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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 13:01

Deux coups sur la tête ! Deux ! Et si rapprochés !

Le premier, je m’y attendais. Ma maman, 96 ans, hospitalisée depuis début juillet nous quittait le 9 août… (voir article du 13/08/213)

Le deuxième ? Je m’y attendais aussi. Odette, depuis deux ans, se battait avec acharnement contre ce que l’on nomme pudiquement une longue maladie.

Mais, même si l’on sait pertinemment qu’un malheur va arriver, quand il arrive, l'esprit et le coeur chavire, tangue et tout bascule.

Aussi; le 4 septembre au matin, quand j’ai appris qu’Odette était morte… le vide s’est révélé abyssal.

Odette Neumayer, co-directrice (avec Michel son mari) de la revue d’écritures Filigranes : www.ecriture-partagge.com, je lui dois tant. Nous sommes d’ailleurs tellement nombreux à lui être redevable. De son humanité, son humilité, sa patience, son humour, sa persévérance à nous conduire là où l’on n’aurait jamais pensé aller.

Avant de la rencontrer, je n’aurais même jamais songé qu’une telle personne puisse exister. Une si grande énergie et tant de foi en « L’Homme du commun à l’ouvrage » (Jean Dubuffet). Et cette idée de séminaires gratuits ouverts à tous !

J’ai tellement, tellement appris à son contact, tant grandi, mûri, réfléchi.

Quant à mes livres, sans cette confiance en mon écriture qu’elle a su m’insuffler, aurais-je tenter la démarche de l’édition ? Pas sûr !

 

Odette Neumayer

« Odette se savait atteinte, elle s'étonnait que tant de personnes lui témoignent leur affection, elle se voyait comme une parmi bien d'autres oeuvrant pour un monde plus juste, pour une création partagée, les valeurs de paix et dignité. Rien de plus. »

Michel Neumayer.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:33
TROP (revue Filigranes)

Le numéro 85 de la revue

Filigranes vient de sortir.

"Pas si simple, le monde" - 2

Thématique : "Dans le multiple"

TROP

Ou

« Miroir, mon beau miroir… »

Ou

Trois filles en quête d’image

 

Trop. C’est trop.

Un, deux, trois, quatre brouillons dans la corbeille à papier.

Cette fois, ma foi, je n’y arrive pas ! Mes petites cellules grises se trouveraient-t-elles en surcharge ? En ce moment, trop de projets. Tant de rôles à jouer. Tant de costumes à endosser.

En outre, quand l’inspiration part en goguette et qu’en prime le thème imposé ne déclenche que des ébauches mal ficelées me faisant juste grimacer : beurk ! c’est mauvais… rébus ! Revenir au début.

D’abord, trouver la porte ! Sinon, entrer par la fenêtre ! Mais pour aller où ?

N’empêche, si je commençais par avancer à tâtons dans l’obscurité, à la recherche d’une idée.

Changer de masque. Appeler à la rescousse Philomène qui imprime des slams dans ma tête. Mais Philomène fait la sourde oreille. « Vous me la baillez belle, dit-elle ».

Alors, demander assistance à cette autre habitante qui, en moi, invente des « Pola » ?

Mais cette colocataire est partie se balader avec crayon et papier du côté du Panier[1]

Hypothèse habile : modifier l’itinéraire. Prendre un chemin de traverse, glisser sur un éboulis, emprunter un escalier resserré. Ou carrément choisir une impasse qui oblige à revenir sur mes pas. Puis écrire à l’encre sympathique…

Néanmoins, ces diverses voies ne m’amenant que dans un temps sans rimes ni raison, ne me reste plus qu’à enjamber le muret barrant ma vision d’un texte adéquat. Passer de l’autre côté, le cœur hésitant. Qu’est-ce qui m’attend ? Bah ! le savoir gâcherait le plaisir. Toujours garder le désir.

Sur le mur, il y a une poule qui picore du pain dur.

Le pain dur m’expédie dans le passé : une maisonnette en surplomb de l’anse de Maldormé[2], trois filles, un mois d’août. Un autre muret par-dessus lequel les minettes jetaient des miettes aux poissons.

 

Dans ce cabanon, fixé sur un mur, un grand miroir décor 1950. A tour de rôle, les trois amies avaient pris l'habitude, en maillots deux pièces, de s’installer en face pour se détailler scrupuleusement.

Marilyne se désolait toujours :

- Regardez cette poitrine ! C'est terrible d'avoir une si grosse poitrine ! Et mes jambes ? Pourquoi ai-je des jambes aussi lourdes ? Et mon nez...

Elle gémissait :

- En vérité, ce corps est-il bien le mien ?

Ah ! N’est-ce pas le propre de la plupart du commun des mortels que de se vouloir différent ? S’effacer à la gomme arabique…

Patricia se situait dans un registre plus désopilant :

- A mon tour... Commençons par les jambes, hum ! ça va… Le haut ? Ça va aussi… mais alors, admirez ce cul !

Elle se tapait sur les fesses, se dandinait devant la glace.

Je lui répondais (étant l’une de ces trois futiles adolescentes) :

- Il est parfait, ton derrière.

 

Et moi ? Mon apparence me convenait-elle ? Bernique ! Cette épaisse tignasse frisée, telle une fantaisiste perruque posée sur mon crâne, n’était absolument pas à la mode dans les années soixante. Je me rêvais avec une chevelure raide, lisse, aussi plate que la surface d’un 45 tours !

Conclusion évidente du minutieux examen : nos enveloppes extérieures étaient loin d’être en parfaite adéquation avec le contenu de nos esprits. Chacune, face à une doublure non conforme ! Laquelle était la vraie, celle du miroir ou celle du mental ?

Patricia, rigolarde, assurait :

  • Au moins, aux yeux des parents, nous sommes les plus belles !

Ah ! Un reflet de plus…

  • Et les copains, renchérissait Maryline, ils nous voient comment ?

Bigre, cela faisait beaucoup de filles dans une si minuscule maison.

 

Aujourd’hui, Marilyne se mire dans le regard de Dieu, Patricia a choisi d’entamer une nouvelle vie au pays de Don Quichotte.

Et moi ? Moi, je cherche le premier mot de la première ligne d’un texte sur la multiplicité… mon âme ébauche un sourire comme celui du chat du Cheshire[3].

 

 

Jeannine Anziani

 


 

[1] 13001 – et prochaine aventure de Pola de Marseille

[2] 13007

[3] Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll)

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:59
samedi 20 avril 2013 en Filigranes

C'était lors du dernier séminaire de Fili : www.ecriture-partagee.com  thématique : Dans le multiple.

En général, je vous poste les textes travaillés ce jour-là dans les jours suivants, mais vous savez bien... (pour ceux qui suivent ce blog) le changement d'adminsitration d'Over-blog, le changement d'ordinateur... j'étais tellement paumée !

Enfin, ça commence à entrer dans ma caboche bien que j'ai encore bataillé pour comprendre comment marcher le scanner, qui, lui aussi, se pratique différement avec Windows 8 ! Donc, lors de ce dernier séminaire, Odette et Michel Neumayer (directeurs de la revue) distribuent aux participants une feuille d'images.

Il s'agit d'en choisir une, puis d'écrire sur.

J'ai choisi le dessin d'enfant en haut à droite.

Un dessin d'enfant 

Une dame souriante, ronde et bleue

Sept personnages dans le ventre

 

C'est un dessin d'enfant. Une dame souriante au gros ventre rond cerclé de bleu comme la terre.

Dans le ventre, sept petits personnages.

Tout de suite, je songe aux sept nains, aux sept jours de la semaine, aus sept pêchés capitaux, aux sept...

Pourquoi 7 ?

J'aimerais bien que le jeune dessinateur m'explique le choix du chiffre.

Choix délibéré ou hasard ?

Quoiqu'il en soit, c'est une dame ronde qui ressemble à un ballon. Elle pourrait s'envoler. Dans l'infini de l'espace. Parmi les myriades d'étoiles. Elle pourrait voler jusqu'à un autre soleil, se poser sur un autre monde. Vide. Sans PERSONNE.

- Bonjour nouveau monde.

A ce moment-là, les petits personnages quitteraient l'abri du gros ventre rond et s'en iraient peupler la nouvelle planète. Qu'ils appelleraient : La Ronde.

Pour commencer, ils ouvriraient les bras, ils ouvriraient leurs coeurs et ils décideraient de tout partager. Les fleurs, les fruits et les orages qui grondent. Il y avait aussi des orages violents sur La Ronde.

Mais pas de chef !

- Si ! Nous avons besoin d'un chef, dit la dame au gros ventre qui n'a plus de ventre puisque les sept personnes qu'elle abritait l'ont quitté. Et ce sera moi !

- Hors de question ! répondent les sept avec un bel ensemble. Appelons le dessinateur.

Alors, le jeune dessinateur, qui était en fait une dessinatrice, a refait un dessin.

C'est une longue dame mince et grimaçante. A côté, huit petits personnages font une farandole.

Pourquoi 8 ?

 

Jeannine Anziani

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:08

Nuage.jpgCe dimanche 20 janvier, il y avait un séminaire de la revue d'écritures Filigranes. Je ne vais pas recommencer à expliquer Filigranes. Ceux qui suivent savent, les autres, reportez-vous sur :

www.ecriture-partagee.com

Donc, préparation du numéro 85 de la revue dans la thématique de l'année, soit "Pas si simple le  monde."

Après le numéro 84 "Éloge de la relation", voici "Dans le multiple".

Notre premier travail consiste à écrire deux versions, vus par deux personnages, d'une même scène démarrant de la manière la plus banale qui soit.

 

Histoires d’un chat

 

Le chat miaule. Il n’a plus rien à manger. Il n’y a plus du tout de croquettes ; seulement, je n’ai aucune envie de m’occuper de ce chat. Ce n’est pas mon chat ! Pas choisi. Il s’est imposé. C’est un chat garde alterné.

Ah ! Voilà bien ce que me propose la vie : un animal à quatre pattes alors que j’avais décidé au printemps dernier : « stop. Fini les chats. »

Pourtant n’avais-je pas toujours énoncé : « un chat, c’est l’âme d’une maison. Il t’accueille quand tu rentres. Il va, il vient, il emplie le vide. »

Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Donc, quand, au bout de dix huit ans de compagnonnage notre rouquin s’est éteint et qu’on l’ait enterré au fond du jardin, j’ai dit : « stop. Les chats, c’est terminé. »

Et voilà bien la vie comme elle est qui m’impose un été… à garder le chat de Petite Fille. Impossible de dire non. Ensuite, un mois, c’est vite passé… et le chaton gris est si mignon…

Ô ! Tragi-comédie ! Donnez un jardin à un chat puis remettez-le dans un appartement riquiqui sans même un bout de balcon à traverser. Que croyez-vous qu’il arriva ?

Au bout de trois jours, miaulements déchirants et griffades sauvages sur la porte d’entrée, soit porte de sortie dans l’esprit de la bête !

Conclusion : le chat est revenu à la maison.

 

Jeannine

 

Le chat miaule. Pauvre Minou, sa gamelle est vide mais le gros sac de croquettes est épuisé. Qu’à cela ne tienne, je vais lui ouvrir une petite boîte de thon !

-         Tiens amour de chat, régale-toi.

Le chat gris se frotte contre mes jambes comme pour me remercier. Il ne se jette pas de suite sur son assiette. Il renifle d’abord puis s’attaque à la nourriture.

Mon cœur soupire d’aise « ouf ! il aime le thon en boîte ! » Je me penche pour une caresse. « Petit chat, cette maison serait bien vide sans toi… »

Je m’installe dans le canapé du salon. Le chat qui a fini de dîner, s’installe à mes côtés, collé-serré et se met à ronronner. Félicité.

Je le regarde, roulé en boule, yeux fermés, petite chose belle et si vulnérable. Laisser ma main droite parcourir le pelage si doux m’invite à la méditation. Il y a des plaisirs simples si complets qu’ils donnent en même temps la conscience aiguë de la fragilité du monde qui nous entoure.

Mais des plaisirs qui affirment aussi que oui, c’est possible, en définitive, la paix. C’est simple. Il suffit d’être attentif aux êtres et aux choses qui nous entourent. Quitte à se forcer un peu parfois… au moins, essayer. D’aimer.

Commencer par le chat.

Ah ! Au fait, il se nomme Nuage.

 

  

Juliette

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 17:05

Marie-Christiane Raygot est une des "anciennes" de la revue Filigranes  Bien plus ancienne que moi ! Puisqu'elle participe à la revue d'écritures depuis plus de vingt ans.

Lors du dernier séminaire, le dimanche 21 octobre, pour une fois nous étions peu nombreux. D'autre part, la thématique en cours étant : "L'éloge de la relation", Odette et Michel Neumayer, les directeurs de la revue ont eu l'idée de faire écrire aux présents, une lettre aux absents !

Chacun et chacune y est allé de sa bafouille, lesdites bafouilles finissant par former un beau recueil, envoyé à ces fameux absents. Recueil que vous pouvez consulter sur le site www.ecriture-partagee.com.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là car les absents ont à leur tour répondu aux présents !!!

Moi, j'ai eu en retour une magnifique lettre de Marie-Christiane, retenue ce dimanche-là chez elle par une très méchante sciatique.

Au dos de la lettre, il y avait un poème, le voici ci-dessous.

A savoir, Marie-Christiane Raygot  a reçu de nombreux prix littéraires. En autres : le prix Voronca - le prix Luc Berimont - Le prix de la ville de Béziers.

 

Quand les loups iront Fili-a-la-mediatheque-avril-2011-005.jpg

à confesse

que l'agneau assurèment

effacera les péchés du monde

 

Quand l'oiseau

inassouvi d'aller

se fiera à sa brève étincelle

 

Qu'ensemble le ciel et la terre tendront la même soie

 

Que pleine de peine                              Marie-Christiane (assise) à la Médiathèque d'Aubagne

la mort câlinera                                                                                                    avril 2011

les choses maintenant

sans usage

 

Quand fleurissant

très haut

la vie n'aura pas brûlé

en pure perte

 

Alors par tous les murs

l'horizon entrera

je plierai mon bagage

à qui en voudra

léguerai mes trésors ordinaires

 

Mais en vain

sauverai-je  l'haleine

du lilas devenu orphelin.

 

 

Marie-Christiane Raygot 

Poème publié dans le n° 148 de la revue de poésie Décharge

 

 

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 13:58

"Nouvelles bouteilles à la mer ", thème du N°83 (paru en juillet 2012) de la revue d'écritures Filigranes www.ecriture-partagee.com termine la thématique de l'année consacrée au Temps des Métamorphoses.

Après D'une forme l'autre puis Si rien de radical n'advient...  voilà donc ma version de ces nouvelles bouteilles !bouteille-bleue-001.jpg

 

Lol !

 

JE - déteste les S.M.S., les M.M.S, les S.O.S. et les apartés.

MOI - choisit le sable blond et doux d’une préférée plage aimée.

Moi dit : « sur le sable tendre de la plage j’écris avec un bâton de bois flotté trouvé

des mots ronds et chauds comme le verbe aimer. »

Bon, d’accord, et après ?

Sur le sable tendre de la plage dorée je laisse un message codé :

« Elle est retrouvée.

Quoi ?  - L’éternité.

C’est la mer allée

Avec le soleil. »

Qui reconnaîtra le poète ? *

Lol !

Oui, Lol ou -) ? *

Faut avouer, l’acronyme ou le smiley simplifient rudement l’écriture !

Plus besoin d’envoyer bosser comme des galériens nos braves petites cellules grises qui pourront enfin partir à la dérive.

Braves gens rien ne dure. Même plus l’éternité.

Mais JE en perd le nord à essayer de conter une histoire de mer, de bouteille, de contenant et de contenu.

Contenu ? Sitôt le mot, sitôt la photo : s’enivrer de vin de Samos sur la terrasse d’un café du bout de la Méditerranée en écoutant avidement poèmes de riens lilliputiens et  glorieuses poésies du tout. A dire faux où se faufile la différence ?

Prose à l’endroit, vers à l’envers, à contre sens et sans interdits. Ciel ! L’ivresse me guette mais je n’ai pas retrouvé le nord. C’est simple, je chancelle, je n’sais plus où je vais. Ce qui n’empêche pas d’y aller.

Ne pas oublier : JE - fille du sud déteste les S.M.S., les M.M.S, les S.O.S. et le renfermé.

Pitié ! De l’air ! De l’air !

Chaud, doux, sucré, léger, serein, semblable au pas du chat sur l’herbe mouillée, parfumé comme le pèbre d’aï au mitan de l’été, à sniffer en toute impunité avec toute l’humanité.

Las ! Pendant que je m’enivrais à l’autre bout de la Méditerranée dans cette guinguette bien famée de vin soyeux et de secrets, l’écume sur la plage a effacé mon message.

La prochaine fois sur le sable, je bâtirai plutôt un château et pour le message, je prendrais une feuille de papier.

Voyons, cela n’est pas si compliqué.

 

  Jeannine Anziani


* Arthur Rimbaud

* Lol : laughing out loud. Argot internet - Interjection symbolisant le rire ou l’amusement

* -) : smiley symbolisant l’humour ou un éclat de rire

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:42

Dans cet exemplaire de la revue Filigranes, en l'occurrence le N°82, "il convient donc, avec panache ou non, de conjurer le destin. L'écriture nous propose ses services, ses ruses et ses langages" (éditorial Odette et Michel Neumayer).

Autant de textes, autant d'interprétations.

Après vous avoir livré hier une certaine vision : Si rien de radical n'advient... je vous propose aujourd'hui le regard de Jean-Jacques Maredi ( A Plan de Cuques ) qui raconte joliment un dimanche en Fili.

 

Les écrivantsPetit-seminaire-mars-2012-012.jpg

 

Ils arrivent au matin frais

L'air de rien dans l'air du dehors

Peu à peu tous venus d'ailleurs

Ils passent la porte un par un

Leur bonjour fleuri quelquefois

Du mimosa cueilli en route

Deux par deux comme pour les rimes

Comme les strophes d'un poème

En groupes de retardataires

Qui seront toujours bienvenus

En toute simplicité ils sont là

Mais chacun unique et si rare

Ils attablent leurs beaux sourires

Autour d'un grand cercle amical

Une lumière au coin de l'oeil

Un pli sérieux au coin des lèvres

Au bout de leurs stylos l'idée

Sur le silence encore blanc

Du papier déjà défloré

Avec des mots de joie prudente

Ou de lucides espérances

Au coeur même tellement chaud

De l'impalpable essentiel

Vital et précaire équilibre

Rendu encore plus précieux

Du risque même de se perdre.

 

Jean-Jacques Maredi

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:36

"Si rien de radical n'advient", thème du N°82 de Filigranes www.ecriture-partagee.com s'inscrit en second dans la thématique plus large de l'année consacrée au Temps des Métamorphoses.

Après D'une forme l'autre voici donc ma vision "radicale" (dans la forme et dans le fond) de ces métamorphoses.

 

Dans l’ombre 7094186957_d2b3f4de05.jpg

 

 

Avant.

Après…

comme un songe blafard, une ligne brisée…

mais non,

seulement une ligne continue avec des pleins et des déliés.

Mais.

Des fois, les étoiles aussi tombent dans la nuit.

 

Ce matin-là, majestueux et indifférent, avec insistance, un vol d’oiseaux inconnus imprègne le ciel. Métallique et froid.

Comme

cette ville grise méconnue également où elle se dépasse fugitivement et à qui les hommes ont donné un nom de saint

qui résonne dans sa tête comme un voleur,

d’homme. Le sien.

Derrière les murs, les barbelés, les portes, les barreaux,

passé dans une autre dimension.

 

S’esquiver.

De la lugubre limaille.

Retrouver la vibrante légèreté des jours et des soirs qui se plissent en bruissant de rires d’enfants.

Vite. Retourner sur le manège et s’enliser dans les voix du groupe Abba ! Mais.

Nul n’a jamais remonté le temps ni les sentiments.

 

Singulière aventure traversée cœur renversé, tel un fragile éclat d’arc-en-ciel chu au cap des brumes opaques.

 

Ce matin-là, volubiles les visiteurs patientent devant le lourd portail.

L’heure traîne en longueur.

En elle les pensées voltigent telles des cerfs-volants voletants par dessus la distance impossible à franchir.

Pas d’issue.

Il sera de l’autre côté de la vitre de l’autre côté du monde de l’autre côté de la vie

loin des hautes montagnes meringuées, des roses trémières et des oursins de la mer violette.

 

Attendre leur futur le souffle volatil.

En attendant, toute honte bue, franchir le barrage, les couloirs, les regards.

« Demain », murmure le chemin.

 

Quelques mots, quelques riens.

Et elle s’en va, elle se souvient,

elle continue, elle vire volte.

 

 

Jeannine Anziani

  

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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 09:51

Petit-seminaire-mars-2012-005.jpgIl y a encore des gens qui s’offrent  un luxe inouï ! Entendez bien : durant DEUX jours, ces hommes et ces femmes se consacrent uniquement à… l’écriture ! Et… la lecture !

Un samedi, un dimanche au pays de Pagnol à se pencher sur un projet personnel, terminer la rédaction d’un article, commencer un texte pour le prochain numéro de la revue Filigranes, continuer un roman, griffonner un poème… ou encore plus simplement, se plonger dans une lecture, se donner le temps d’une réflexion…

 Petit-seminaire-mars-2012-003.jpg

Le reste de l’année, la plupart du temps, nous Petit-seminaire-mars-2012-006.jpgcourrons, nous courrons, après quoi ?

Le boulot, la famille, le quotidien… se soigner…

Ou alors nous partons en vacances… mais que d’occupations pendant les vacances !

Et puis, une fois l’an, arrive le « Petit séminaire » de Fili.

Une parenthèse, un « entre-actes », un entre-deux. Pour soi ? Plus exactement pour son envie, ce désir d’aller plus loin au moyen des mots, de chercher ce qui peut se cacher à l'intérieur !

 

Ce week-end, nous étions une belle douzaine de doux dingues à nous retrouver à l’abri des Espillières, sous les collines d’Aubagne. Une douzaine seulement à partager cette curieuse manie ? Oui, c’est fort peu. Sûrement plus d’amateurs pour taquiner la sardine que la plume !

Mais voyez-vous, moi, je crois que tant qu’il y aura des femmes et des hommes pour commettre une chose pareille…

Revue Filigranes

www.ecriture-partagee.com

 

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 15:40

Et donc, la veille de Noël, dans ma boîte aux lettres, une enveloppe que je reconnais... celle de Filigranes. A l'intérieur, le N°81 de la revue d'écritures.

Plusieurs textes de nouveaux auteurs dans ce numéro, tant mieux, cela prouve que la revue est vivante et se renouvelle.

Je feuillette les pages, découvre les titres des paragraphes : impérieuse nature, entredire, affleurements, révélations/révolutions ; puis je me demande où je vais trouver le mien, de texte, quelque part toujours étonnée de me savoir choisie ! Parce que je crois que je n'en finirais jamais de douter...

Ah ! Me voilà, à la page 10 :

 

Dis, la vague, pourquoi tu divagues ? 

 

6329371025_8214c113ee.jpg

     

Ce matin-là, elle était étale et d’un bleu de joie. « Pétole ! » disent les marseillais.

 Une seule envie : plonger, mariner, y faire jouer ses doigts de main, ses doigts de pied.

Au-dessus d’elle, laissant éclater la luminosité d’un ciel d’été, il était bleu d’extase et s’étirait jusqu’à l’infini. Douceur de l’air.

Mais le temps jamais ne se retient et la journée fait son chemin.

Passé midi, dans un coin du bleu d’extase infinie, sont apparues de sombres cumulus. Puis, en début d’après-midi, de plus en plus de sombres cumulus, toujours plus de cumulus menaçants.

Elle, juste en-dessous, a commencé à clapoter sous des premières rafales d’est. Brutalement tout a changé.

Disparu sous un noir rideau de pluie, l’horizon. Noir encore l’habit revêtu par le ciel, noire la mer. Alors la fureur s’est abattue, partout, démentielle, caractérielle.

Les dieux étaient-ils en colère ? Tonnerres, éclairs, lourdes vagues de plomb.

Sur le navire, la fuite se révélant impossible, faire face aux éléments demande aux hommes de se transformer en géants. Se maîtriser pour maîtriser l’impermanence et l’ancre qui chasse au fond de l’eau, rapprochant dangereusement le bateau des rochers malveillants.

 

Moteur : vite un héros relevant l’ancre sous trombes d’eau.

 

Action : à la barre, dosant la vitesse, ni trop ni trop peu, fatche de ! un capitaine aux aguets pour diriger la périlleuse manœuvre dans la baie transformée en chaos, nasse à bateaux.

Frôlé à bâbord, à tribord, zigzaguant sous une clarté crépusculaire, le voilier tangue. Il y a des cris, des hurlements : les marins à la peine s’interpellent. Attention, risque de collisions. Faut pas croire, l’heure est grave, tout peut basculer dans l’instant. Et tant de flotte en bas, d’en haut.

 

Scène poétique : dans le carré, s’agit de troquer une humeur qui voudrait s’affoler contre une chanson pour un enfant astreint à revêtir son rouge gilet de sauvetage :

«  Mais non mon gros béta voyons bien sûr qu’ils n’en ont pas ♪♪♪ ! »

L’enfant, cet innocent inconscient, rit.  Pardi, c’est comme quand on part en ballade avec l’annexe pour rejoindre « la belle plage » !

« Dis, Mima, on va à la belle plage ? »

Enfin le navire parvient de l’autre côté pour trouver refuge sous la falaise. Soupirs d’aise.

Là-bas, à terre, au village, plus de lumière, tout a pété !

Ici, sous l’éperon, déjà beaucoup moins de rage dans le ciel d’orage.

Puis, peu à peu, un clin d’œil bleu au milieu des nuées.

Peu à petit « d’houle » s’étale et la chaleur reprend ses droits.

 

Début d’soirée, revient le calme de l’été.

On pourrait croire qu’on a rêvé…

 

 

Jeannine Anziani

 

 

Paru dans le N°81 de la revue d'écritures Filigranes -  Le temps des métamorphoses 1

"D’une forme, l’autre"

 

  

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