Ecritures, lectures, autres slams et divagations par Jeannine Anziani alias Philomène Et tous mes albums et autres livres publiés
Par Philomène
Ce matin 7 heures. J'ouvre Google pour aller mettre à votre intention chers lecteurs (trices) assidus du Monde de Philomène un extrait de "Le moine et le philosophe"
de Jean-François Revel (comme chacun sait il fut Académicien) et son fils Matthieu Ricard. Un extrait ayant trait à ces infernales
pensées...
Google me répond : "Oups ! Il semble que ce lien soit corrompu".
Pensée : Grrrrrrrrrr ! C'est bien ma veine ! Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi il me fait ça !
StopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStopStop.
(…)
"Il faut essayer de rompre pendant quelques instants le flot des pensées. Sans entretenir les pensées passées, sans inviter les pensées futures, on demeure, ne serait-ce que brièvement, dans un état d’éveil au moment présent, libre de pensées discursives. Peu à peu on devient capable de prolonger et de préserver cet éveil. Aussi longtemps que les vagues agitent un lac, ses eaux restent troubles. Dès que les vagues s’apaisent, la boue se décante et l’eau retrouve sa limpidité. De la même façon, lorsque les pensées discursives se calment, l’esprit devient plus « limpide » et il est alors plus facile de découvrir sa nature.
Il faut ensuite examiner la nature des pensées discursives. Pour ce faire, on va jusqu’à susciter volontairement une émotion très forte, en pensant par exemple à quelqu’un qui nous a fait du mal, ou, au contraire, à un objet de désir. On laisse cette émotion apparaître dans le champ de notre conscience puis on fixe sur cette pensée notre regard intérieur, successivement d’une façon analytique et d’une façon contemplative. Au début, cette pensée nous domine, nous obsède. Elle revient constamment. Mais, si on l’examine bien, d’où tire-t-elle sa force apparente ? Elle ne possède pas la faculté intrinsèque de nuire comme un être en chair et en os. Où était-elle avant de surgir ? Lorsqu’elle se manifeste dans notre esprit, a-t-elle une caractéristique quelconque ? Une localisation précise, une forme, une couleur ? Lorsqu’elle est sortie du champ de notre conscience, va-t-elle quelque part ? A mesure qu’on l’analyse, cette pensée qui semblait si puissante nous échappe ; on ne peut la « saisir » ni la pointer du doigt. On arrive alors dans un état de « non trouvé », dans lequel on demeure quelques instants de manière contemplative. C’est ce qu’on appelle, techniquement, « reconnaître la vacuité des pensées ». C’est un état de simplicité intérieure, de présence claire et éveillée, dénué de concepts. Lorsqu’on comprend que les pensées ne sont qu’une manifestation de cette conscience éveillée, elles perdent leur solidité contraignante. Une fois que ce processus de libération est devenu naturel, au terme d’une pratique assidue, lorsque des pensées surgissent de nouveau elles se dénouent au moment même où elles surgissent et cessent de perturber notre esprit et de l’assujettir. Elles se forment et disparaissent comme un dessin tracé avec le doigt à la surface de l’eau, qui s’efface à mesure qu’on le trace."
(…)
Matthieu Ricard
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