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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 07:26

 

Ce mec-là se tient raide comme un manche à balai, il n’a pas l’air de rigoler tous les jours ! Ce matin, lors de la séance questions-réponses avec le psychothérapeute il prend la parole et les traits sévères affirment :
- Cela fait vingt neuf ans que je n’ai pas vu mon fils aîné !
Bigre ! Le vieux monsieur explique dans la foulée qu’avec son fils, il y a justement vingt neuf ans en arrière, ils avaient failli en venir aux coups. A cause ? Bah ! Deux choses pas si graves…
Depuis son fils lui a fermé sa porte et alors, basta, terminé, finish !
Le sapajou ajoute ensuite qu’il s’est remarié, d’ailleurs sa deuxième femme avec laquelle il a eu deux autres enfants est là dans l’assistance. Haut et fort, il clame que chez lui la porte est grande ouverte, dans les deux sens… et que par le biais des autres enfants, il l’a fait savoir au fils honni.
Entre parenthèses il a cinquante cinq ans maintenant ce fils...
Bon, d’accord, sa femme ici présente peut le confirmer, il est un père autoritaire…
En même temps, le constat est que ce fils perdu de vue depuis vingt neuf ans ne lui manque pas vraiment.
En même temps, ce garçon-là a eu deux enfants qu’il ne connaît pas… l’homme soudain a la barbe qui tremble (que cachent-ils donc tous ces hommes derrière leur barbe ?)
Sa question est :
« faut-il, doit-il écrire une lettre à son fils ? Bon, il y a ces deux points à éclaircir… Les deux points pas très graves… qui ont tout déclenché. Il faudra tout de même revenir là-dessus n’est-ce pas ? »
La réponse tombe.
Oui, bien sûr, il faut écrire à ce fils et dire que la porte est ouverte mais surtout pas de conditions. Le passé est passé.
Oui la porte est ouverte, point final, pas de conditions.
Le sapajou déclare alors qu’il sait ce qu’il lui dira :
 - Tu crois pas que tu aurais pu venir avant P’tit con ?
Toute la salle éclate de rire. Le psychothérapeute qui anime cette réunion rit aussi :
- Peut-être qu’il vaudrait mieux éviter P’tit con !
Puis il se tourne vers la femme du sapajou :
- Et vous Fabienne, qu’en pensez-vous ?
L’épouse est en larmes et balbutie juste :
- Enfin !


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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 08:47

 

Celui-là ressemble à un chien battu. C’est un homme d’environ cinquante ans, un mètre quatre vingt, ni trop gros ni trop maigre mais les épaules légèrement voûtées et une figure grave et triste. Il porte une barbe poivre et sel pas très fournie et derrière des petites lunettes sans monture, des yeux marrons de cocker mélancolique hésitent à vous regarder.

 

Quand il s’exprime, sa voix déraille un peu dans les aigus et les inflexions manquent de conviction. Notre homme s’anime uniquement quand il parle de ses abeilles : il est apiculteur. Alors là, subitement, grand changement, le corps se redresse, le regard devient franc, les mots affirment : « j’ai 83 ruches. Il en faut au moins 70 pour être reconnu comme professionnel. »

 

Le chien battu a été enfant, il y a bien longtemps, mais n’arrive pas à oublier ce qu’il a vu et entendu : sa mère tapée par son père, les cris, la vaisselle brisée… même si l’enfant n’a jamais été touché, même s’il partait se réfugier dans sa chambre…

 

C’est sa mère qui était battue mais c’est lui qui a pris les coups.

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Published by Philomène - dans Portraits
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 06:21

 

Perdre la mer. Laisser la maison.

Lâcher le bleu. Aller vers le vert.

Passer de la rondeur à l’aigu, des senteurs pénétrantes de l’atmosphère salée à l’air piquant de la forêt.

Abandonner l’habité et partir vers l’inhabité.

Voilà, il le fallait. Fallait suivre le mouvement, forcément. Elle n’avait pas le choix.

Quitter le chaud pour le froid, retourner à la terre, retrouver les bois. Ça pouvait lui coûter cher. Peut-être y laisser sa peau ? Vrai ? Faux ?

En tout cas, pas facile de passer de la multitude à la solitude.

A peine arrivée là-haut qu’elle regrettait déjà la petite maison avec tous ces gens qui arrivaient, qui repartaient, les cris, les éclats de rire, les éclats de voix, la musique, la joie, le clapotis incessant des vagues, les repas improvisés sur la terrasse ensoleillée, l’humidité envoûtante du soir, la torpeur des nuits d’été, les soirées à danser avec toujours à l’horizon si rassurantes les lumières de la ville, la vie et la liberté d’aimer.

Mais à présent elle était seule, ou presque dans l’appartement silencieux.

Ici ce soir noire la rue. Et plus loin, rien. Pas un bruit dehors. Rien. Le vide. Que la montagne si proche, étouffante, oppressante, froide.

Maintenant, à qui confier ses états d’âme ? Et ces mots qui se bousculaient dans sa tête, perdus, perdus, sûrement à jamais comme Le Petit Poucet dans sa forêt.

Cette forêt trop dense, trop sombre, trop verte qui l’entourait et qui courrait à sa perte ?

Non, ce n’était pas une pensée raisonnable que de penser cela. Mais c’était à cause de cette froideur, de cette raideur omniprésente du paysage qui se cachait derrière les volets. Pesanteur.

 

Monter dans la voiture. Sans se retourner.

Laisser défiler le paysage derrière le pare-brise.

Vert. Vert. Vert. Obstinément vert.

Amer. Austère.

Route si longue, si monotone. Toute entourée par ces arbres si grands, si hauts, lugubres.

Aucun bruit ne filtrait à travers les vitres.

Rester assise, vide.

Et tout à coup, au détour d’un virage, la voilà qui lui avait fait plisser les paupières, cligner des yeux.

Ce jour là elle était étale, avait mis sa robe couleur d’opale. Ce jour là la mer brillait, étincelait dans le lointain, miroitait de mille feux. Enfin le blanc, le gris, le rose des toits, le bâti succédait à la nudité. Partout des constructions s’enchevêtraient dans un joyeux mélange anarchique, se frottaient les unes contre les autres.

La voiture était coincée, bloquée dans l’embouteillage classique de la fin de soirée, de l’entrée vers la grande ville. Des voitures partout, devant, derrière, sur les côtés, toutes arrêtées dans leur élan mais prêtes à rebondir dans l’instant.

Un peu plus tard enfin la revoilà dans la cité bruyante, bruissante, malodorante , s’ébrouant de toutes parts.

J'ai écrit ce texte lors d'un séminaire du GFEN en mai 2005, et je me souviens de cette phrase d'Odette et
Michel Neumayer lors du démarrage de l'atelier : "l'écriture n'est pas forcément un dévoilement de soi. Qu'est-ce que ça veut dire d'être vraiment soi-même ?"

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Published by Philomène - dans De bric en vrac
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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 06:13


"... Sous l'étiquette de l'année soixante dix sept, mazette,
Trois garçons, trois fillettes, pattes d'eph.cheveux longs
Autour d'un vieil homme au sourire...
Ah, ce sourire, impossible à décrire !
- Je serai Papou, voilà tout, avait-il dit
Au premier bout de chou.
Seigneur comme la vie était jolie
Quand nos enfants étaient petits
Et que tu étais encore sur terre, mon père."

 

(Extrait de "Nostalgie" - p. 34 Du quotidien à voix haute)

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Published by Philomène - dans Du SLAM
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 16:08

 

"Soyez audacieux. Soyez fous à votre façon, de cette folie aux yeux des hommes qui est sagesse aux yeux de Dieu. Prenez des risques, cherchez, cherchez encore, cherchez partout, cherchez de toutes les manières, ne laissez échapper aucune occasion, aucune possiblilité que le destin vous donne, et ne soyez pas chiches, mesquins en essayant de discuter le prix."

(Arnaud Desjardins - "L'audace de vivre")

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Published by Philomène - dans Citations
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 09:07





Lundi de Pâques
sous un ciel pâle
musique tendre
rameaux d'olivier
ça va aller...
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Published by Philomène - dans Billet d'humeur
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 14:37

 

Parce que :

"... Offrir la réflexion la plus profonde en un minimum de mots possibles...
... Un exposé bref peut avoir un profond impact sur l'esprit ; sa concision le rend inoubliable et offre la semence sur laquelle il peut méditer avant qu'elle s'épanouisse en lui...
... Un poème comme un aphorisme peut être facilement mémorisé et peut aussi être un moyen de faire passer une connaissance ou un vécu ou un souvenir d'une génération à une autre."

(Ma Renu - Introduction à vivre sa paix intérieure de Baba Hari Dass)

 

Voilà pourquoi je vous engage à venir
Le samedi 18 avril
à

La Librairie Prado Paradis

19 avenue de Mazargues 13008 Marseille

à partir de 16 heures

pour la signature de mon recueil :

Du quotidien à voix haute
Poèmes swing

Alors à samedi prochain ?

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Published by Philomène - dans Du SLAM
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 14:07

Dans l'atelier je demande :
Philippe Novella :
alias « Ypnova », plasticien-décorateur. Membre du Rassemblement Artistique et Musical à Aubagne, il anime régulièrement des soirées Slam & Poésie à Aubagne et Marseille et intervient dans des MJC, centres sociaux, associations culturelles, dans le cadre de projets de décor et d’arts plastiques.

LOUANGE A L'EAU

  

La mémoire de l'eau miroir de là et de l'au-delà

D'en bas et de là-haut de là-bas et au-delà

La mémoire ailée nuage gris ou blanc

Volant en se laissant aller là ou souffle le vent


La mémoire est pluie placide ou lancinante

La mémoire est pluie attendue libérante

Elle sait être aussi bien plus rafraichissante

Car l'eau est libre en grêle ou neigeante

Sa mémoire nous délivre le passé sous la glace

Mieux que la mémoire des livres eux qui brûlent hélas
 

La mémoire est rivière, la mémoire est ruisseau

Elle est l'eau de ton verre, de ta chair, de ta peau

Elle coule dans tes veines et dans tous tes vaisseaux

La mémoire est là, elle est toi et ton eau

Cette mémoire est là elle est même dans tes mots

Cette mémoire était là quand t'étais dans le berceau


La mémoire est lait le lait de ta maman

Cette mémoire elle est d'avant et du moment

Une mémoire que l'on lit car l'encre est liquide

Oui la mémoire est lue oui la mémoire est livre

La mémoire elle livre, des secrets inattendus

Quand on pense tout savoir, on sait qu'on ne sait plus
 

Cette mémoire nous coûte, si non écoutée

Vous pouvez vous en foutre sinon écoutez là

Egoutez là et écoutez chaque goutte

Puis goutez là ensuite sentez sa route

Tout est là, les réponses à vos doutes

La mémoire de l'eau mérite qu'on l'écoute
 

La mémoire est LE et la mémoire est LA

Même si l'homme est laid et que la femme est belle

Elle est en chacun d'eux en chacun de leur pas

Mémoire dans leur pensée mémoire dans leur sommeil

Elle est leur amour, la mémoire est leur haine

Elle est leur humour mais sait être leurs peines

La mémoire est loup elle impose ses choix

Mais la mémoire est louve elle protège bien des fois
 

Quand la mémoire sera loi les hommes seront libres

Ils entendront sa voix et pourront enfin vivre

Avec la mémoire de l'eau miroir de là et de l'au-delà

D'en bas et d'en haut de là-bas et au-delà

Cette mémoire de l'eau celle qui nous donne son lait

Qui coule dans nos vaisseaux et qui ne fait que passer
 

La mémoire de l'eau elle est toi elle est moi

N'a pas de couleur de peau et elle ne hait pas

Bien au contraire elle aime bien plus que ce que l'on croit

Comme le sang aime ses veines l'eau aime ses voix             

Un mouvement perpétuel la mémoire de l'eau c'est ça                       

En toi écoute son appel crois-moi tu l'entendras  
                       

La mémoire de l'eau d'autres diront c'est ton coeur                         

Ou trouveront d'autres mots qui seront bien meilleurs                          

Mais l'eau est immortelle et vit en chacun de nous                          

Voilà pourquoi ma belle mémoire de l'eau je te loue.
 

(Ypnova)

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 06:56

Et voici Françoise Mancy :
alias « La Squaw », est chanteuse et musicienne transformiste.
Elle est apparue au sein de la chorale polyphonique occitane de Manu Theron, a travaillé avec Leda Atomica Musique (spectacle « Déchaînées ») et a fait partie des Moninas, groupe de raggameuffin impertinent des années 90.


CHERIE CHIERIE
 

A  suivre des cortèges

Des défilés en larmes

C’est quand ?

Qu’on prend du galon

 

Et courte et longue

Cramoisie sinuante

La vie

Chérie chierie

 

Que tes yeux tombent

Leurs flaques célestes

Reflètent

Le rire et le reste

 

Les foules s’essoufflent

Eclairent leurs rangs

Halètent

(Halètement)

 

Poupées mécaniques

Aux pas embrouillés

Trébuchent

(Halètements)

Chérie chierie

(Françoise Mancy)

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 06:43

Pour moi, c'est évident à la question :
 - si vous partiez sur une île déserte et que vous n'aviez qu'un seul livre à emporter, lequel choisiriez-vous ?
Je réponds :
- Une vie bouleversée.

"Une vie bouleversée"
c'est ce journal qu'Etty Hillesum une jeune-femme habitant Amsterdam a tenu de 1941 à 1943 avant de disparaître dans la fumée d'Auschwitz le 30 novembre 1943.

"Dieu n'a pas à nous rendre de comptes pour les folies que nous commettons. C'est à nous de rendre des comptes !
J'ai déjà subi mille morts dans mille camps de concentration. Tout m'est connu, aucune information nouvelle ne m'angoisse plus. D'une façon ou d'une autre, je sais déjà tout. Et en même temps j'ai une certitude :  je trouve la vie belle, digne d'être vécue et riche de sens. A chaque instant.
Mais il faut connaître les motifs de la lutte qu'on mène, et recommencer chaque jour.
Au début rien ne vient, après rien ne reste, à la fin rien ne disparait.
...
... Quand on commence à renoncer à ses exigences et à ses désirs, on peut renoncer à tout... Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d'être."


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