Ecritures, lectures, autres slams et divagations par Jeannine Anziani alias Philomène Et tous mes albums et autres livres publiés
En créant ce blog, je m’étais dit : pas de trucs trop perso, pas parler de ses petits bobos, pas de réality show !
Me voilà en plein dilemme, parce qu’en réalité, n’est-ce pas quand on va au fond de soi, quand on voit comment l’esprit fonctionne, que commence à s’élaborer un début de compréhension des autres ?
Et le but n’est-il pas de passer de
moi
à
moi et les autres
puis
les autres et moi
enfin
les autres ? (Swami Prajnanpad)
Et mon expérience n’est-elle pas là pour aider un tant soit peu les autres ? Cela est-il prétentieux de le penser ?
Alors parler ou ne pas parler ?
Hier soir vendredi 8 mai, il y avait slam à El Ache de Cuba (9 place Paul Cézanne à Marseille). Olé !
Ça pouvait me faire comme un cadeau d’anniversaire. Je m’offrais ce plaisir léger : lancer un texte, écouter les mots des autres, peut-être dire un deuxième texte, boire un verre, échanger quelques paroles avec des gens que j’aime bien, me concentrer à nouveau pour écouter, lâcher un troisième texte ?
Parce que si on écrit, c’est pour être lu, si on écrit c’est pour exprimer ce qu'on a écrit, y compris à voix haute et ça devient du slam !
D’autre part oser s’exposer quel exercice ! Angoisse, jubilation, concentration, un slam comme une méditation !
Et puis en ce moment avec toutes ces tuiles qui n’arrêtent pas de me tomber chaque jour sur la tête, El Ache de Cuba, quelle récréation !
Caramba ! C’était compter sans… un couple en train de se séparer qui se déchire, un enfant pris en otage, un appel téléphonique, un départ précipité pour essayer de calmer le jeu (si on peut s’exprimer ainsi !), la tension dramatique et ma soirée qui tournait à l’orage.
Adieu, veau, vache, cochons, poulets, slam et El Ache ! Adieu ma petite évasion !
Normalement, en même temps que le cadran de ma montre indiquait que l’heure d’ El Ache de Cuba approchait, quelque chose à l’intérieur de moi aurait du se mettre à bougonner, maugréer, tempêter, maudire et dire non !
Le processus de rébellion avait d’ailleurs démarré… Mais pourquoi donc étaient-ils en train de me gâcher ma soirée ?
Et puis… je n’ai pas compris, soudain quelque chose a lâché, ça a dit oui !
Oui. A la situation. Acceptation. Soumission.
Pour ce dernier mot : explication.
Dans " Du quotidien à voix haute" il y a un swing où j’emploie ce mot :
«… Il y a comme une évidence,
J’ai pas gagné, j’ai pas perdu, j’ai juste vu.
Soumission absolue… »
Or apparemment l’autre jour quelqu’un a entendu dans ce « soumission » « femme soumise » !
Il ne s’agit aucunement de cela.
Soumission n’égale pas femme soumise !
Soumission = acceptation de la situation.
Oui je me soumets à ce qui vient.
C’est ce complet ressenti qui est arrivé hier soir sans crier gare. Tout à coup j’ai accepté, plus aucune souffrance et la liberté !
La souffrance vient de la non acceptation.
La souffrance, terrible, indicible, je l’ai VU physiquement dans ce garçon qui refusait la situation, dans cette fille qui niait l’état de choses qu’elle avait elle-même crée. Les deux ayant bien évidemment des visions différentes des circonstances et absolument aucune conscience des réactions découlant de leurs actions.
Cette soudaine liberté intérieure, c’est comme un état de grâce. Oui.
Pas ce qu’on avait prévu. Ce qui est venu.
Une, deux, trois lettres : Oui.
Ces deux-là ne réalisaient absolument pas le mal qu’ils étaient en train de faire à leur enfant, ne comprenaient rien à la vie qu’ils se compliquaient d’une manière stupide ? O.K.
Mais ne pas qualifier, ne pas les
juger.
Ces deux là m'emmerdaient avec leurs
problèmes, oui.
D’autre part, c’était raté pour moi (au fait quel moi ?), pas d’évasion ce soir, pas de slam, pas d’Ache, pas le plaisir de dire ses mots ni de retrouver les autres
slameurs ?
Accepter.
« Etre un avec
».
Voilà que j'entrais talement dans
ce « Etre un avec » de Swamiji que
j'avais tant de mal à comprendre.
Encore fallait-il veiller à ce que ce diable d’ego qui pour un temps avait foutu le camp, ne vienne faire de la récupération en essayant d’en tirer une certaine gloire si minime
soit-elle… Ne pas s'illusionner, l'état de grâce nallait pas durer et...
L'évier est bouché.