrontés se rêvant en Zidane poursuivent un ballon,

Les "estrangers" de passage à l’abordage de la cathédrale Byzantine

Se posent la question :

Provençale…ou orientale la carte postale aux palmiers disséminés
Depuis quelques temps au milieu du ciment.

Tant de béton mal intégré, tant d’hyper super marchés désormais…

Provençale, orientale, mais c’est son identité à la ville ouverte,

Offerte à qui voudra bien prendre la frondeuse à bras le corps

L’aimer à corps perdu

 

Du Vieux Port aux collines, sous le vent violent,
Sous le froid mordant,

Dans la moiteur, dans la chaleur, dans la couleur des habitants,

Dans les cuisines métissées et dans l’accent.


           

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Published by Philomène - dans Du SLAM
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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 18:44


Il y en a, je crois, qui vont peut-être compatir sur mon triste sort en regardant ce qui suit ! C'est-à-dire l'endroit où je m'oblige - vraiment - à aller tous les matins ou en fin d'après-midi depuis que je suis rentrée de vacances trop courtes !
Je suis d'accord avec vous c'est pas juste d'habiter une ville pareille ! Car quelle autre ville au monde peut vous offrir ça, pas une longue plage de sable bling-bling comme celle de Pampelone à St. Tropez, ni une plage de galets rappelant La Baie des Anges de Nice, encore moins la plage aux matelas et parasols so chicos sous l'oeil des palaces super étoilés de Cannes.
Non, dans ma cité, à deux enjambées du centre ville, d'ailleurs, c'est encore la ville : le huitième arrondissement de Marseille, se trouvent des petites anses où l'on se parle avec l'accent et où on étale sa serviette à bonne franquette devant des cabanons sans prétention !
Vous me suivez ?







En ce moment l'eau est à 26 ° mummmmm !
On s'y jette ?













Là où... là ?





         A moins que vous ne préfériez attendre la fin de la journée


Bain-des-dames-005.jpg

 

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