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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 12:43


Enfin nous larguons les amarres pour de bon, cap sur Porquerolles !



Jamais de cette île je ne me lasse.
Mais la météo annonçant un coup de vent pour le lendemain, nous ne faisons que passer pour aller jeter l'ancre à La Badine, sur la côte est de la presqu'île de Gien devant les petites cabanes d'un club de voile.


De trois jours nous ne bougerons plus !

Sauf que l'intendance du bord est à surveiller de près et les vivres s'amenuisant, il nous faut quitter ce mouillage pour aller faire les courses au port de poche de La Capte. Port minuscule accessible uniquement aux barques de pêche ou autres embarcations du même acabit, nous sommes donc obligés de débarquer à terre en annexe.
Et les tours en annexe, c'est la joie des enfants... mais aussi des grands !

Courses faites et de retour à bord, nous devons nous rendre à l'évidence : ça tangue pas mal ! Forcément, le village de La Capte est situé vraiment tout à côté de l'entrée du port de Hyères ; sans arrêt des bateaux vont et viennent. Oui, vraiment ça boulègue trop ! Nous décidons de retourner à La Badine où le trafic est moins mouvementé !
Moteur au ralenti, mon capitaine préféré à l'avant du voilier s'apprêtant à jeter l'ancre, je suis à la barre quand soudain un gros "Grand Banks" nous fonce dessus par l'arrière et jette son ancre juste devant nous.
1/ Sa manoeuvre était dangereuse
2/ Il nous prend notre place
3/ Il est mal mouillé et gêne 2 voiliers (le notre et un autre proche)

- Non, mais ça va pas ! lui crie-t-on, vous avez bien vu qu'on manoeuvrait !.. et tous les marins savent qu'il est plus difficile de faire une manoeuvre avec un voilier allant lentement qu'avec un lourd bateau à moteur plus manoeuvrant.
Le propriétaire du bateau nous répond alors :
"c'est la loi de la mer " !

LA LOI DE LA MER ?


La loi de la mer a changé alors ! Parce que la loi de la mer jusqu'à présent égalait fair play et solidarité et non la loi du plus fort !
Mais il ne sera pas dit que le pot de fer gagnera contre le pot de terre. Je signale le comportement et l'immatriculation de ce "sale" bateau sur le 16 (le canal radio-maritime) ; ce qui veut dire que tout le monde est au courant (y compris La Marine...), le voilier le plus proche géné lui aussi manifeste également sa désapprobation.

Un peu plus tard Le Grand Banks déménage...
Non mais des fois !!!!!!!!!!!


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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 06:40


Sur le bateau de Laurent (voir épisode précédent), entre olives et pastis, nous faisons plus ample connaissance avec Tatiana sa compagne, arrivée d'Arménie en 2002.
Tatiana a eu une première vie à Erevan où elle a fait des études d'ingénieur en électronique mais la chute du communisme ayant fait explosé le système consistant à avoir son poste réservé à la fin des études et l'usine où elle devait démarrer sa carrière mettant la clé sous la porte ; la voilà à passer d'un emploi précaire à un autre.
Tatiana se marie, a un petit garçon... et comme la plupart des épouses arméniennes vit dans l'appartement de sa belle famille.

Sauf qu'à part elle, personne ne travaille, ni le beau-père, ni la belle-mère, ni le mari. Et quand la jeune-femme revient le soir à la maison, le bébé n'a même pas pris l'air de la journée.
Lui reste à laver à la main le linge de toute la tribu ... car dans ces années là en Arménie, pas de machine à laver.
Malheureusement, pas d'eau chaude non plus. Aussi la belle-mère de Tatiana se refuse à faire la lessive, invoquant son âge et son arthrose.
Au bout de trois ans de ce régime, Tatiana prend la décision de divorcer.
Cependant il faut savoir qu'en Arménie, dans les années 2000, il est toujours très mal vu de divorcer et il est donc très difficile, voire quasiment impossible pour une femme qui a osé s'affranchir du mariage, de refaire sa vie.
Seulement notre héroïne est une jeune-femme intelligente, libre et maligne.
Sur internet (à son boulot...) elle s'inscrit sur un site de rencontres, entre en contact avec un marseillais d'origine arménienne... qui assez rapidement vient l'épouser à Erevan et les ramène, elle et son garçonnet, dans notre cité phocéenne.

Il n'y aura pas de conte de fée en l'occurence ! 
Car si ce nouveau mari travaille, Tatiana va également se retrouver à bosser plus que de raison dans l'affaire de son époux.
Jusque là tout n'irait pas trop mal. Encore  que Tatiana se voit à nouveau revivre au sein d'une famille omni présente avec belles-soeurs à la maison... 
Hélas, l'esprit de famille dans cette famille là, ne fonctionne que dans un sens et le nouveau mari ne supporte pas le fils de Tatiana, jaloux du gamin, insiste pour le renvoyer en Arménie, commence à battre la jeune-femme.
Qui finit par s'enfuir et porter plainte à la police.
Elle avoue que les policiers l'ont bougrement bien aidé, lui indiquant la marche à suivre pour s'affranchir à nouveau d'un mari... qui ne va pas hésiter à dénoncer un mariage blanc, ce qui est faux !

Tatiana va alors se retrouver héberger chez un couple marseillais (d'origine arménienne) qui va la soutenir et lui permettre de rebondir dans un nouveau métier et un jour faire la connaissance de Laurent, découvrir la mer et les bateaux !

(Les prénoms ont été changé pour sauvegarder leur vie privée),


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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 17:58


Un de nos voisins, les voisins ont une importance capitale dans ce village posé sur la mer qu'est la calanque ; un voisin donc est venu donné un coup de main au capitaine pour finaliser l'installation de ce fameux câble (voir épisode précédent) destiné à l'arrêt du moteur.
L'étouffoir d'origine s'étant définitivement étouffé l'an dernier, pour arrêter le moteur, il fallait passer (en catastrophe parfois) la descende assez raide qui mène à l'intérieur. Ensuite il s'agissait de tirer sur une ficelle... (arrangement provisoire).
Pas vraiment pratique. D'autre part dans la perspective de la vente de ce voilier pour causes multiples... le truc ne faisait pas très sérieux !
Et bien voilà : ça marche !

Récompense : Laurent, un autre voisin nous a invité à prendre l'apéro sur son bateau. Les apéro dans la calanque... c'est dramatique ! Cela n'arrête jamais ! A toi, à lui, à eux, à nous et ça recommence...

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 15:12

Comme un escargot avec sa maison sur son dos, le soir, dans le carré, une impression  très diffuse m'envahie peu à peu. Le monde est devenu clos. Le dos calé par des coussins, les jambes allongées sur la banquette, dans le balancement  du navire, le bien-être  devient absolu. Probablement le corps retrouve-t-il des impressions d'enfance, des mouvements de berceau, peut-être même encore plus tôt, baignant dans le ventre de sa mère... porté par l'élément liquide. Une sensation  de détente complète.
Dans le bateau, le balancement, le silence alentour, ma vie s'allège. Je me "désencombre" ! Au propre et au figuré.
A se demander pourquoi nous entassons tant d'objets dans nos maisons, à se poser la question de la place phénoménale prise par toutes ces projections mentales qui nous assaillent tout au long de l'année et qui subitement ont sombré.
Bien sûr ce sont les vacances mais sur la mer, on largue les amarres, on mets de la distance, même si le bateau est toujours amarré à son bout de quai.
Dehors est l'infini, l'inconnu. A l'intérieur d'un bateau, le monde s'est réduit, il est fini, a des limites précises, un sentiment rassurant.

Sur le voilier, j'entre dans une autre dimension. Et le soir devient encore plus spécial.  Certainement l'absence de cette maudite diabolique télé omnipotente y contribue.
Vous me direz, alors pourquoi l'allumer chez soi ? Bonne question ! Parce qu'elle est là et qu'ILS sont arrivés à nous faire croire qu'il nous FAUT impérativement savoir à quel point la terre va mal !

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 06:46

Ce troisième jour de vacances à Port Miou, est le jour d'une dédicace "Du quotidien à voix haute" à la librairie Préambule de Cassis.


Le mieux pour aller de Port Miou à Cassis est d'y aller... à pied. Car trouver une place pour garer sa voiture dans le village est mission impossible sauf à aller se mettre dans un parking payant. Ensuite de retour au parking (gratuit) de Port Miou,  évidemment il n'y aura plus de place ! 
Pour le trajet à pied : c'est là que l'on se rend compte à quel point la route monte et descend,  il faut compter une gentille demi-heure de promenade, enfin, je parle de mon cas, vu que je ne marche pas vite tout en regardant le paysage...
La librairie Préambule se situe 8 rue Pierre Eydin, une ruelle qui se faufile derrière la Mairie. Ce jour-ci est vendredi et jour du marché, justement devant l'Hôtel de Ville.

Les dédicaces sont des évènements bizarres. Des fois ça marche du tonnerre, des fois c'est moyen, à d'autres calme plat ! En dépit du marché il n'y aura pas foule...
"L'action nous appartient, mais les fruits de l'action"... répète souvent Arnaud Desjardins.
Les fruits n'ont pas dégringolé sur ma tête ce matin... A propos de tête, on va dire que c'est bien pour l'ego qui n'enflera pas trop !

J'aurais tout de même une remarque à faire. A mon humble avis, ceux qui entrent dans ce type de commerce, c'est forcément pour faire l'emplette d'un bouquin. Or, qui écrit des bouquins ? Des auteurs ! Alors pourquoi ne pas accorder un plus d'attention, voire un sourire...  à l'auteur présent, même si on n'a pas l'intention d'acheter l'ouvrage présenté ?
Heureusement, certains et certaines l'ont fait ! Et peu convaincus au départ par la notion de poésie, sont finalement repartis ravis avec le recueil !


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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 11:38

Je suppose que vous imaginez, si vous n'avez jamais mis les pieds sur un voilier, vos journées bercées  par le doux bercement des vagues, sous un soleil amical et avec juste une légère brise soufflant dans les voiles. Que nenni !
La félicité viendra certes, mais pas tout de suite...
D'abord pour partir, déjà, il faut que le bateau soit en état, de naviguer !
Le notre est un vieux navire, ce qui ne veut pas dire d'ailleurs qu'une embarcation neuve soit forcément synonyme de tranquillité, des fois, c'est pire !
Enfin dans notre cas, en principe, l'hiver et le printemps sont le temps du retapage, du bricolage, des réparations diverses et variées.
Sauf que les saisons dernières, mon capitaine, a eu, lui, des problèmes de santé. Aussi juillet s'est pointé et le bateau n'était pas prêt.

Oui, la vie est dure pour le marin... et pour la femme du marin donc !
Car ce deuxième jour doit être consacré à faire passer un câble d'alimentation électrique de l'arrière du bateau à l'intérieur près du moteur. Trois mètres cinquante de longueur à glisser dans un trou où même un lézard aurait du mal à passer ! Devinez donc qui fut chargée de l'opération vu que le capitaine à l'embonpoint certain et aux trop larges mains ne peut accéder à ce trou à rat ?
Banco ! Vous avez deviné.
Me voici donc à me contorsionner telle une artiste de cirque, dans le cockpit, afin de récupérer le bout de ce fichu câble que le capitaine m'envoie de l'intérieur !
Ensuite plongée à l'intérieur du bateau, aplatie comme une crêpe sur une couchette débarrassée de son matelas. Bonté divine ! Que c'est dur une couchette de bois débarrassée de son matelas.  
Arriva l'instant suprême où il fallut me transformer en "Menotte agile". Il s'agissait d'attraper l'autre bout du câble tout en levant la tête vers la droite pour lorgner à travers ce ridicule trou afin de  tenter d'apercevoir le filin en question.

Et bien, l'opération fut menée à son terme ! Mais ma nuque et mon épaule droite, elles, s'en souviendront un certain temps, de cette position... n'ayant rien à voir avec le Kama-sutra !

Maintenant, dans un paysage aussi enchanteur, de quoi se plaindrait-on ?




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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 17:58

Avions-nous bien dormi ? Le mistral ayant soufflé cette nuit-là sans discontinuer, notre voilier avait passé son temps à se frotter contre son voisin tribord. Grincements des pare-abattages qui s'entrechoquaient et grinçaient contre la coque. Rafales qui faisaient claquer les drisses des bateaux environnants, nous aurions pu rêver mieux mais nous étions à bord... dans les bruits habituels des navires dans les ports.
Le lendemain matin les cigales avaient pris le relai, leur cymbalisation ayant raison des chuintements divers. La vie s'organisait et la magie commençait à opérer.
Se retrouver sur un voilier, c'est comme une drogue...
Enfin il fallait hisser nos couleurs.
Le pavillon réglementaire sur les bateaux de notre pays est évidemment le drapeau tricolore mais nous, nous avons notre signe de reconnaissance personnel. Une manche à air multicolore en forme de poisson que nous hissons chaque été pour signaler que nous partons en vacances...

- Ralliez-vous à notre panache, appelle le poisson coloré.

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