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Ecritures, lectures, autres slams et divagations par Jeannine Anziani alias Philomène Et tous mes albums et autres livres publiés

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Guy le radin

 

L’histoire remonte à… quarante ans en arrière…

Les épisodes ayant toujours lieu le samedi matin à 13 heures.

Surtout pas un autre jour et surtout pas avant midi !

Notez bien le jour et l’heure, le fait avait son importance.

Guy laissait sa voiture dans une ruelle adjacente à l’avenue du Prado (Marseille) ; le plus souvent mal garée à cheval sur un trottoir. Mais à cette heure là, en principe, les flics ne passaient plus. Comme la plupart des gens, ils étaient probablement en train de casser la graine !

Lui, un vieux panier à bout de bras se dirigeait vivement vers les étals du marché.

 

- Mais pourquoi t’envoie pas ta femme, avait demandé un jour un copain (macho ?)

- Ma femme ? Non sûrement pas. Elle ne sait pas faire ça, elle se ferait avoir !!! Et puis faut aussi pouvoir porter le panier et les cageots…

 

A 13 heures, déjà, presque plus de chalands entre les étals et les vendeurs commençaient à remballer ce qui leur restait. C’était le moment stratégique où notre ami intervenait sur le devant de la scène. Traduisez  un premier étalage :

- Vos artichauts, là, vous les faites à combien ?

Une minute plus tard, banco, notre homme se retrouvait nanti de 2 plateaux d’artichauts…

Une minute plus tard, nouveau repérage, courgettes compétitives en vue.

- Vos courgettes, là, vous les faites à combien ?

 

Voilà, vous avez compris, l’astuce se trouvait ici. « Jamais le dimanche » (le marché !) Aussi, plutôt que de repartir avec des fruits et des légumes invendus, à garder jusqu’au lundi… les marchands préféraient brader leurs produits.

Les fruits et légumes, c’est bien connu, ne raffolent pas des manipulations et sont sensibles au temps qui passe.

Bon, c’est certain, fallait aimer les artichauts, ne pas céder à la panique devant le stock de patates, les courgettes à répétition ou les aubergines dans tous leurs états !

Fallait savoir décliner les légumes élus dans toutes ses recettes, accepter de bouffer pendant une semaine entière des artichauts (encore) ou  le légume choisi sans craindre l’overdose ! A moins de nettoyer, faire blanchir et congeler fissa.

Mais à l’époque tout le monde n’avait pas de congélateur.

 

Pendant des années notre bande de copains a charrié ouvertement Guy (en le traitant de radin) mais un net changement émerge depuis quelques temps.

Il y a peu, lors d’un repas entre amis, l’anecdote a refait le tour de la table.

Nous en avons conclu qu’il serait peut-être grand temps pour nous tous d’adopter le système, vu la baisse de nos pouvoirs d’achat et les prix des aliments en augmentation constante !

Moralité de la fable :

En définitive, nous sommes tous en train de virer radin !
 

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C
<br /> Amusant et bien vu. La décroissance au quotidien. Le personnage et le groupe d'amis sont bien croqués.<br /> A +<br /> <br /> <br />
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