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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 08:31
Queue d'poisson (Hors de prix - Filigranes)

Homme, Homme, j’ai tellement besoin de croire en toi.

Sinon, à quoi bon continuer à raconter des histoires…

 

Queue d’poisson

 

C’est l’histoire d’une queue d’poisson !

Qui fit partie d’un thon.

Pêché entre Corse et Continent.

Sur un long voilier blanc.

Mais joli voilier s’en est allé.

Surnagent dans les albums, dans les cadres d’argent,

quelques images de bonheur outrecuidant.

Apprivoiser le temps qui passe et creuse des sillons

au coin de nos yeux.

La nostalgie est un sentiment d’un luxe inouï.

 

La queue de poisson, elle, s’est desséchée sur le rebord

de la hotte dans la cuisine.

Vestige de la bataille entre l’homme et l’animal,

une queue… à deux ailes pour s’envoler

dans ses souvenirs.

Au départ, il y avait eu du Bleu

Partout, dans l’azur, sur la mer, au fond de nos prunelles.

C’était un bleu de grande espérance.

Ah ! si, si… ce putain de moulinet de la canne à pêche

pouvait se mettre à tintinnabuler… Il avait fini par tinter

au crépuscule, sous une boule d’or plongeant dans l’eau,

le vent qui se voulait tendre et complice, le bruit

des vagues qui se faisaient légères.

 

Après, il y avait eu du Rouge

Rouge sang. Du sang partout.

Et le regard du beau poisson que le pêcheur doit achever…

combat inégal entre la bête sacrifiée et l’homme

tel un dieu ordonnateur.

La vie, la mort.

 

Rappel des traversées, des montées d’adrénaline.

Rappel paré de mesquinerie, comptable avaricieux

des choses perdues pour toujours :

la chaude saveur iodée des étés,

la ligne tenue de la côte qui apparaît sur l’horizon,

les paysages retrouvés tels de vieux amis,

les paysages inconnus vaguement inquiétants.

 

Tout ce qu’on a chéri. Tant, tant, tant.

Ma mémoire se voile de noir.

Tellement qu’on ne vendra jamais aux enchères :

le son d’un maillet sur un gong, une caresse de ma mère,

un coup d’œil échangé sur un bout de quai ;

les voix de ceux qu’on a aimé, évaporées

comme les volutes des cigares de mon oncle.

 

Soudain, fantomatiques, flottent dans l’air la fragrance d’Habanita,

l’arôme du pistou fraîchement ciselé,

le sourire de mon père...

Jeannine Anziani

 

Publié dans le N° 90 de la revue d'écritures Filigranes

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 14:50

"Ni catalogue de luxe sur papier glacé, ni almanach des objets introuvables, l'ambition de ce numéro est toute autre, loin des certitudes, des must de quelques bibelots mode qu'un glossaire tendance viendrait souligner."

Extrait de l'édito de Michel Neumayer (Filigranes N°90)

http://www.ecriture-partagee.com

Et dans cet exemplaire, à la rubrique Cursives, carte blanche est donnée à trois slameuses proches de la revue : Mü, Sylvi, Philomène.

Avec la participation de Tamer, K-rol, Ypnova

Sylvi :

Le slameur est tour à tour artiste et public....

Sylvi pendant la rédaction du Cursives

Sylvi pendant la rédaction du Cursives

Mü pendant la rédaction de Cursives

Mü pendant la rédaction de Cursives

Mü :

Sur la scène, temps et espace sont limités, déterminés, mais dans ce cadre, on commence par parler de soi...

Michel Neumayer (directeur de la revue)

Michel Neumayer (directeur de la revue)

Michel :

Un monde qui déménage.

Hors de prix (N°90 Filigranes)

Philo :

En vérité, ça rime à quoi ? ....

Hors de prix (N°90 Filigranes)
Hors de prix (N°90 Filigranes)
Hors de prix (N°90 Filigranes)
Hors de prix (N°90 Filigranes)
Hors de prix (N°90 Filigranes)

Pour commander ce numéro 90 ou un autre -10 € l'exemplaire :

http://www.ecriture-partagee.com

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 14:16
De l'encre et du papier au coeur de l'humain (N°3)

Le N° 89 de Filigranes (www.ecriture-partagee.com) vient d'arriver. C'est le dernier numéro de la thématique "De l'encre et du papier au coeur de l'humain."

Après le N° 88 : "Du faire au dire", le N° 87 : "Un petit penchant pour l'écriture" , "Abécédaire" clot la série.

J'y retrouve avec plaisir, page 32,  ma contribution. Une chose est d'écrire un texte, le retrouver imprimé, il prend une autre dimension. 

Ah ! J'oubliais de vous dire, il y avait une consigne pour cet abécédaire. Lors du dernier séminaire, une liste de mots à tirer au hasard était proposée. Un mot pour démarrer, un mot pour finir. Je suis tombée sur Eclairer et Femme. Les filigranistes absents, ceux qui sont loin, eux, n'étaient évidemment pas tributaires du hasard et pourraient donc choisir consciemment...  Moi, me restait à choisir dans quel ordre mettre mes deux mots !

La réponse ci-dessous.

 

Il pleut Bergère

Éclairer.

Geste machinal : clic.

Voici le soir qui pointe.

Voici l’orage qui menace.

Une feuille roussie se faufile à travers la fenêtre, des gouttes s’écrasent sur les vitres grandes ouvertes.

Boucler la fenêtre ?

Pas encore.

La ménagère expire poussivement. Tellement de chaleur lourde en cette fin de journée de ce mois d’octobre jaunissant : c’en est oppressant.

Attendons.

Besoin d’air.

Pour continuer la guerre contre la sournoise poussière qui pique la gorge.

 

La maîtresse de maison pousse un nouveau soupir mélodramatique.

Rrrrrrrrrrrr ! Maudite poussière, maudit ménage ! Bisque, bisque rage.

Les travaux ménagers ne sont pas sa tasse de thé.

Jouer à mots perchés sur ordi ou papier, voilà sa préférence.

Mais n’as-tu pas vu les petits moutons qui faisaient le dos rond ? C’est bon, courage, lançons-nous dans la bataille : balai, pelle, seau d’eau, pièce à frotter.

«Bonsoir, bonsoir les Motsquifontdesphrasesquifontdestextes, bonsoir, à plus tard…»

Elle se penche, attrape les derniers flocons duveteux obstinés, réfugiés dans un coin de la chambre.

Et bien donc mais voilà, la prosodie qui fausse compagnie...

 

Mission accomplie. La chambre reluit comme un sou neuf !

Et tiens, ploc, ploc, ploc, ploc, il commence à pleuvoir.

Vite fermons la fenêtre.

Hé ! Hé ! Les blancs moutons sont rentrés…

Allons sous la chaumière ? Oh ! point de chaumière…

Plutôt soignons notre âme. Là-haut, dans la mezzanine, où l’ordi s’impatiente…

Allons, dans le bruit de l’averse tombant drue maintenant, tenter de rattraper les mots insolemment enfuis.

Au passage, "miroir, mon beau miroir", un rapide coup d’œil, une grimace. La glace, dans un clair obscur complice, lui renvoie une image.

Aucune bergère surannée, non.

Mais le reflet d’une dame à la mode de chez nous, plus très jeune, aux traits las, déraisonnablement impatiente, sereinement coupable de ses envies, doutant parfois de ses compétences, hésitant sur ses choix, tâchant avec constance de s’aimer et d’aimer, rêvant encore d’une humanité qui ne perdrait plus le nord, et qui espérait tout, n’attendait rien.

Ou l’inverse.

- Ne rougis pas, Femme.

 

Jeannine Anziani

De l'encre et du papier au coeur de l'humain (N°3)
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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 12:01

Pour les 30 ans de Fili, le N°87 nous attendait en cadeau de bienvenue au séminaire. En plus, les graphismes de cet exemplaire sont signés... Pascale Anziani ! C'est-à-dire Fille Chérie.

Photos magnifiques bien entendu ! (J'attends leur envoi pour vous les ajouter)

Sous la thèmatique générale de l'année : "De l'encre et du papier. Au coeur de l'humain", ce numéro s'attachait à "Un petit penchant pour l'écriture".

Page 42, il y a ma participation... Bonne lecture.

 

A marée basse

 

C’est une longue langue de sable fin et doré qui longe une forêt de pins et s’applique à festonner le bassin d’Arcachon.

C’est marée basse, un garçonnet et deux fillettes jouent paisiblement à trois pas d’un papa attelé, plein d’ardeur, à la construction d’un château monumental. A quelques encablures, oublieux de béquilles, deux modestes voiliers sont couchés sur le flanc. Fond de scène : les piquets de bois des parcs à huitres, lancent vers le ciel leur nue rigidité.

Avis de grands moments, imminents.

Cueillir la sérénité, la poser sur son cœur ; se rassasier de beauté, humer le vent, remercier les dieux et le temps.

Incliner le corps vers la grève, déchiffrer les arabesques sculptées par le ressac, rendre grâce à la nature ; se redresser apaisée dans cette échancrure du temps.

A marée haute, envolés les minots ! Mais les voiliers flottent benoitement, les piquets émergent à peine de l’eau verte et je nage en pleine félicité.

Écrire à contre-courant.

J’avais treize ans. Premier long périple en compagnie des parents. Juste avant le départ, mon père m’avait tendu un petit carnet rouge à spirale. Rouge franc.

  • C’est pour toi : un carnet de voyage. Attention, tu devras écrire tous-les-jours, sans faute… Ce n’est pas compliqué, tu n’auras qu’à simplement décrire le déroulement des journées : les départs, les arrivées, les visites aux musées, même, pourquoi pas, les menus des repas…

J’avais attrapé le carnet, j’avais attrapé l’écriture.

J’ai retrouvé le carnet plus de cinquante ans après : écriture enfantine sous la si belle et harmonieuse écriture tutélaire du père. D’ailleurs, au fil des pages, davantage du père... Mais, sûrement, subrepticement, quelque chose s’était mis en place.

Il avait insisté :

  • Écrire pour ne pas oublier.

Aligner des mots sur du papier ? Pour quoi, pour qui ?

Ne pas se leurrer, au début il s’agit de se raconter. Forcément, toujours, quasiment, ça commence par le MOI.

Ensuite ?

Incliner la tête, les pensées se mettent à glisser comme sur un toboggan. Quels sons font les pensées ?  Tantôt un clapotis de vagues claires, fraîches et sincères ; tantôt un grondement sourd, sombre, angoissant, à l’instar de l’océan.

Au passage dérivent des images et, sage allégresse, s’arriment des phrases.

Qui seraient comme autant de grains de sable.

Certain, c’est le sable d’un chemin.

Pour aller vers…

Jeannine Anziani

Le bassin d'Arcachon - Janvier 2014

Le bassin d'Arcachon - Janvier 2014

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 12:04

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas (encore) la revue d'écritures et qui feraient une première halte sur ce blog, je conseille un petit tour dans la rubrique "Autour de Fili" sur ce même blog, colonne de droite dans la rubrique catégories.

30 ans en Filigranes

Il y a Pierre, venu d'Avignon, Françoise de Montpellier, Christiane et Claude de Conques, il y a des marseillaises, des toulonnaises... des belges !  enfini bien sûr, il y a Michel (Neumayer) seul aux commandes désormais. Seul ? Est-ce bien sûr ? L'ombre d'Odette plane...

Le programme est conçu sur 2 jours, samedi 7 et dimanche 8 juin : avec Filigranes, quel regard sur le temps ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Que représente chaque page, chaque texte ?

Filigranes, 30 ans entre mémoire et histoire.

Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...
Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...

Michel Neumayer directeur de la revue - Laure-Anne, Arlette... Françoise, Teresa, Monique, Pierre...

Filigranes  ? Des ateliers de savoir, des démarches de création. "Penser, construire, c'est faire une pause dans la cité des hommes". (Pierre Colin)

Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...
Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...
Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...
Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...
Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...

Filigranes : partage de savoir, mais aussi de nourritures bien terrestres ! Et des pauses...

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 11:40

La revue d'écritures Filigranes nommée "Fili" pour les aficionados va fêter ses 30 ans. Entre nous soit dit : une durée de vie tout à fait exceptionnelle pour une revue, qui plus est uniquement vendue par abonnements.

"Fili", à chaque article sur la revue je répète "je vous en ai souvent parlé !" Ce ne sera donc qu'une fois de plus, et certainement pas la dernière...

Les 30 ans de Filigranes

Filigranes c'était aussi et surtout Odette et Michel Neumayer, ses si charismatiques directeurs.

Odette nous a quitté ; nul doute que sa présence imprègnera fortement l'anniversaire des 30 ans. Michel a choisi de continuer l'aventure, qu'il en soit remercié pour nous permettre de partager encore d'exceptionnelles et si riches rencontres autour de la revue, de ses thématiques.

 

Odette lors d'un séminaire

Odette lors d'un séminaire

🎆 30 ANS DÉJA ! 🎆
 
 
FILIGRANES
fête son anniversaire ! 
 
Nous sommes tous invités,
même vous
à un séminaire
🎉 festif, 🎈créatif, 🔆 inventif
 
Samedi 7 juin 2014
(9h30 - 17h30)
Dimanche 8 juin 2014
(9h30 - 17h30)
 
 
CENTRE DE LOISIRS
LES ESPILLIÈRES
13400 AUBAGNE
 
!!! Venez nombreux !!!
 
Ateliers surprises - Débats roboratifs - Rencontres inattendues - 
pour célébrer notre avenir
préparer notre N°87
blasonner, oui blasonner
3️⃣0️⃣ années d'écriture, de création 
partagées !
 
- Merci de confirmer
votre venue -
 
Filigranes, revue d'écritures
1, Allée de la Ste Baume
13470 CARNOUX EN PROVENCE (France)
(..33) (0)4 42 73 76 04 ou 06 87 77 25 53
 
Filigranistes en actionFiligranistes en action
Filigranistes en actionFiligranistes en action

Filigranistes en action

Chez Fili, on mange, on boit, on réfléchit... Ah ! oui, on écrit aussi !Chez Fili, on mange, on boit, on réfléchit... Ah ! oui, on écrit aussi !
Chez Fili, on mange, on boit, on réfléchit... Ah ! oui, on écrit aussi !Chez Fili, on mange, on boit, on réfléchit... Ah ! oui, on écrit aussi !

Chez Fili, on mange, on boit, on réfléchit... Ah ! oui, on écrit aussi !

Centre de loisirs des Espillières
Centre de loisirs des Espillières
Centre de loisirs des Espillières

Centre de loisirs des Espillières

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:10

Ce dimanche, des trombes d'eau sur la Provence. Pas grave ! Moi, je suis à l'abri "chez Fili !"

Il reste à prendre l'habitude d'un séminaire sans Odette (Neumayer). C'est le deuxième depuis sa disparition. Pas évident... pourtant, quelque part, elle est là... bienveillante comme toujours, attentive à nous tous.

Alors, travaillons, dans son souvenir. Michel (Neumayer) se retrouve donc chef d'orchestre, seul. Merci Michel de continuer l'aventure. D'ailleurs question aventure, il nous en propose une dès le matin.

Le prochain thème de la revue est : " Un petit penchant pour l'écriture". Pour préparer ce numéro, il nous suggère de partir en mer ! Mais pas de navigation sans vent, sans voilier qui penche, sans prise de risques, sans larguer les amarres...

 

  • Notez vers où imaginer aller à partir de la lecture d’un exemplaire de Filigranes. Qu’est-ce que je m’attends à trouver dans cette destination ?

 

Partir vers l’inconnu. Oser.  Choisir un numéro de la revue au hasard. Tourner les pages. Ordre ou désordre ? Peu importe. Le choix m’appartient. Liberté absolue. Je vais où ? Je ne sais.  Si je sais. Je vais à la découverte des mots des autres. Et je devine déjà… l’expérience sera riche.

Voilà, j’ai largué les casseroles, le ras-le-bol, les angoisses, l’aspirateur, le courrier, les factures à payer pour bien m’installer, calée sur mon coussin, ici à Aubagne. Qui veut voyager loin ménage sa monture.

Là-bas, je le sais, des hommes se font la guerre, Filigranes est ma paix.

Et se présente une page, première escale : « sous le galet, la plage », Gislaine Arley en a écrit deux (pages). Le galet l’a amené dans le dictionnaire où galet copine avec galette.

Des rois cela s’entend. Ah ! Je parie que tout à l’heure, pour le dessert, nous allons en partager une. A ce propos, êtes-vous plutôt Couronne des Rois – brioche provençale ornée de fruits confits qui brillent ou galette parisienne à la frangipane ?

Oups ! Je m’égare… revenons à nos moutons. Qui blanchissent l’horizon. Pas très bon signe quand la mer se couvre de moutons…

Encore un dimanche en FIligranes...

Oups ! Je ne sais plus où j’en suis… tout de même, impossible d’abandonner l’écriture. Plutôt…

« Ouvrir la porte » et ne me dites pas le contraire. Bien sûr qu’il y a des portes sur la mer…

« Ouvrir la porte » est le titre du Cursives (rubrique récurrente de chaque Filigranes) consacré à Arlette et sur lequel je viens de tomber en feuilletant un autre numéro choisi.

« Depuis longtemps, je tricote l’écriture et la psychanalyse, je tiens les deux fils. Entre oubli et retrouvailles, je m’énerve » écrit-elle en préambule.

 

  • Est-ce que la navigation m’emmène là où est-ce que j’avais imaginé ? lance Michel Neumayer.

 

Quel curieux périple ! Voici que je me retrouve en pleine analyse ! La porte sur la mer s’est ouverte sur un « ça m’énerve ». Enervée, je le suis aussi, souvent… Comment m’empêcher de n’être point énervée quand rien ne se passe comme prévu. Vaste travail…

Tout de même, reprenons… avec un autre exemplaire. Anny Gleyrou le dit : « un voyage se projette, le vent trace le sillon du vagabond ». Alors je me transforme en humble moussaillon. En apprentissage. Et… l’amour n’est pas loin. L’amour est là. Anny l’affirme : « l’amour contamine les êtres, le ciel est moins bleu mais au fond il est ce que l’on veut ».

Fermer les yeux, un court laps de temps. Derrière les paupières, l’esprit peut continuer son vagabondage. Rouvrir les yeux. Un titre se présente : « Du rouge dans le paysage ». Mais, le rouge est une couleur dangereuse. C’est le jus des cerises, c’est le sang d’un combattant, le soleil couchant qui s’efface dans la Méditerranée. Pourquoi une mer ? Pourquoi pas l’océan et ses volumineux rouleaux qui déferlent sur la plage de Biarritz l’élégante ? Où je me trouvais entre Noël et Jour de l’An. L’océan avait décidé de ne pas se monter trop méchant. Des surfeurs chevauchaient les crêtes, l’air était vivifiant. Mais je m’étonnais : aucun navire en vue. L’océan est rude pour les marins.

Encore un dimanche en FIligranes...

Quoique, la Méditerranée par avis de grand frais avec des rafales à 9 sur le Languedoc-Roussillon… ou ailleurs…

Mais où donc suis-je partie ? J’ai un peu perdu de vue le Fili choisi.

Revenons au rouge. Qui pétarade en plein milieu de cet exemplaire, sur un graphisme de Christiane Rambaud. Rouge de la cape du torero. Vie et mort. Bonjour l’artiste. Le dessin m’hypnotise. On dirait une main qui effleure un ventre lourd et rond. Le ventre rouge d’une indienne d’Amazonie.

Une fois encore, je ne sais plus où j’en suis ni qui je suis. Celle qui lit, celle sui écrit, songe à ce qu’il advient quand non se fourvoie dans un séminaire de la revue un jour de nuages noirs et de pluie.

Là-bas, sur une table, à côté des quiches, tartes et autres denrées pour le repas de tantôt, une couronne des Rois somnole : « moi aussi je suis en papier ».

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 13:11

Le numéro 86 de la revue Filigranes était dans ma boîte aux lettres. "Pas si simple, le monde" - (3) était le thème général travaillé sur l'année. La thématique attachée à ce numéro plus précisément : Vagants extravagants.

Une suppositionUne suppositionUne supposition

Une supposition

 

« … Comment savoir ce que nous sommes : le musicien ou l’instrument.

Si c’est nous qui marchons les yeux tournés vers l’ombre longue

Derrière nous, ou si c’est elle qui nous pousse… » - Yorgos Thémelis *

 

Le corps se tend. La tête ? Esquisse un pas en avant ! Mais les pas…

Les pas l’amènent seulement à quelques pas. Le voyage ne se fera. Encore point.

Ah ! si…

Si ? Note de musique du début d’une ballade ? Pauvre poème lyrique d’une seule note !

Ah ! si… sa vie, ciel bleu, ciel gris. Si, sa vie, l’emmenait ailleurs, passé en bandoulière, des étoiles plein les mains et l’appétit dans l’esprit.

Ah ! Son voyage brodé d’espoir, rêverie récurrente, obsédante. Plus le temps s’égrène, plus le désir se fait lancinant. « Son » VOYAGE au pays des dieux… apodictique ! choisir les dieux plutôt que le diable n’est-ce-pas ? Ensuite, son périple a une raison d’être. Mais y a-t-il vraiment besoin d’une raison ?

En tout cas, à défaut de boucler les valises, la pérégrination, elle, est magistralement bouclée… dans sa caboche ! Y croire.

 

L’avion se posera

ICI. Déjà, se trouver dans l’immense oiseau de fer sera… extraordinaire.

ICI, passer deux jours, peut-être trois. Pour l’imprégnation et laisser les chimères fantasques et ces effrontées d’émotions impudiques la porter quelques siècles en arrière, à la recherche de...

Puis, il faudra goûter aux aubergines ! C’est la ville de l’aubergine. Inouï serait de trouver un endroit où les multiples recettes se seraient perpétuées.

L’étape 2 consistera en la location d’une automobile. Parce que, voyez-vous, pour battre la campagne ponctuée de cyprès au garde-à-vous, découvrir les villages avec leurs maisons aux volets couleur d’azur pur, suivre les rivages escarpés, hors de question d’emprunter un car farci à ras bord de touristes. Non voyons ! Depuis le nombre de saisons qu’elle le parcourt en songe, le pays des vignes, de la philosophie et de l’aurige de Delphes, elle y est chez elle.

Chez elle, elle se sent, pour tant et tant de causes. Donc, dans sa contrée, élémentaire, ils circuleront, dans « leur char », plus intime quand les yeux perleront.

Après ? À eux les routes sinueuses cernées de pacifiques bataillons d’oliviers aux feuilles argentées. Musarder, zigzaguer en surplomb de la mer Égée, sous les souffles de l’étésien, plus connu sous le nom turc de meltem. Et, en attendant d’embarquer pour les chapelés d’îles mythiques à portée de regard, elle lira à voix haute au compagnon assez romantique pour avoir adopté son rêve, un poème de Yorgos Thémelis.

 

Le soir venu, ils feront halte dans des tavernes chaleureuses où ils s’enivreront d’un blanc frais et léger comme l’écume. Le monde en son entier peut-il être contenu dans une bouteille de résiné ?

"J'étais comme une reine

Assise à ses côtés

Parmi les hommes d'Athènes

Qui fument le narguilé

Et boivent le vin résiné".

(Mélina Mercouri)

 

Jeannine Anziani

 

 

Mélina Mercouri

Mélina Mercouri

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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 12:49

Le séminaire d'écritures (et le choix des textes pour le prochain numéro de la revue) devait avoir lieu au mois de juin. Puis en juillet... ce fut ce dimanche 20 octobre.

Dans la voiture qui m'emmènait vers Aubagne, l'émotion m'a rattrapée. Ce sera la première fois depuis plus de dix ans... la première fois sans Odette (Neumayer). Comment cela se pouvait-il ?

Filigranes, c'est trente ans d'histoire, de relations. Moi, je les ai rejoint en 2003 mais depuis, quel apprentissage ! A présent ?

Grandir encore. Sans Odette.

Filigranes : des horizons à explorer, un phare, la force du travail et de l'enseignement, une dynamique. Penser autrement. Entrer en résistance. Les humanités.

"L'homme du commun à l'ouvrage" (Jean Dubuffet).

Un dimanche d'octobre avec Filigranes

Il était une fois une revue, et ELLE, et eux, et lui, et moi. Avec un même horizon : une production : une revue d'écritures. Un travail individuel et collectif : échange et réflexions.

- "Fili" se conjugue au singulier-pluriel (Claude Barrère)

- Bienveillance et exigence (Christiane Lapeyre)

- L'autre m'enrichie par ce qu'il a d'étrange ( Nicole Digier)

- A plusieurs on est plus fort (Françoise Salamand-Parker)

- Ouvrir les vannes de l'espoir (Agnès Petit)

Un dimanche d'octobre avec Filigranes
Filigranes ? Une utopie locale (Michèle Monte)

Filigranes ? Une utopie locale (Michèle Monte)

Voilà, Odette est partie (voir articles précédents) mais la revue continue avec Michel (Neumayer) et tous les autres. Peut-être, vous qui lisez ces lignes, si l'envie vous en prend, aurez-vous envie de nous rejoindre ?

Pour tout savoir : http://www.ecriture-partagee.com

Oui, Odette nous a ouvert un chemin, à nous de le poursuivre.

Nicole, Françoise, Agnès  -               Michel, MoniqueNicole, Françoise, Agnès  -               Michel, Monique

Nicole, Françoise, Agnès - Michel, Monique

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:53

Création d’aquarelles

 

Dépatouille, démerdouille !

a dit la dame de l’atelier sur les arts composés.

Dépatouille, démerdouille ? C’est quoi ce plan ?

En attendant, rapidement, les aspirants obéissants

découpent en tranches des feuilles blanches.

Dépatouille, démerdouille… ouille !

Etre intuitif, constructif, fabriquer de l’abstractif

avec ce dispositif ?

Affirmatif, sauf que je suis pas créative, pas inventive et

sur cette initiative dans une totale expectative.

 

Tout le groupe se met en route, moi je frôle la déroute !

Me faudrait sans tarder trouver une idée…

Un flash, cash. Pour me mettre à la tâche.

La vache ! Mes cellules grises se paralysent je démoralise

avec une vague impression de retourner à l’école,

c’est pas drôle !

Egarée, je reste figée. Faudrait pourtant commencer…

Commencer… commencer… comment c’est, une esquisse ?

Penser à Matisse, à un certain Nu Bleu…

Me lancer, esquisser une vague forme informe d’un bleu trop

bleu !

Mais pour continuer… je manque d’idées.

Insister, persister, mais…

sans motivation c’est une abomination !

Gribouiller barbouiller ajouter

couleurs pleureuses jaune citron,

touches baveuses orange potiron,

qui se meuvent en haut, en bas, à plat,

font ce qu’elles peuvent.

Quelle épreuve ! J’ai l’estomac en vrille là,

Puis là voilà patatras pour continuer… je manque d’idées…

 

Cependant, peu à peu, dans le soleil en veille,

Les apprentis s’interpellent, les dessins s’amoncellent,

et s’emmêlent sur le dallage carrelage des pages

mais moi sur les pages du carrelage je nage

l’inspiration rouillée, l’esprit en vadrouille,

tout se brouille en carambouille

je n’ai plus aucune idée. Continuer ?

Niquedouille !

 

Trois p’tits points…

Jeannine Anziani

Publié dans En habits de charivari

Editions Manoirante

 

J'ai écrit ce texte suite à un atelier du GFEN animé par Odette et Michel Neumayer. Je pense que vous aurez compris que la dame dont je parle dans le poème n'est autre qu'Odette.

 

 

 

 

Couverture du recueil - Odette et Michel NeumayerCouverture du recueil - Odette et Michel Neumayer

Couverture du recueil - Odette et Michel Neumayer

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  • En l'an 2000, j'ai décidé de changer de vie ! Disons, de me consacrer à ce que j'avais toujours rêvé de faire : écrire... Alors, depuis, j'écris... pour les grands et pour les petits !
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 Phocette, la petite souris marseillaise (Editions de l'Hippocampe)

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