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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 05:51

Rechercher. C'est très bien, c'est bien beau.
Mais rechercher qui ? Rechercher quoi ?
Le moi, le toi, le soi ?
Le pourquoi de ceci de cela, un chat, son âme ?
L'idée est vertigineuse.
Parce que si on part à la recherche,
c'est bien que l'on a perdu quelque chose.
On tourne en rond.
Rechercher qui, rechercher quoi, où, comment ?
Rechercher c'est se poser des questions.
Là en cet instant précis, je cherche quoi ?
Je cherche... justement... je cherche à la recherche de...
Euh...
Vertigineux je vous dis !
Donc là, ici, devant mon ordi en cet instant précis, je cherche...
Pourquoi je suis en train d'écrire sur ce blog.
Alors je cherche mais est-ce que j'ai trouvé ?
Et si j'ai trouvé, est-ce que la réponse me satisfait ?
Déjà quand j'étais au lycée, j'avais un prof d'italien qui nous répétait sans arrêt :
- Che cerca trova !
Ah !
Au fait, est-il nécessaire de trouver pour continuer à chercher ?
Déjà, partir.
Partir vers l'inconnu, dans l'insoupçonné, le secret, le caché.
Partir. Après il faudra revenir
Ou se perdre en chemin qui sait.

A ce moment-là, ce seront les autres, voire peut-être vous qui viendrez à ma recherche.

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 06:17

4634008183_8738aa91c9.jpgPlutôt réduite à la portion congrue dans les médias, l'info de la visite du chef spirituel en exil des Tibétains, durant deux jours à Paris, les samedi 6 et dimanche 7 juin. Séjour durant lequel le Dalaï-Lama a reçu le titre de "citoyen d'honneur" de la ville en dépit des pressions de la Chine.

"Le gouvernement chinois mène une politique dure, mais le peuple chinois reste ignorant de la situation" au Tibet, a affirmé le Prix Nobel de la Paix, dénonçant une "censure sévère" de Pékin et un renforcement de la présence de l'armée chinoise depuis les émeutes anti-chinoises de mars 2008. "Mon sentiment et mon inquiétude sont qu'une veille nation comme le Tibet, avec son héritage et sa culture, se voit imposer une condamnation à mort", a-t-il précisé à la presse à son arrivée à Paris, réitérant sa demande d'enquête internationale.

 

"Il nous a semblé très pessimiste", a affirmé à la presse par la suite le président du groupe d'étude sur le Tibet à l'Assemblée nationale, Lionnel Luca, venus avec sept autres parlementaires, sur 170 membres que compte le groupe, s'entretenir avec le dalaï lama dans un hôtel parisien. Il a regretté des "pressions" d'autres députés pour les dissuader de le rencontrer.
"Beaucoup plient l'échine. Les démocraties, au lieu de plier l'échine devant les Chinois devraient, au contraire, avoir des exigences malgré les problèmes économiques", a dit le député UMP.
Le dalaï lama s'est lui dit "honoré" de recevoir dimanche la distinction de "citoyen d'honneur" de la ville de Paris. Décernée en 2008, la distinction lui a été remise par le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë. En dépit des foudres de Pékin, M. Delanoë a maintenu le rendez-vous, affirmant qu'il n'entendait pas renoncer à ses convictions.

Cette visite intervient à un moment délicat des relations entre la France et la Chine qui se remettent à peine de quatre mois de "brouille" consécutifs à une rencontre en décembre en Pologne entre le président Nicolas Sarkozy et le dalaï lama qui avait ulcéré la Chine.
(Le monde - samedi 6 juin 2009)

"Réfléchissez à ceci : lorsqu'un évenement déplaisant se produit et provoque en vous une certaine irritation, vous êtes perdant, car l'irritation annihile immédiatement votre tranquillité d'esprit et produit, à la longue, des résultats indésirables. Par contre, si quelqu'un vous blesse et que vous gardez votre calme, vous détenez alors la victoire. Si vous vous impatientez et vous mettez en colère, vous perdez alors la meilleure part du cerveau humain à savoir le jugement de la situation. Une fois que vous êtes hors de vous, quasiment fou de rage, vous n'êtes pas en mesure de prendre de saines décisions. Au contraire, si votre esprit est calme vous êtes capable de juger plus clairement de la situation. Sans perdre votre sang-froid, vous pouvez analyser les circonstances et, si nécessaire, prendre des dispositions pour les neutraliser. C'est la signification spirituelle de la "défaite" et de de la "victoire".
 

(Dalaï-Lama - Vivre la méditation au quotidien)




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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 18:43

La semaine dernière, une petite discussion avec des jeunes... et des moins jeunes à l'occasion du vote de ce dimanche pour élire nos eurodéputés m'a un peu laissée sur le flanc, si j'ose dire. Les convaincre de la nécessité de l'Europe, chacun votant pour qui il veut, n'était pas évident. Tous avaient l'air de croire que l'Europe était une idée très récente, n'avaient aucune vision du chemin parcouru, avaient tendance à rejeter tout en bloc sans analyser le positif et le négatif, d'autre part ignoraient totalement l'origine du nom Europe et n'avaient même jamais entendu parler du mythe pourtant fameux de l'enlèvement d'Europe par Zeus.
En définitive, peut-être que cette histoire n'est pas si connue. Aussi je vais vous livrer ci-dessous ma version.

Dans la mythologie grecque, Europe est une princesse phénicienne, fille d'Agénor roi de Tyr et de Téléphassa.
Devenue une jeune-fille d'une incomparable beauté, la voilà jouant sur une plage avec ses amies. Zeus le dieu tout puissant l'aperçoit du haut de ses nuages et tombe complètement sous son charme. 
Néanmoins un problème se présente : Hera son épouse est très jalouse. 
Le dieu suprême des grecs ayant plus d'un tour à sa disposition, il se métamorphose alors en taureau blanc pour échapper au regard d'Hera mais également afin de pouvoir approcher Europe sans l'apeurer...  
Le taureau vient ensuite se coucher aux pieds de la princesse. Les jeunes-filles dans la mythologie n'ayant à l'évidence aucunement peur de ces grosses bêtes à cornes. Notre ravissante princesse trouve l'animal si beau et si doux qu' avec ses compagnes elle l'orne de guirlandes. Et puis la belle jeune-fille, quoi de plus normal,  monte sur son dos.
Fatale décision, le taureau part à la nage vers la Crête.
 
Cependant la mythologie n'a rien de commun avec les contes de fées. Aussi l'histoire ne finit pas ainsi : " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants".
Non, de cet enlèvement et de l'union qui suivit, naîtront seulement trois fils : Minos, Phadamanthe (qui deviendront juges des Enfers) et Sarpédon. 
Mais surtout dans la mythologie, les dieux sont à l'image des hommes, querelleurs, prétentieux infidèles et inconstants.
Zeus finit donc par se lasser de la l'exquise Europe et s'en débarrasse en la donnant comme épouse au roi de Crète : Astérion.


Mais c'est probablement à cette mythique princesse phénicienne que nous devons le nom du continent européen.

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Published by Philomène - dans Des histoires
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 05:56

Et l'expression est juste, l'évènement était bien mondial puisque la diffusion de Home bénéficiait d'une diffusion planétaire : 126 pays -  traduction en 40 langues.

Alors "est-ce qu'on est assez grand pour voir la vie en face ? Est-ce qu'on va accepter de vivre mieux avec moins et en finir avec ce monde de gachis ?
Parce que :
" Il est trop tard pour être pessimiste." (Yann Arthus Bertrand)

Il y a bien longtemps que je suis d'accord avec cela. Et que modestement à ma petite échelle je mets en pratique certaines choses dans le genre : pas d'hamburger chez M.D. ni Q. (avez-vous d'ailleurs remarqué phonétiquement ce que cela donne... ) et d'une manière générale moins de viande dans les menus à la maison, bannir les sushi, les fraises d'Espagne, les filets de perches du Nil. Eviter d'investir en fauteuils ou gadgets chinois. Et trier papiers, plastique et verre qui finiront chacun dans leurs containers appropriés. 
Certains de mes amis ou membres de ma famille se sont toujours allégrement moqués de cette attitude, me disant que ces petits gestes ne changeraient pas grand chose ; comme le fait que le bio étant un peu cher pour ma bourse, chaque semaine en faisant mes courses au supermarché, je choisis UN unique article bio ou du commerce équitable, que ce soit une crème de beauté, du café ou des noix de sapin de l'himalaya indien pour ma machine à laver le linge.

Pourtant :

"Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissement dérisoires, lui dit :
" - Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ?
- Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part."

(Extrait de La part du colibri - Pierre Rabhi)
Pierre Rabhi est écrivain, philosophe et conférencier et a gentiment accepté de donner un entretien
Cursives dans le N° 70 Mondes industrieux de Filigranes.

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Published by Philomène - dans Billet d'humeur
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 13:44
Aujourd'hui : journée mondiale de l'environnement



Pour pouvoir écouter le son de cette vidéo tranquillement, n'oubliez pas d'aller baisser celui de "puisque vous partez en voyage" sinon les musiques vont se télescoper !
Et puis pour le film, il est à voir de toute urgence ce soir vendredi à la télé ou plus tard au ciné.


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Published by Philomène - dans Vidéos
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 06:20

Écrire.

Pour ne pas passer à côté.

A côté des autres mais d’abord à côté de moi.




Oui j’écris pour moi mais aussi pour les autres.

Si je n’écrivais pas je ne serais pas

Moi.

C’est une question de fidélité

A ce tréfonds obscur que j’ai au fond de moi

A cette forme de grâce venant d’on ne sait où.

Écrire.

Peut-être pour mettre de l’ordre dans ma tête

Prendre de la distance et apprendre encore.

Écrire.

Afin de s’amuser tendrement avec des mots mis bout à bout

Fabrique de phrases à ponctuer ici et là

de points virgules en entrechats. 

Puis pour voler du temps

Du temps pour soi.

C’est vrai quoi pour une fois s’accorder ce plaisir

Je prends le temps d’

Écrire.

Pour apprivoiser le doute coûte que coûte

Pour oser balancer sur le papier folles pensées, idées bancales

Oser s’échapper un moment des corvées fastidieuses

Et transcrire cette titillante petite musique lunatique

Qui sans crier gare me pousse à vous

Écrire.

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Published by Philomène - dans De bric en vrac
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 06:14

Hier en voiture je passe devant le cours Joseph Ballard, situé pour les non marseillais lisant cet article, dans le prolongement du Vieux Port, de Marseille of course ! Aussi loin que mes souvenirs remontent, sur la droite du Cours en allant vers le centre ville on pouvait trouver un restaurant "L'Oursin" réputé pour ses coquillages et ses poissons.
Quelle n'est pas ma surprise de voir l'enseigne renommée remplacée par "Sushi Bar" !
Et un de plus, un !
Xème emplacement donc de notre cité de la bouillabaisse voué désormais au culte des petits rouleaux, cônes et autres boulettes farcis de ridicules lambeaux de poisson !
Peuchère ma ville du sar grillé sur sarments de vigne, loup en croûte de sel ou dorade au pastis ! Toutes les poissonnières s'étant succédé sur les quais doivent se retourner dans leurs tombes en apprenant ce que les hommes font à présent avec leurs chers poissons !
Quant à moi,  je ne sais pas si c'est également votre cas, mais franchement  les sushi commencent sérieusement à m'horripiler ! Sommes-nous en train de devenir stupides ? 

1/ Ce n'est pas notre culture
2/ C'est une mode snobissime et irresponsable
3/ qui contribue à vider les réserves halieutiques de notre planète

(Alors que de nombreux stocks de poissons sont en régression, la demande en thon rouge n’est pas sans conséquence sur les stocks halieutiques, notamment en Méditerranée où la surpêche de cette espèce préoccupe les ONG et la commission européenne).

Non mais c'est vrai quoi ! Un poisson c'est un poisson entier. Déjà depuis une trentaine d'années nous avions eu droit à ces filets filiformes de toutes sortes d'espèces des grands fonds de nos océans, nous avions sacrifié pour nos chers petits allergiques aux arêtes, aux carrés panés surgelés... 
A la rigueur nous avions une bonne raison : nous pouvions accepter ces nouvelles formes à cause de leurs prix bon marché mais là de jour en jour sushi par-ci, sushi par là, de semaine en semaine toujours de plus en plus de sushi pour la plupart insipides et onéreux,  je dis stop !
Créons le front de libération des poissons destinés à finir en suhsi !



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Published by Philomène - dans Billet d'humeur
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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 05:41

finissent d'une manière terriblement dramatique
mais il y en a tant et tant de si jolis...









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Published by Philomène - dans Musique
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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 06:26

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes. Dites doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit. Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière, si modeste soit-elle ; c'est une véritable posession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires ; car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d'héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d'être ici. Et qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme. Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. Prenez attention. Tâchez d'être heureux.


                                           (Trouvé dans une vieille église de Baltimore en 1692. Auteur inconnu)

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Published by Philomène - dans Citations
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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 13:46

Aujourd'hui, dernier jour du joli mois de mai et voilà... qu'il pleut ! 
Peut-être en profiter pour se rappeler...

 

Théoule 

 

     Le voilier a jeté l’ancre dans la baie abritée du mistral entre l’entrée du port et la falaise aux maisons. Les imposantes demeures ont l’air de grosses coquilles d’escargot vides car malgré l’heure avancée dans la matinée, aucun signe de vie n’apparaît devant les façades visibles de la mer. A l’abri des vagues mon esprit divague. J’échafaude des secrets de famille, de machiavéliques héritages, des affaires louches sous les belles apparences quand la voix de mon époux me fait sursauter :
Quelle maison tu achètes… Moi, je crois que je vais prendre la blanche avec la

tente jaune et le parasol assorti, elle a un accès direct à la mer !
Elles ont toutes l’accès direct à la mer, un escalier creusé dans la falaise et lepetit quai privé au bord de l’eau… … Moi, j’achète l’autre blanche, celle de gauche. Regarde un peu ce fronton Art déco la gueule qu’il a !
Et cette maison étroite avec sa tour et ses volets menthe fraîche !
Elle… la route est juste derrière ! 
Le train aussi !
- Mais c’est la ligne de chemin de fer qui longe le bord de mer, cette ligne est

mythique ! Elle passe même où il n’y a pas de route… je l’ai prise une fois, les paysages sont sublimes… vertigineux…
- Peut-être ma chérie… mais en attendant, ici, le train, pratiquement il passe dans

ton jardin !

 

Il est difficile le capitaine.

Je lève alors la tête vers le haut de la falaise, une bastide ocre se détache sur un ciel d’azur pur, on a l’impression qu’elle va tomber dans la Méditerranée. Quatre immenses et somptueux palmiers donnent l’impression d’avoir été planté de part et d’autre de la majestueuse demeure dans le seul but d’une artistique mise en scène. Je serai curieuse de savoir qui a choisi de vivre en surplomb de cette trop haute falaise rouge dans un décor qu’on croirait sorti d’une histoire d’Agatha Christie ou d’un film d’Alfred Hitchcok !

Mes yeux reviennent se poser sur la toute blanche demeure Art déco, décidément cette baraque a de la classe !

Je m’invente un autre destin derrière les larges baies vitrées. Entre les collines vert foncé et le port bordé par son château de pierres brunes une résidence pour des vacances d’insouciance, sans problèmes de budget, ayant pour seul objet quelle robe mettre pour le souper servi par un domestique stylé.

Un TGV irisé passe avec paresse. Il n’a pas tort mon mari. C’est vrai que des trains n’arrêtent pas de circuler dans un sens, dans l’autre. Tiens, encore un qui vient de siffler…  Changeons de destin.

 

     Je me tourne vers l’entrée de la baie, un, deux, trois, quatre… huit mini-paquebots sont venus se mouiller pendant que j’habitais ma villa d’apparat. Etincelants sous le soleil, palaces flottants de milliardaires récidivistes, ils barrent l’horizon vers les îles de Lérins. Là c’est trop. Les inaccessibles univers des rutilantes résidences quaternaires au design hight tech bloquent mon imaginaire.

 

Moins ostentatoire, à quelques encablures de notre bateau, un voilier en acier de seize mètres environ, défiant les lois de la flottaison se balance. Il n’est pas rare de rencontrer sur les flots ce genre de bateau équipé pour faire le tour du monde. Mais pour l’instant, le bric à brac ahurissant empilé sur le pont : panneaux solaires, éolienne, linge qui sèche, seaux, bidons, semble attendre le grand départ sous l’unique présence à bord d’un berger allemand somnolent.

Encore une existence différente à imaginer. Quoique, réflexion faite, le confort précaire de la roulotte maritime à l’année ne me tente pas. Tant qu’à s’évader, évadons-nous vers le faste !

Je me tourne à nouveau vers ma blanche bâtisse préférée ourlée d’aloès panachés dégringolant vers l’eau salée. Mon regard s’accroche à des détails qu’il faudrait enregistrer coûte que coûte. Au premier étage : des fenêtres ornées de fer forgé, un balcon avec des balustres, serait-ce la chambre du maître de maison ? Dans le parc à l’abri de la haie de pittosporum et des massifs de buis taillés au cordeau une balancelle cernée par de gracieuses fleurs d’agapanthes en train de faner a l’air de s’ennuyer ; qui s’y réfugie, une belle romantique, des adolescents boudeurs, une gamine rêveuse ?

- Flash back - arrivent en pointillé les coussins orangés sur lesquels s’est balancée mon enfance.

Au rez-de-chaussée un salon se devine en arrière des portes–fenêtres grandes ouvertes encadrées de lourds rideaux ivoire retenus par des embrases. Ah ça, c’est embêtant je n’aime pas les rideaux retenus par des embrases.

 

Je me retourne vers le large.

Une colonie de gabians vient se poser sur l’eau.

Eux, ils habitent l’air, ils habitent le ciel, ils habitent le vent. Ils sont libres.

 

 
                                              (Texte paru dans le N° 73 de Filigranes "Mille maisons plus une" )

   

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