Ecritures, lectures, autres slams et divagations par Jeannine Anziani alias Philomène Et tous mes albums et autres livres publiés
Par Philomène
Avant 1914, Port Miou, c'était la plus belle des calanques de Marseille à Cassis.
Plus profonde qu'En Vau, plus boisée que Port Pin, et en prime plus poissonneuse... on pouvait y pêcher de petites crevettes grises nommées Calambo.
Maï ! La guerre de 1914 arriva. Pour faire la guerre, les hommes, jamais à court d'idées dévastatrices, inventèrent les gaz asphyxiants dont le sinistrement célèbre gaz moutarde.
Or, pour fabriquer ce gaz, il fallait du chlore...
La société belge Solvay possédait le secret de fabrication de ce chlore à partir du sel marin et du calcaire. Le sel marin se trouvait à Salin de Giraud ; c'est-à-dire pas très loin de
Cassis.
En 1896 Solvay ouvrit donc la carrière de Port Miou pour en extraire le calcaire. Après extraction celui-ci était transporté par péniche à Salin de Giraud qui appartenait également à l'entreprise
belge.

Outre la destruction du site, on peut imaginer les nuisances à la pêche provoquée par l'exploitation de la carrière...
Bien évidemment, les pêcheurs intentèrent un procès à la société Solvay, en vain !
Ils ne purent obtenir la fermeture de la carrière qui travaillait à fond pour l'industrie de la guerre.
Ils réussirent cependant à avoir des compensations.
Une compensation collective avec la construction d'un quai bétonné (toujours en place côté Est) et une individuelle, par le versement d'une rente mensuelle pour chaque pêcheur lésé. Cette
indemnité étant calculée à l'époque en franc or.
Madame Feutrier, veuve de guerre, femme de pêcheur, touchait encore cette rente en 1960, à l'époque où l'on pouvait toujours la voir ravauder les filets, rue de la Viguerie à
Cassis.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog