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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 08:19

 

Je reprends le cours du récit de mon voyage en Espagne.

Après Madrid nous avons fait route vers Tolède : la cité beige dominant la plaine sur son énorme bloc rocheux. Tolède, l'ancienne capitale du royaume espagnol à l'abri derrière ses murailles crénelées ; la cité magnifique classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco.

Espana-028.jpg

 

Du haut de sa colline la vieille ville domine les eaux du Tage, qui s'écoule tranquillement en contre-bas. Dès le premier regard, de la terrasse de notre chambre d'hôtel, j'ai éprouvé un choc, tant de beauté.

J'ai choisi d'entrer à pied dans la cité en empruntant le pont ancestral.

 

Espana-034.jpgEnsuite nous nous sommes laissés entraîner par le dédale des ruelles. Par son architecture Tolède mélange allègrement les cultures :

romaine, wisigothique, arabe, juive et chrétienne.

 

Le ciel était gris, l'air doux, nos pas nous ont porté vers la synagogue de Santa Maria La Blanca.

Espana-042.jpgCette synagogue du XII ème siècle, construite au coeur de ce qui était le quartier juif est la plus ancienne et la plus grande des huit que comptait la ville. Elle fut consacrée comme église en 1405 par l'ordre militaire de Calatrava.

  

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 06:23

 

Des voies d’autoroute qui se croisent, se recroisent, partent dans tous les azimuts… notre voiture s’est retrouvée coincée dans un embouteillage monstre ! Bienvenue à Madrid ! Comment trouver notre hôtel situé calle Abada ruelle étroite du centre ville ?

Après moult tours et détours, la meilleure solution qui nous vint à l’esprit, l’heure passant… était de prendre un taxi !

Avec mon homme nous sommes donc montés dans un taxi, les amis ont suivi avec la voiture !!!

Et nous sommes arrivés à l’hôtel. Pour l’auto, il y avait un parking à 200 mètres, ouf !

Les bagages déposés, il était déjà l’heure du souper. Nous ressortons de l’hôtel, nous engageons dans la rue d’à côté, surprise !

Imaginez un centre ville grouillant de monde, des hôtels *** et **** en veux-tu, en voilà ;  des messieurs en costume-cravate-attaché-case, des touristes, des étudiants, des « punkettes » aux cheveux rouges ou bleu électrique, enfin une population très cosmopolite. Et puis, des deux côtés de la rue, sur les trottoirs des filles et des garçons qui attendaient le client. Mais si nombreux, si nombreux… jamais de ma vie je n’avais vu autant de jeunes vendre leurs charmes tous les 50 centimètres !

Étrange ambiance très très chaude… à quelques mètres de voitures de police stationnées !

 

Nous échouons sur les chaises d’un snack, tapas obligatoires. Vers la fin de notre repas, un des deux  jeunes de la table voisine est venu nous demander (en espagnol) une cigarette. Nous n’avons pas de cigarettes et nous lui expliquons ça gentiment.

Le serveur se mit alors à rembarrer fermement le garçon qui avait osé déranger de sympathiques français, le type se rassit en maugréant devant sa table. Le ton monta entre les deux hommes. Manifestement le client était soit ivre soit shooté voire les deux !

Conséquence, il commença à s’énerver et à gueuler : attraction garantie !

Le patron arriva et tenta de convaincre notre homme éméché de déguerpir. Le client se leva, tenta de taper sur le serveur, son copain tenta de le calmer, le serveur fit le coup de poing… Poum ! Le mec se retrouva à terre, le patron appela la police… qui se pointa dans la minute qui suivit. Nous avions l’explication des voitures garées un peu plus loin…

Soirée tranquille à Madrid.

 

Espana-012.jpgLe lendemain était nettement plus calme, les trottoirs environnants vidés de leurs appâts nocturnes...

Ne nous restait plus qu'à faire le tour de la ville... en bus ! Espana-024.jpgDe quoi attraper au vol quelques instantanés de vie madrilène. A un carrefour, pendant que le feu était au rouge : un jongleur lançait ses quilles en l’air. Plus chouette qu’un gamin hirsute qui se précipite sur votre pare-brise pour le nettoyer sans vous demander votre avis !

Un peu plus tard une colonne de bambins de maternelle se tenant de part et d’autre d’une longue et grosse corde à la suite de leur institutrice !

Partout des groupes d’élèves et leur prof en arrêt devant des monuments.

Une seule journée pour connaître une capitale c’était évidemment très court. Mais comme dit une de mes cousines : « c’est pour donner le goût ! » 

 

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 07:28

 

J'ai besoin de soleil, mon corps le réclame. Je sais, les médias crient à qui mieux mieux que l'on ne doit plus s'exposer au soleil. Je suis d'accord mais je pense que comme pour toute chose, c'est l'abus dont il faut se méfier.

D'abord j'ai une caution morale ! Ah ah ! C'est ma toubib qui me l'a conseillé : pour prévenir l'ostéoporose rien de tel que la marche à pied, une alimentation équilibrée et... du soleil avec modération !4558117784_25876caa18.jpg

Aussi pour mon premier jour de vacances, je vais m'asseoir sur la terrasse de la maison amie, dans les rayons de l'astre solaire.

Ce n'est point qu'il ne brillait pas à Marseille, mais ces temps derniers je n'avais pas le temps de m'attarder ! Trop de choses à faire...

 

Ce matin-là, en surplomb de la baie de Rosas je me suis transformée en lézard (en jean's et tee-shirt tout de même) ! Pas de vaisselle, pas de ménage, pas de repassage en retard, pas de courses, pas d'enfants ni petits ni grands... pas de vieille maman ni de repas à préparer ni de factures à régler !

Rien à faire que regarder la mer qui étincelle, les plantes qui poussent et sentir le temps passer doucement.

 

Parenthèse, entracte, j'ouvrais les guillemets "...................

 

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 13:10

 

" Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! "

(Joachim Du Bellay)

 

Me voici donc revenue d'España ! Suis-je pleine d'usage et raison ?

Ah ! Peut-être pas encore...

Mais... j'ai fait un beau voyage, pas aussi long que celui d'Ulysse mais je retourne avec de fortes et étonnantes images colorées dans la tête.

Des images de champs d'oliviers grisâtres et de colza couleur soleil à perte de vue, de plantations de gigantesques éoliennes brassant l'air de leurs grands bras blancs, de dantesques noeuds autoroutiers entrelacés ; de Madrid aux rues chaudes... dès la nuit tombée, Tolède  aux murailles crème, Valence l'époustouflante !

 

Mais tout d'abord, pour arriver en Espagne, il fallait emprunter l'autoroute. Sur l'autoroute... des camions, un long mille-pattes de camions, un mille-camions long, long, long tel un tuyau d'arrosage de jardin déroulé à l'infini ! 
Terminus du voyage : Rosas et une maison amie.

"C'est une maison... au sommet d'une colline" comme dans la chanson de Maxime Leforestier sauf qu'elle n'est pas bleue et se donne vaguement des airs d'hacienda !

Espana-002.jpg

Il y avait une petite chienne bouclée, dorée qui cachait ses os dans les plates-bandes puis venait vous chercher pour vous montrer où elle les avait caché !

Il y avait la baie de Rosas qui clignotait en contrebas à la nuit tombée, du champagne dans des flûtes en cristal.

J'avais posé mes valises au propre et au figuré. Et le voyage ne faisait que commencer...

   

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 07:49


Le mistral a nettoyé à fond le ciel, redevenu azur. Bien, très bien.
Allez va, tout de même, le dernier texte du tryptique paru La Cassidaigne :


Le Gendarme de Girolata3936833022_881bce29b8.jpg

 

         Une mer d’huile, la visite des dauphins de service, quelle était donc jolie cette traversée entre  le continent et l’île de Beauté.

Puis, le soleil se leva sur les falaises rouges d’Elbo et l’enchantement continua. L’équipage ne prononçait plus un seul mot, envoûté par ces quelques moments d’intensité.

Tranquillement, le voilier poursuivait sa route vers Girolata : cette anse splendide accessible uniquement par bateau ou un sentier de chèvres. Fendant l’eau bleutée, le navire s’engageait dans le petit golfe, quand soudain, surgi semblait-il de nulle part, un zodiac de la Gendarmerie Nationale lui fonça dessus.

Stoppez les machines !

- Gendarmerie Nationale. Est-ce que je peux monter à bord ? questionna le préposé, super beau gosse au demeurant …

Mais comment donc, cher gendarme, pensa le commandant du bord (et la moussaillonne sous le charme…), aucun problème, nous sommes en règle avec les autorités.

Le charmant officier enjambe alors lestement les filières en déclarant d’emblée.

-         Il manque les lettres MA sur la bouée de sauvetage !

(MA c’est-à-dire les deux premières lettres du port d’attache du bateau)

Ensuite, contrôle classique, jusqu’au moment où l’adjudant chef, le regard clair (t’as de beaux yeux tu sais) fixe notre commandant :

- Je peux entrer ? demande l’officier qui, joignant le geste à la parole, descend sans attendre dans le carré.

-         Les gilets ? O.K.

-         Les harnais ? O.K.

-         La pharmacie ? O.K.

-         Les extincteurs ? Aïe, aïe, aïe…

 Nous n’en avons que deux et il en faudrait trois…

- Votre C.R.Q.  ? Non, pas la licence, LE CERTIFICAT RESTREINT DE RADIOTELEPHONIE.

BEN… Euh… le commandant qui ne navigue jamais que depuis une vingtaine d’années par tous les temps, a bien entendu parler de cette chose, mais il ne l’a pas, là !

- Et bien c’est regrettable, conclut notre bel officier qui dresse alors un procès-verbal.

Conclusion : nous avons sept jours pour écrire deux lettres, acheter un extincteur, s’inscrire à un examen, et envoyer les preuves de tout ce tintoin à la gendarmerie d’Ajaccio.

Pratique et facile à réaliser quand nous n’aviez prévu qu’un rapide passage dans l’île corse…

 

La mer, dernier espace de liberté est en train de couler...

 


(Texte publié dans La Cassidaigne 2003)

                 
                                   

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 07:44


Et comme le temps est toujours grisaille je vais encore aller piocher dans la rubrique souvenirs pour mettre un peu de bleu dans ce gris...

En panne …
Pastis-011.jpg

 

Nous étions partis sur La Grande Bleue depuis plus d’un mois à présent, et voilà que les réserves en boisson jaune se trouvaient presque épuisées après tous ces débuts de soirées arrosés et partagés avec les copains de passage ou les rencontres de quais…

Dramatique : il ne restait plus à bord du voilier que le fond d’une bouteille.

Heureusement, il est de notoriété marine que les alcools en Italie sont bien moins chers que chez nous, raison pour laquelle nous n’avions fait que des provisions très modérées d’apéritifs. Enfin, ce soir, nous serions à Alghero (Sardaigne), ouf, sauvés !

Las, arrivés au supermarché local, pas la moindre bouteille de pastis en vue.

Du whisky, du gin, du martini, mais du pastis… point. Incroyable !

Mamma mia, ne restait plus au capitaine qu’à modifier ses habitudes d’anis vespéral. Impensable sacrilège pour un marseillais, mais c’est ça, la dure vie du marin.

Heureusement, la prochaine étape se profilait déjà à l’horizon : Bosa, et l’espoir pouvait renaître.

A Bosa donc, ancienne ville royale, nous voici repartis à la recherche du nectar provençal.

-         Pastis ? Pastis ?

Apparemment l’autochtone ne connaissait pas ce nom et les rayons des magasins visités alignaient sur leurs étagères toutes sortes d’alcools mais pas celui-là. Cruelle déception. D’autant plus que l’escale suivante devait être un mouillage forain.

Ensuite, Torre Grande, Carlo Forte, Teulada, les villes et les supermarchés se succèdaient sans plus de succès.

Puis ce fut Cagliari : capitale de l’île. Si on ne trouvait pas là la boisson tant convoitée, il ne restait plus qu’à se jeter à l’eau. Aussi, malgré un soleil de plomb, sitôt amarrés, nous partîmes à la recherche des commerces… situés à des kilomètres du port ! Seulement, c’est sans avoir aperçu  la moindre échoppe d’alimentation, que, à bout de force, nous finîmes par nous écrouler dans les fauteuils de la terrasse d’un café.

-         Pastis ? Demande le pitaine sans trop y croire .

-         Si, si, uno pastis ! Réplique le serveur.

Et, ô merveille, ô miracle, quelques minutes plus tard, un verre rempli du breuvage si ardemment désiré fit son apparition accompagné d’une petite bouteille d’eau.

Notre homme assoiffé se servit rapidement, porta le verre à sa bouche, fit une drôle de tête, regarda alors l’étiquette sur la bouteille… l’eau… était… pétillante ! ! !

                

(Texte publié dans La Cassidaigne 2003)

                
        

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 06:56

En février, de la pluie, en mars, de la pluie.
Encore ne pas se plaindre ! Dans notre midi la pluie est clémente au vu de ce qui s'est passé sur les côtes d
e l'Atlantique. Mais reste qu'il pleut...
Pour se changer les idées, pourquoi pas un souvenir de vacances ?

        E VIVA ESPANA

 

 

Les amarres étaient larguées, c’était parti pour La Grande Aventure ! Direction… Cadaquès (Espagne).

Maï, quelques miles plus loin, Monsieur le pilote automatique nous fit le coup de la panne. Rideau, le pilote.
Conséquence, changement de programme, nous voici donc rendu dans le plus grand port d’Europe, autrement nommé Port Camargue (bof). Las, le lendemain, il fallut bien se rendre à l’évidence : impossible de réparer, en tout cas, dans un bref délai.

L’équipage bouda, le capitaine râla mais vu qu’apparemment, le navigateur grisonnant avait moins d’endurance que le marin de première jeunesse qu'il avait été et qui barrait sans rechigner 24 heures durant, il ne restait plus qu’à reprendre la route vers Port Miou.

Adieu Cadaquès, la sangria, les tapas, et les copains qui attendront en vain. Snif !

Retour vers Marseille donc.

- Mais, suggéra le mousse, (moi en l’occurrence) peut-être que l’on pourrait faire une halte dans nos chères calanques, histoire de ne pas rater complètement les vacances…

Nous jetâmes l’ancre à Sormiou.

La température de la mer était de 27°8. Cet été 2003 pas de différence d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Le soleil était au rendez-vous, brillait-il autrement en Espagne ?

Le girelier reprit alors du service et la soupe de girelles se révéla excellente. Mais allez savoir si les petits poissons n’avaient pas meilleur goût dans les eaux hispaniques ?


Sormiou, Morgiou, Port Miou, Riou, Morgiou, Sormiou, dans l’ordre et dans le désordre. Roches blanches, pins couchés par le mistral, petits villages de cabanons blottis au fond des vallons. Paysage si familier que l’on fuyait. Paysage tant aimé que l’on redécouvrait.

En définitive, entre nous, partir en Espagne  ou au bout du monde, quand on a un paradis à portée de voile, qu’en pensez-vous : curieuse espèce non, cette espèce humaine ?

  

            E VIVA ESPANA… (le retour)

 

 

            Une des raisons pour lesquelles "l’Homo Portmioucus" souhaite aller voir ailleurs ce qu’il a sous les yeux, est « LA TRAVERSEE ».

Entendons-nous bien, La Traversée signifie perdre les côtes de vue pour parvenir enfin dans un de ces endroits idylliques nommés : Corse, Sardaigne, Minorque, Ibiza, Sicile, voire… Cadaquès !

Mais surtout la traversée est synonyme de pêche à la traîne, c’est-à-dire, essayer d’attraper, en même temps qu’une belle montée d’adrénaline, un GROS poisson vulgairement nommé THON.

Ensuite, l’homo Portmioucus pourra raconter à qui veut l’entendre comment il a attrapé « son » thon, combien il mesurait, combien il pesait, combien de temps ça lui a pris pour remonter à bord sa bestiole. Le sujet est pratiquement inépuisable…

Vous comprenez mieux à présent la déception de l’équipage au grand complet (lui et moi) de notre voilier suite à l’avarie survenue au pilote automatique. Il n’y aurait rien à raconter cette année…

Mais les voies des Dieux étant impénétrables au commun des mortels, ce matin là, en quittant Port Miou, Ils décidèrent probablement  de nous faire un cadeau.

Le cadeau prit une forme inattendue.

-         Regarde, me dit le commandant du bord, regarde là devant, tu vois tous ces oiseaux… ils ont l’air de chasser… et ces remous, là, il doit y avoir des poissons…


Illico presto je fis passer « la mitraillette » à cet observateur attentif. Le temps de dérouler l’engin et nous voilà au beau milieu d’un banc de minuscules poissons argentés scintillants sous le soleil à la surface de l’eau : des anchois, des milliers d’anchois !

-         Ah, c’est dommage, les hameçons sont bien trop gros pour attraper des anchois.

Je n’avais pas plus tôt fini ma phrase que l’homme se mit à crier de nouveau.

-         Regarde, regarde.

De gros poissons faisaient des bonds juste devant nous, se jetant voracement sur les anchois métallisés, au milieu des goélands essayant de prendre leur part du festin.

Le spectacle était complètement magique.

-         Hé, il y en a un de pris, s’exclama à ce moment-là  mon pêcheur favori.

Vite, on remonta la mitraillette, une bonite s’agitait frénétiquement au bout d’un des nombreux hameçons.

-         Oh non, zut alors… pesta le pêcheur car la bonite s’était détachée.

Malgré tout, il continuait à remonter méthodiquement  sa ligne.

-         Il y en a encore une !

Cette fois-ci, pas question de laisser s’échapper la bête, un coup de « guinchou » plus tard, la bonite terminait sa course dans le cockpit.

-         Et là, encore une …

Le pêcheur jubilait, admirait ses deux poissons, les vidait de leurs entrailles, mais pas question de les découper en rondelles, pas encore.

Il fallait d’abord rentrer au port.


Eviva-Espana-002.jpg


Il fallait, tel Joseph dans « La Gloire de Mon Père », brandir dans le soleil couchant ses deux poissons à bout de bras en s’écriant devant les autres Homo Portmioucus ébahis.

- Regardez… mes bartavelles !

 

(Texte publié dans La Cassidaigne 2004)

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 11:51


C'est une autre manière d'être
que de vivre sur la mer.
C'est plonger dans un autre rythme,
au contact de l'eau, de l'air, du vent
mais la terre... reste à portée de main.

Façon de vivre autrement
plus loin des apparences
vague-ment sauvage, peau salée,
cheveux coiffés par le vent,
sans artifices, au plus près de soi.

Le temps devient plus lent
tout en vous obligeant à porter attention
à un soudain frémissement de l'air, à la crête
de la vague qui blanchit, à un canot qui passe...
comme ma vie...

                  
                  "Maman les p'tits bateaux..."










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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 12:43


Enfin nous larguons les amarres pour de bon, cap sur Porquerolles !



Jamais de cette île je ne me lasse.
Mais la météo annonçant un coup de vent pour le lendemain, nous ne faisons que passer pour aller jeter l'ancre à La Badine, sur la côte est de la presqu'île de Gien devant les petites cabanes d'un club de voile.


De trois jours nous ne bougerons plus !

Sauf que l'intendance du bord est à surveiller de près et les vivres s'amenuisant, il nous faut quitter ce mouillage pour aller faire les courses au port de poche de La Capte. Port minuscule accessible uniquement aux barques de pêche ou autres embarcations du même acabit, nous sommes donc obligés de débarquer à terre en annexe.
Et les tours en annexe, c'est la joie des enfants... mais aussi des grands !

Courses faites et de retour à bord, nous devons nous rendre à l'évidence : ça tangue pas mal ! Forcément, le village de La Capte est situé vraiment tout à côté de l'entrée du port de Hyères ; sans arrêt des bateaux vont et viennent. Oui, vraiment ça boulègue trop ! Nous décidons de retourner à La Badine où le trafic est moins mouvementé !
Moteur au ralenti, mon capitaine préféré à l'avant du voilier s'apprêtant à jeter l'ancre, je suis à la barre quand soudain un gros "Grand Banks" nous fonce dessus par l'arrière et jette son ancre juste devant nous.
1/ Sa manoeuvre était dangereuse
2/ Il nous prend notre place
3/ Il est mal mouillé et gêne 2 voiliers (le notre et un autre proche)

- Non, mais ça va pas ! lui crie-t-on, vous avez bien vu qu'on manoeuvrait !.. et tous les marins savent qu'il est plus difficile de faire une manoeuvre avec un voilier allant lentement qu'avec un lourd bateau à moteur plus manoeuvrant.
Le propriétaire du bateau nous répond alors :
"c'est la loi de la mer " !

LA LOI DE LA MER ?


La loi de la mer a changé alors ! Parce que la loi de la mer jusqu'à présent égalait fair play et solidarité et non la loi du plus fort !
Mais il ne sera pas dit que le pot de fer gagnera contre le pot de terre. Je signale le comportement et l'immatriculation de ce "sale" bateau sur le 16 (le canal radio-maritime) ; ce qui veut dire que tout le monde est au courant (y compris La Marine...), le voilier le plus proche géné lui aussi manifeste également sa désapprobation.

Un peu plus tard Le Grand Banks déménage...
Non mais des fois !!!!!!!!!!!


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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 06:40


Sur le bateau de Laurent (voir épisode précédent), entre olives et pastis, nous faisons plus ample connaissance avec Tatiana sa compagne, arrivée d'Arménie en 2002.
Tatiana a eu une première vie à Erevan où elle a fait des études d'ingénieur en électronique mais la chute du communisme ayant fait explosé le système consistant à avoir son poste réservé à la fin des études et l'usine où elle devait démarrer sa carrière mettant la clé sous la porte ; la voilà à passer d'un emploi précaire à un autre.
Tatiana se marie, a un petit garçon... et comme la plupart des épouses arméniennes vit dans l'appartement de sa belle famille.

Sauf qu'à part elle, personne ne travaille, ni le beau-père, ni la belle-mère, ni le mari. Et quand la jeune-femme revient le soir à la maison, le bébé n'a même pas pris l'air de la journée.
Lui reste à laver à la main le linge de toute la tribu ... car dans ces années là en Arménie, pas de machine à laver.
Malheureusement, pas d'eau chaude non plus. Aussi la belle-mère de Tatiana se refuse à faire la lessive, invoquant son âge et son arthrose.
Au bout de trois ans de ce régime, Tatiana prend la décision de divorcer.
Cependant il faut savoir qu'en Arménie, dans les années 2000, il est toujours très mal vu de divorcer et il est donc très difficile, voire quasiment impossible pour une femme qui a osé s'affranchir du mariage, de refaire sa vie.
Seulement notre héroïne est une jeune-femme intelligente, libre et maligne.
Sur internet (à son boulot...) elle s'inscrit sur un site de rencontres, entre en contact avec un marseillais d'origine arménienne... qui assez rapidement vient l'épouser à Erevan et les ramène, elle et son garçonnet, dans notre cité phocéenne.

Il n'y aura pas de conte de fée en l'occurence ! 
Car si ce nouveau mari travaille, Tatiana va également se retrouver à bosser plus que de raison dans l'affaire de son époux.
Jusque là tout n'irait pas trop mal. Encore  que Tatiana se voit à nouveau revivre au sein d'une famille omni présente avec belles-soeurs à la maison... 
Hélas, l'esprit de famille dans cette famille là, ne fonctionne que dans un sens et le nouveau mari ne supporte pas le fils de Tatiana, jaloux du gamin, insiste pour le renvoyer en Arménie, commence à battre la jeune-femme.
Qui finit par s'enfuir et porter plainte à la police.
Elle avoue que les policiers l'ont bougrement bien aidé, lui indiquant la marche à suivre pour s'affranchir à nouveau d'un mari... qui ne va pas hésiter à dénoncer un mariage blanc, ce qui est faux !

Tatiana va alors se retrouver héberger chez un couple marseillais (d'origine arménienne) qui va la soutenir et lui permettre de rebondir dans un nouveau métier et un jour faire la connaissance de Laurent, découvrir la mer et les bateaux !

(Les prénoms ont été changé pour sauvegarder leur vie privée),


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